Jeanneney Jean-Noel
Jeanneney Jean-Noel
L'actualité annonce comme probables pour bientôt des choix politiques qui vont peser sur tout le système de l'audiovisuel français des prochaines décennies. Dans le concert bruyant des doctrines opposées, Jean-Noël Jeanneney intervient. Sa thèse se fonde sur l'expérience qu'il a vécue durant près de quatre ans à la tête de la radio nationale : il est d'intérêt public et du privé. Il faut qu'en face de la radio et de la télévision privées mues surtout par la recherche du profit, un service public animé par d'autres logiques prospère tant à Paris, avec ses grandes chaînes nationales, qu'en régions, avec ses stations locales. Développant un esprit d'entreprise aiguillonné par la concurrence, le secteur public peut seul offrir aux citoyens une information abondante et libre, protégée par la Haute Autorité contre les pressions de l'argent et des divers pouvoirs politiques, et une profusion de richesses culturelles affranchies des tyrannies de la mode, enracinées dans le patrimoine et préparant les créations de l'avenir. Le rayonnement et l'image de la France au-dehors y trouveront de surcroît un puissant renfort.
Ses études à peine achevées, l'auteur de ce récit de voyage a connu ce privilège d'un autre temps : pouvoir parcourir l'Extrême-Orient durant plusieurs mois sans autres mesures que celles de sa fantaisie et de sa curiosité, sans autre espoir que de s'y passionner, et se donnant pour seule règle d'échapper aux conventions du tourisme stéréotypé. Ainsi le voit-on en compagnie d'un futur député faisant campagne dans l'île de Kyushu, au sud du Japon, très loin de Tokyo ; à Java et à Sumatra, tout au long des chemins d'un paradis gaspillé ; en plein drame vietnamien, de Saïgon à Vientiane ; de Bangkok à Pnom-Penh, là où la tragédie laisse parfois substituer d'étranges et si fragiles îlots de sérénité ; du nord au sud de la Chine, enfin, au centre même de la Révolution culturelle, à la rencontre de ces gardes rouges omniprésents qu'il a pu voir et interroger longuement, attentif à scruter et à comprendre leur foi, leur orgueil et leurs frénésies. Japon, Chine, Indonésie, Vietnam, Laos, Thaïlande, Cambodge : c'est ici la chronique d'un voyage en liberté à travers l'Asie indécise, au cœur et aux frontières de ces pays au destin suspendu.
Jean-Noël Jeanneney a publié dans le Monde, en juillet et août 1987, les chroniques qui forment la matière première de ce livre. L'idée de départ en est simple. Il s'agit de débusquer dans l'histoire des deux derniers siècles des similitudes méconnues avec nos conjonctures contemporaines, de faire surgir du passé des références inédites pour l'actualité française de nos années 1980, d'évoquer des événements et des querelles qui trouvent, par les temps qui courent, des résonances inattendues. Car les défaillances de la mémoire collective conduisent à exagérer d'ordinaire l'originalité de notre présent – qui est souvent moins neuf que ne le croient les commentateurs attentifs aux mouvements clinquants de l'instantané.
Gérant de la puissante entreprise sidérurgique lorraine fondée par ses ancêtres, président du Comité des forges, régent de la Banque de France, maître du Journal des débats, député puis sénateur de Meurthe-et-Moselle, François de Wendel (1874-1949) s'est trouvé pendant trente ans au carrefour des milieux d'affaires et des cercles gouvernementaux. Il a été aussi , dans les grandes polémiques de l'entre-deux-guerres, le symbole vivant et mythique des "deux cents familles". A partir de la masse de ses papiers, en particulier des 10 000 pages de ses carnets inédits, confrontés à l'ensemble des autres sources accessibles, publiques et privées, Jean-Noël Jeanneney dissipe bien des légendes et rétablit la vérité d'une influence politique. Affrontements et compromis franco-allemands, finances électorales, "mur d'argent" funeste au Cartel des gauches, querelles autour du "franc Poincaré", rachat du Temps par le monde patronal, montée des ligues, réaction des industriels au Front populaire et au régime de Vichy... A la rencontre de l'histoire et de la science politique, ce livre apporte une contribution essentielle à la connaissance des rapports compliqués de l'argent et du pouvoir dans la France contemporaine. Jean-Noël Jeanneney Professeur émérite à l'Institut d'études politiques de Paris, historien du politique et des médias, Jean-Noël Jeanneney a exercé de nombreuses responsabilités dans le domaine de la culture et de la communication : président de Radio France (1982-1986), responsable de la Mission du Bicentenaire de la Révolution (1988-1989), secrétaire d'État à la communication (1992-1993), président de la BnF (2002-2007). Son dernier livre : L'État blessé (Flammarion, 2012).
A en croire divers augures, l'opposition droite-gauche serait vouée à disparaître bientôt, emportée par les grands vents de la modernité. Le clivage qui, depuis deux siècles, sépare la gauche et la droite ne peut-il donc plus être invoqué que par des calculateurs cyniques ou des passéistes desséchés ? Je voudrai démontrer au contraire sa vitalité. Et développer la conviction que, dans les périodes de doute ou d'incertitude, quand les imaginations paraissent se lasser, rien n'est plus tonique et salubre que de fréquenter les grands auteurs et les grands acteurs du passé. Bref, que s'impose un retour aux sources, pour servir de nouvelles ardeurs. J.-N. J.
Le duel, rajeunissant un rituel de l'Ancien Régime, s'est perpétué en France, sans fléchir, de la Révolution française jusqu'à la guerre de 1914. À l'épée ou au pistolet, tout au long du XIXe siècle, parlementaires, journalistes, écrivains et artistes n'ont cessé de s'affronter passionnément sur le terrain, selon des règles codifiées et en courant de grands risques. Ni le bon sens ni la dérision ne parvinrent à y mettre un terme ; les pouvoirs publics demeurèrent impuissants ; la Justice détourna les yeux. Prenant appui sur une multitude d'épisodes parfois grotesques, souvent dramatiques, toujours pittoresques, Jean-Noël Jeanneney s'interroge sur les motifs d'une pareille pérennité. Et c'est toute une société en quête d'équilibres nouveaux qui s'en trouve, chemin faisant, éclairée.
La première édition de ce livre remonte à 1977. A cette époque chacun prévoyait, à juste titre, un prochain retour de la gauche au pouvoir, après vingt ans d'absence. Jean-Noël Jeanneney mit alors en lumière l'actualité étonnante d'une expérience ancienne: celle du Cartel des gauches, en 1924-1926. Il s' agissait, en réfléchissant sur une impuissance et des désillusions passées, d'aider le " parti du mouvement " à se prémunir contre une répétition de l'échec. Après la victoire de François Mitterrand en 1981, surgirent en effet de nombreux défis similaires : nécessité d'une promptitude dans l'action, dépendance de la politique étrangère envers la finance internationale, risque d'une revanche économique de la droite après sa défaite dans les urnes (le " mur de l'argent "), fuite des capitaux, perspective d'un impôt sur le capital, destin de l'école libre et défense de la laïcité... Un quart de siècle plus tard, la gauche ayant été longuement aux affaires, il est temps de reprendre le dossier à neuf. La leçon a-t-elle été utile ? Peut-elle encore servir ? L'auteur propose sa réponse dans une postface inédite.