Marc Endeweld
Marc Endeweld
Dans un monde néolibéral où tous les coups sont permis, la France n'a plus d'alliés, seulement des concurrents ; sur tous les terrains, ses positions sont contestées. Et Emmanuel Macron semble perdu, lui qui avait pourtant promis de restaurer l'« autonomie stratégique » du pays et de « relocaliser » ses industries. Nos élites se sont progressivement vendues aux plus offrants, au point qu'elles sont sous l'emprise d'intérêts étrangers, parfois contradictoires. Airbus, Alstom, Areva, EDF : les industries stratégiques françaises sont au coeur d'une guerre économique brutale face aux États-Unis, à la Chine et à la Russie, où les batailles se gagnent à coups d'interventions de barbouzes, d'avocats et de banquiers d'affaires. Parasité par des réseaux français qui se court-circuitent ou qui jouent le jeu d'autres puissances par intérêt personnel, la France se montre incapable de se défendre contre ses « alliés », qui ont pourtant ouvertement déterré la hache de guerre. Une enquête riche en révélations sur les scandales diplomatiques récents (Pegasus, crise des sous-marins en Australie, etc.) et sur les principaux acteurs qui en tirent les ficelles. Marc Endeweld est journaliste d'investigation. Il est l'auteur de L'Ambigu Monsieur Macron (Flammarion, 2015 ; Points, 2018) ainsi que du très remarqué Le Grand Manipulateur. Les réseaux secrets de Macron (Stock, 2019 ; Points, 2020).
Depuis le début de la guerre russo-ukrainienne, les commentateurs se perdent en conjectures : Poutine est-il devenu fou ? Pourquoi avoir risqué une telle « blitzkrieg », dont l’issue apparaît si incertaine ? Aujourd’hui, l’émotion sature le discours médiatique, et masque les guerres secrètes qui se déroulent en coulisses du théâtre des opérations ukrainien. Dans un monde entré dans une nouvelle guerre froide, où l’énergie devient une véritable arme, les États-Unis, la Chine et la Russie jouent tous, à travers ce conflit, leur partition sur l’échiquier mondial du nucléaire. Et du fait de son désintérêt pour les questions de sécurité collective et de ses engagements oubliés, la France, comme les autres pays européens, est devenue un simple pion. Dans la foulée de L’Emprise, Marc Endeweld signe ici un nouveau livre incisif qui mêle analyse, récit des coulisses diplomatiques et enquête sur ces guerres stratégiques, énergétiques et économiques. Il propose des clés pour comprendre comment on est arrivé, en 2022, à une telle extrémité au coeur de l’Europe.
« Tout s'est joué au cours de la campagne présidentielle. Pour gravir la plus haute marche du pouvoir sans carrière politique, ni même un parti derrière lui, Emmanuel Macron a utilisé les réseaux plus ou moins avouables de la République... Lobbys divers et variés, agents d'influence, communicants rois, "intermédiaires", barbouzes, barons locaux et loges franc-maçonnes. Tous se sont empressés. Le candidat puis le président les a accueillis avec un large sourire, utilisés, parfois manipulés et ensuite souvent oubliés. »M.E.
POURQUOI « LA PLACE » DE PARIS A-T-ELLE ÉTÉ DÉPASSÉE PAR WALL STREET ? À QUOI RESSEMBLE LA FINANCE DU PRIVATE EQUITY VENUE CONTESTER LA BOURSE ? Fruit de trois ans d’enquête, L’Argent magique raconte l’émergence des grandes fortunes du pays et leur prise de contrôle d’une part toujours plus importante de l’économie. Sous le règne des Arnault, Bolloré, Křetínský ou Niel s’active tout un monde de banquiers, financiers et avocats d’affaires, aux pouvoirs discrets et intérêts croisés. À travers de nombreux entretiens, Marc Endeweld retrace plus de quarante ans de capitalisme français pour dévoiler le visage actuel de la finance. Il décrypte les enjeux de ce nouveau secteur qu’on appelle le private equity : un secret mais puissant milieu d’initiés, coeur de l’hypercapitalisme contemporain. Derrière les discours célébrant « la société du risque » et la start-up nation, c’est bien l’État et son « argent magique » qui ont nourri les acteurs privés. Dès 1984, le pouvoir socialiste a misé sur le tout-finance. Tout en bénéficiant du soutien de l’État, les milliardaires tâchent aujourd’hui d’en affaiblir les composantes démocratiques, par le contrôle des médias et les interventions directes auprès des dirigeants. Enivrés par le phénomène Trump, certains s’affairent même pour installer l’extrême droite au pouvoir. Grandes figures, clans familiaux, vieux oligarques et nouveaux venus : une plongée riche en révélations, pour voir au-delà des illusions du capitalisme français. Marc Endeweld est journaliste d’investigation. Il est notamment l’auteur, au Seuil, de L’Emprise. La France sous influence (2022). Il publie des enquêtes dans sa newsletter « The Big Picture ».
