Marie-claude Smouts
Marie-claude Smouts
Le CEDIN lance une nouvelle collection intitulée « L'ONU et les opérations de maintien de la paix », l'idée étant de consacrer un livre à chaque crise au cours de laquelle l'ONU est intervenue, par la mise sur pied d'une ou plusieurs opérations. En guise d'introduction aux différentes monographies sur les opérations de maintien de la paix, le présent ouvrage s'intéresse à la vision française des opérations de maintien de la paix, ainsi qu'à la participation française à celles-ci. Le rôle majeur que joue la France au sein des Nations Unies n'est plus à démontrer, tant par son statut de membre permanent du Conseil de sécurité, que du fait de l'importance qu'elle accorde à la défense des droits de l'homme et du droit humanitaire dans le monde. Une analyse des opérations de maintien de la paix qui se veut exhaustive ne pouvait se priver d'une étude détaillée de la « spécificité française ». La richesse du livre réside dans son approche multidimensionnelle, permettant de couvrir les diverses facettes et l'extraordinaire complexité des opérations de maintien de la paix. C'est pour répondre à cette complexité qu'il a été fait appel à trois auteurs de profils différents un chercheur en science politique, un professeur de droit, un général Ce livre permettra ainsi d'éclairer fort utilement les réflexions futures qui seront menées dans le cadre de cette nouvelle collection. Une version anglaise sera publiée prochainement par l'Université des Nations Unies, dans le cadre de laquelle ce projet a été entrepris.
L'irruption des postcolonial studies dans le débat français, sur fond de malaise dans les banlieues, s'accompagne de malentendus. Cette approche, venue des universités anglophones, est tantôt évoquée pour dénoncer la lenteur de la France à prendre en considération les réalités postcoloniales, tantôt repoussée comme une mise en accusation du passé, dangereuse pour la cohésion nationale. Mais rares sont ceux qui, en France, connaissent vraiment ces écrits, leur genèse et leur évolution. Cet ouvrage sans équivalent présente de façon contradictoire mais dépassionnée les principaux auteurs, concepts et problématiques des postcolonial studies. Il en fait l'examen critique et discute à plusieurs voix leur pertinence pour la situation française actuelle. Penser en termes postcoloniaux ne signifie pas se crisper avec amertume sur le passé et creuser des oppositions négatives. Cela conduit au contraire à penser la diversité de la société française dans la « Relation » et la convergence des histoires. L'exercice est nécessaire, et il y a urgence.