Johannes Eckhart
Johannes Eckhart
Nombreux sont ceux qui connaissent ou croient connaître l'oeuvre d'Eckhart après avoir lu quelques-uns des sermons qu'il a prononcés en langue allemande, mais la lecture de l'oeuvre latine fait découvrir le véritable fonds d'où proviennent les textes les plus connus d'Eckhart. Il ne faut donc pas s'attendre à lire dans ce Commentaire du Livre de l'Exode une explication détaillée des lieux et du parcours suivi par le peuple juif dans le désert. De cela il n'est pas question, pas plus que de l'idée de l'exil. L'objectif est autre : il ne s'agit pas de commenter un texte, mais d'entendre la Parole de Dieu. Cela suppose d'aller au-delà de notre compréhension des images et concepts, pour les recueillir comme des paraboles pleines de la sagesse divine. Ce commentaire s'inscrit dans la perspective de L'oeuvre tripartite, où Eckhart s'attache à comprendre la nature de Dieu, la puritas essendi, qui est le quatrième point de son programme de prédication, ce qui l'amène à dire que l'être est Dieu et à s'attacher au commentaire d'Exode 3, 14, dont il donne une interprétation originale, à partir de l'image de la bullitio.
Cheminant sur la route de Damas, le futur saint Paul est soudain terrassé par l'expérience fulgurante qui le mènera à la conversion. "Paul se releva de terre, nous disent les Actes des Apôtres, les yeux ouverts il ne vit rien, et ce néant était Dieu..." Partant de cette étrange expression qui rejoint toute sa mystique, Maître Eckhart ose renverser l'idée même de néant en l'insérant dans le processus dynamique de la démarche spirituelle. Car c'est dans le détachement ultime, dans l'abandon absolu où l'homme renonce à tout - jusqu'à son désir d'une récompense dans l'au-delà - que se trouve la véritable union avec Dieu. Cette grande intuition du maître dominicain préside au troisième volume de ses sermons allemands, traduits, présentés et annotés par Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière qui nous offrent ici, en outre, quatre sermons totalement inédits en français.
Prenant la suite de L'Étincelle de l'âme, voici le deuxième volume des sermons allemands de Maître Eckhart, traduits et présentés par Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière. Nous y retrouvons, avec force et éclat, le maître dominicain dans sa double fonction d'enseignant et de prédicateur. Invitation au dépaysement d'une expérience intérieure essentielle, ces trente sermons procèdent de la conviction que Dieu et l'homme sont Un. Maître Eckhart y déploie une pensée mystique qui cherche à tout moment à promouvoir, dans une sorte d'aller et retour, une valorisation conjointe et de l'homme et de Dieu. Témoignage d'une aventure spirituelle d'une rare intensité, ces sermons proposent toute la palette expressive de Maître Eckhart, indissociablement poète, mystique et philosophe.
Auteurs d'un remarquable Maître Eckhart ou l'empreinte du désert, Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière présentent ici, après celle des Traités, la traduction des trente premiers sermons du maître dominicain. Le grand mystique se montre, dans ses prédications en moyen-haut allemand, plus accessible que dans son oeuvre latine. Eckhart, en effet, connaît parfaitement les ressources du genre homilétique, et a une foi sans limites dans la puissance d'éveil que recèle le verbe humain. Il tente de traduire dans ses sermons ses fulgurantes intuitions métaphysiques à destination d'un public de moniales et de béguines. Mais, dans le même temps, il touche une dimension éternelle de l'âme humaine, qui lui permet de parler, aujourd'hui encore, au coeur de tous ceux qui se sont mis en quête d'une authentique liberté intérieure.
Maître Eckhart est l'une des figures majeures de la mystique médiévale. À la croisée de la philosophie, de la théologie et de l'expérience intérieure, ses Traités explorent avec une audace radicale le rapport de l'âme à Dieu.Dans ces textes d'une densité lumineuse, Eckhart invite le lecteur à un chemin de dépouillement et de silence intérieur, où toute image de Dieu doit être abandonnée pour laisser place à une union sans intermédiaire. Sa pensée, à la fois pleine de rigueur et tout en paradoxes, bouleverse les certitudes et ouvre un espace de liberté spirituelle absolue. Maître Eckhart (v. 1260-1328) est un théologien et mystique allemand dont l'oeuvre exerce une influence durable sur la spiritualité occidentale. Prédicateur visionnaire et penseur novateur, il a inspiré des générations de chercheurs de sens par la profondeur intemporelle de sa réflexion sur l'unité de l'âme et du divin.
