Jean-Pierre Payen
Jean-Pierre Payen
FrançAlgérie Coeurs Croisés, des origines à juillet 1872, s'inscrit dans une réflexion sur les guerres d'Algérie. L'auteur distingue trois périodes, dont la première, ici développée, est à la fois barbare et héroïque. Elle oppose deux camps : l'un impose sa présence, l'autre la rejette avec acharnement. Dans un contexte de colonisation et d'esclavage, une civilisation se veut supérieure et bouleverse les structures existantes. Les grandes découvertes, portées par la marine, ouvrent de nouveaux horizons mais s'accompagnent d'une quête de richesses et de domination. Les sociétés traditionnelles sont détruites, de nouveaux rapports de pouvoir émergent, posant la question universelle de l'exploitation humaine.
En 1873, après l'échec des grandes révoltes, la colonisation s'intensifie et les terres algériennes sont largement confisquées. Durant des décennies, l'Algérie fournit à la France richesses, travailleurs et soldats. Les Algériens combattent massivement lors des deux guerres mondiales en espérant davantage de droits. Face aux inégalités persistantes, le nationalisme algérien se développe autour de leaders comme Messali Hadj et Ferhat Abbas. Le 8 mai 1945, les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata marquent une rupture profonde. Le 1er novembre 1954, le Front de Libération Nationale déclenche l'insurrection armée. L'Armée de Libération Nationale étend ses maquis tandis que l'armée française renforce sa présence. Attentats, embuscades, représailles et déplacements de populations plongent le pays dans la guerre. Le Congrès de la Soummam organise politiquement et militairement la révolution algérienne. À la fin de 1956, la guerre est devenue totale, opposant deux légitimités dans un conflit tragique qui bouleverse durablement la France et l'Algérie.
Une épopée poétique en vers où la France, berceau des Lumières, se rappelle à sa propre histoire. Au nom de la liberté célèbre le combat des hommes et des femmes qui, du sang versé à l’espoir partagé.
À dix-sept ans, grandit la crainte de partir effectuer son service militaire en Algérie, alors en pleine guerre. À la radio, à la télévision : avec le retour du général de Gaulle au pouvoir, les exactions du FLN, de l'OAS, les massacres, l'infiltration, les purges, interpellent et choquent la conscience de l'auteur. S'impose une recherche de sens ; est évoqué le sujet sensible des harkis, ces supplétifs algériens qui combattirent aux côtés des forces françaises. Et l'épopée s'inscrit dans une démarche mémorielle douloureuse qui cherche à rappeler le sort qui leur fut réservé de chaque côté du bassin méditerranéen. L'accent est porté sur les notions de : sacrifice, d'abandon, de désertion, de résistance, de stratégie politique, de coopération, de compensation, d'indépendance, et les conséquences humaines, souvent dramatiques, de la décolonisation, notamment en matière économique tout en donnant une dimension collective à cette tragédie historique où s'entremêlent conflit, héritage et destin commun.