Marqué au fer rouge par son passage à la banque Rothschild, « Monsieur Macron » - comme l'appelle froidement Martine Aubry - symbolise le grand quiproquo entre François Hollande et les Français. Pourquoi le président socialiste, élu par le peuple de gauche en 2012, a-t-il choisi comme ministre de l'Économie ce jeune homme adulé des grands patrons pour ses penchants libéraux ? Les amis d'Emmanuel Macron soulignent que ce pianiste émérite n'est pas du sérail et qu'il a enchaîné les grandes écoles de la République. Ils rappellent à l'envi son mariage avec sa prof de français, Brigitte Trogneux, de vingt ans son aînée. Un homme atypique, nous dit-on ! Ses ennemis insistent sur sa proximité avec Jacques Attali et Alain Minc, et citent ses nombreuses bourdes politiques, notamment contre les fonctionnaires ou les 35 heures. Au Parti socialiste, les « frondeurs » honnissent cet héritier de la « deuxième gauche », en pleine crise de la social-démocratie. « Monsieur Macron » ne laisse, en tout cas, personne indifférent.
Marqué au fer rouge par son passage à la banque Rothschild, « Monsieur Macron » - comme l'appelle froidement Martine Aubry - symbolise le grand quiproquo entre François Hollande et les Français. Pourquoi le président socialiste, élu par le peuple de gauche en 2012, a-t-il choisi comme ministre de l'Économie ce jeune homme adulé des grands patrons pour ses penchants libéraux ? Les amis d'Emmanuel Macron soulignent que ce pianiste émérite n'est pas du sérail et qu'il a enchaîné les grandes écoles de la République. Ils rappellent à l'envi son mariage avec sa prof de français, Brigitte Trogneux, de vingt ans son aînée. Un homme atypique, nous dit-on ! Ses ennemis insistent sur sa proximité avec Jacques Attali et Alain Minc, et citent ses nombreuses bourdes politiques, notamment contre les fonctionnaires ou les 35 heures. Au Parti socialiste, les « frondeurs » honnissent cet héritier de la « deuxième gauche », en pleine crise de la social-démocratie. « Monsieur Macron » ne laisse, en tout cas, personne indifférent.
Connaissez-vous une entreprise qui fait l'objet d'une lutte d'influence au plus haut sommet de l'État ? Dotée d'un actionnaire qui n'a cessé de l'affaiblir ? Dont les fournisseurs se permettent de l'insulter ou de la confondre avec une « vache à traire » ? Cette entreprise, c'est France Télévisions, le groupe qui réunit les chaînes publiques, de France 2 à RFO. En août 2010, Rémy Pflimlin a succédé à sa tête à Patrick de Carolis. C'est la première fois que son président est nommé par Nicolas Sarkozy. Cette enquête fouillée raconte, à l'aide de nombreux témoignages et documents inédits, comment l'État actionnaire, de gauche comme de droite, n'a cessé d'affaiblir le groupe public au profit du privé. Elle revient sur le grand partage du gâteau : des animateurs-producteurs se servent de France Télévisions comme d'un guichet de banque. Leur chiffre d'affaires est là dévoilé pour la première fois. On évolue de conflits d'intérêts en « amitiés » politiques sur fond de renvois d'ascenseurs... Des salariés au bord de la crise de nerfs aux conséquences catastrophiques de l'absence de stratégie, le syndrome « France Télécom » est dans toutes les têtes...