Maître EckhartMaître Eckhart (vers 1260-vers 1328), « à qui Dieu n'a jamais rien caché » : telle était déjà sa réputation de son temps. Et pourtant, ce théologien et prédicateur dominicain de renom a été condamné pour hérésie, un an environ après sa mort. Sans doute parce qu'il prêchait en langue vulgaire (l'allemand) des subtilités théologiques devant les gens du peuple. Également parce qu'on a cru qu'il enseignait le caractère incréé du monde et l'identité de l'homme juste et de Dieu.Mais Eckhart n'avait pas la volonté d'être hérétique ; ses thèses furent mal comprises. Sa recherche fondamentale était celle de l'Un par-delà la multiplicité : une unité qui serait en quelque sorte l'origine commune de Dieu et de l'homme, et le but de l'union mystique qu'il prêchait. C'est cette recherche d'union au Dieu ineffable qui explique que sa voix porte encore aujourd'hui.Benoît Beyer de Ryke (éd.)Philosophe et historien, il est l'auteur de nombreux travaux sur Maître Eckhart et la mystique rhénane.
Redécouvert au XXe siècle par les historiens du Moyen Âge, les théologiens et les philosophes, Maître Eckhart est aujourd'hui reconnu comme l'un des grands mystiques chrétiens. Pour autant, trop peu de lecteurs ont pu jusqu'à présent se pencher sur son oeuvre et pénétrer ainsi le fond d'une pensée aussi originale que féconde. Lire Maître Eckhart dans la continuité de ses textes majeurs, c'est entrer dans un monde, saisir la cohérence intérieure d'un homme qui continue d'étonner par ses formules paradoxales, apprendre à discerner le sens mystique du détachement, du « sans pourquoi », du « Dieu au-delà de Dieu »... Dans la droite ligne des Sermons, Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarrière nous donnent ici à lire les quatre sermons allemands et l'unique poème, plus accessibles que l'oeuvre latine. Fidèles à l'esthétique dépouillée de sa langue, ils nous guident sur ce chemin escarpé où le vertige de l'être et la lumière mystique affleurent au détour de chaque phrase.
Les Sermons parisiens ont été rédigés par Maître Eckhart entre 1311 et 1313 durant son second magistère à la Faculté de théologie de l'Université de Paris. Ecrits en latin dans un style qui est celui des grands sermons universitaires de cette période, ils expriment déjà la plupart de ses thèmes mystiques favoris tels que l'incarnation du Verbe, le détachement de l'âme et la filiation divine. En articulant la pensée chrétienne et la philosophie grecque ou, pour reprendre les termes d'Eckhart, en s'efforçant " d'expliquer par les raisons naturelles des philosophes les affirmations de la sainte foi chrétienne et de l'Ecriture dans les deux Testaments ", ces Sermons, traduits pour la première fois en français par Eric Mangin, constituent le fruit de sa réflexion théologique et le précieux témoignage de ce que fut l'enseignement universitaire au début du XIVe siècle. Éric Mangin, né en 1968, est philosophe et théologien, maître de conférences à la Faculté de philosophie de l'Université catholique de Lyon. Il a déjà traduit et présenté le Commentaire du Notre Père de Maître Eckhart (Paris, Arfuyen, 2005). Préface de Pierre Gire
Si Maître Eckhart est aujourd'hui l'un des auteurs les plus connus du Moyen Âge, c'est sans aucun doute grâce à ses Sermons allemands dont la profondeur spirituelle et la beauté littéraire n'ont jamais cessé de captiver ses auditeurs, puis ses lecteurs. Écrits vraisemblablement à Erfurt dans les années 1303-1311, alors qu'il est prieur de la province dominicaine de Saxe, les Sermons 87 à 105 s'interrogent en particulier sur le rôle de l'intellect dans la connaissance de Dieu : ne faut-il pas admettre que celle-ci dépasse les facultés de l'âme ? Pourtant, la lumière du Christ ressuscité vient éclairer les ténèbres de l'homme. Comment l'âme doit-elle alors se disposer intérieurement pour accueillir la Parole de Dieu ? Eckhart envisage cette question de la connaissance à travers l'expérience du détachement, montrant " la grande noblesse que Dieu a déposée dans l'âme " ( Sermon 101 ). C'est en effet dans le silence de l'âme que prend naissance le Verbe éternel, pour la plus grande béatitude de l'homme. Ce nouveau volume réunit pour la première fois en français un ensemble de sermons dont dix (91 à 100) sont totalement inédits, et nous offre un précieux témoignage sur l'âge d'or de la spiritualité dominicaine à la fin du Moyen Âge, dont Eckhart fut incontestablement l'une des plus grandes figures. Éric Mangin est philosophe et théologien. De Maître Eckhart, il a déjà traduit et présenté le Commentaire du Notre Père (Arfuyen, 2005) et les Sermons parisiens (Seuil, 2009). Il est également l'auteur de Maître Eckhart ou la profondeur de l'intime (Seuil, 2012).
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