Karoline Georges
Karoline Georges
Premier roman de Karoline Georges paru en 2001, La Mue de l'hermaphrodite porte un regard dérangeant sur le début du XXIe siècle et étonne par son actualité presque vingt ans plus tard. À travers le genre de la science-fiction, l'autrice explore avec acuité les enjeux éthiques liés aux identités de genre, au contrôle technocratique par la surveillance à outrance et au désir perpétuel chez l'humain de fuir le réel. Emprisonné dans une cellule expérimentale sous l'oeil avide du cyber-réseau, un être né hermaphrodite doit se confesser d'un crime. Face à ses détracteurs invisibles, l'hermaphrodite s'ausculte et se raconte tout en condamnant l'État qui l'a créé. Le roman suit cet être jusqu'au bout de sa marginalisation : de son enfance hypermédiatisée, à la déchéance de son corps, en passant par sa conquête d'un empire de psychotropes jusqu'à la mue terminale d'Hermany Mésange.
Depuis sa naissance, l'enfant est enfermé dans une minuscule cellule, au 804 du 5969e étage de l'Édifice. Autour de lui, que du béton, sans ouverture sur l'extérieur. Et deux présences : le père qui s'abrutit de plus en plus et la mère qui redoute l'expulsion. Immobile dans son dortoir, l'enfant est bouleversé par une transformation qui lui révélera un horizon inattendu. Dans une prose à la poésie implacable, Karoline Georges interroge le devenir de l'humain à travers une expérience littéraire inédite, à la frontière du récit d'anticipation et du roman d'apprentissage futuriste. Personne n'émerge indemne de Sous béton.