Jean-philippe Bouilloud
Jean-philippe Bouilloud
La connaissance du social ne va pas de soi. Historiquement, la plupart des fondateurs de la sociologie ont réexaminé l'ensemble du système des sciences : en suivant, ou en rejetant, les modèles issus de la physique ou de la biologie, ils cherchent à constituer une autonomie de cette connaissance qui reste fidèle à l'idée qu'ils se font d'une science. C'est toute la question d'une sociologie bâtie et défendue à l'aune de modèle des sciences de la nature que ce volume cherche à explorer, à la fois sous l'angle historique de sa constitution, et sous l'angle épistémologique de sa relation avec son objet. En effet, l'épistémologie classique, fondée dans une très large mesure sur l'étude des sciences de la nature, n'a pas vraiment été à même de rendre compte de la spécificité des sciences sociales, souvent accusées de ne pas satisfaire de critères suffisants de justification. Or, la sociologie établit un lien propre avec son objet, car elle s'adresse à lui et s'occupe des problèmes qui sont l'actualité même du monde social. À cause de ce lien, la sociologie n'est donc ni un strict équivalent d'une physique du social, ni un simple discipline historique qui se centrerait sur le monde contemporain : elle est engagée, d'une certaine manière, dans un dialogue avec la société, et l'analyse historique du développement de la sociologie permet de montrer comment elle a construit cette relation, à travers les métamorphoses de la question sociale. Dès lors, à la logique de la découverte et à celle de la justification, traditionnelles dans la philosophie des sciences, il faut adjoindre ce que l'on pourrait appeler une logique de la réception. C'est ce qui est proposé ici, à travers une approche phénoménologique et dans la lignée des travaux entre autres, de Gadamer, Habermas et Jauss, sous le terme plus générique d'épistémologie de la réception.
L'auteur livre ce document à la suite du Manuel d'alimentation animale. Ce livre a pour but d'aider l'apprenant ou le praticien à assimiler et à appliquer le cours, à partir d'exercices tirés du cours. Très pratique, il pourra aider les élèves du brevet de technicien dans l'agropastoral pour l'assimilation et l'intégration dudit cours.
Le travail occupe une part centrale dans nos vies modernes. Or les conditions imposées par la rationalisation du travail, la course éperdue aux réductions de coûts et la prévalence des seules dimensions économiques ont fait voler en éclat les anciens rapports au travail. Il est de plus en plus difficile de pouvoir faire du beau travail, du travail bien fait, d'avoir de bonnes relations professionnelles, dans un cadre acceptable. Pouvoir faire un beau travail, c'est pouvoir être fier de ce que l'on fait, alors que l'oubli du beau, voire son empêchement, met chacun dans l'inconfort et la frustration. Faire un beau travail, c'est résister à la pression économique et gestionnaire de l'organisation. À côté de la souffrance éthique, il y a une véritable souffrance esthétique dans l'empêchement de ce beau travail qui demeure pourtant une véritable revendication professionnelle, et un droit moral pour chacun.
Longtemps considérés comme privilégiés dans l'entreprise, les cadres subissent désormais le lot commun des salariés soumis aux méthodes de management moderne des grandes organisations. Ils n'échappent plus aux conditions ordinaires qui engendrent la souffrance au travail. Leur mal-être est pourtant singulier, car ils se retrouvent victimes d'un management dont ils ont eux-mêmes été les instruments zélés. L'auteur analyse ce mal-être spécifique en s'appuyant sur de nombreuses interventions dans des grandes organisations privées et publiques. Il ne se focalise pas sur des souffrances déjà bien documentées, mais plutôt sur le piège systémique qui enferme des organisations trop complexes dans des pratiques absurdes et non viables. Il s'attache aussi aux styles de pensée " rationnels " et " modernes " qui sous-tendent à la fois les valeurs progressistes contemporaines et l'extension mondiale d'une lutte économique incessante. Ainsi, presque inconsciemment, le cadre est pris dans un système contradictoire auquel il adhère mais dont il subit au quotidien les effets violents, inacceptables ou ubuesques. Tel l'animal piégé dont les mouvements resserrent le lacet qui l'étrangle, le cadre est à la fois victime et responsable de ce système. Pour défaire le piège, au-delà d'une nécessaire remise en cause du fonctionnement des économies modernes, c'est aussi de l'intérieur du système, à partir de collectifs de travail restaurés que les acteurs concernés peuvent penser à nouveau leur émancipation.