Jean-Michel Robert
Jean-Michel Robert
Barthélemy Bonis, marchand. Et surtout, Barthélemy Bonis, témoin de son temps. Ses livres de comptes, conservés, s'avèrent aujourd'hui constituer une source précieuse pour l'étude des mentalités et de la vie quotidienne au XIVe siècle. En effet, si Barthélemy Bonis tenait ses affaires et ses chiffres à jour, il commentait également, expliquait et précisait. On peut ainsi, grâce à lui, savoir quels étaient les médicaments en usage à son époque, découvrir l'armement ou l'art de la fortification, connaître ce que l'on mangeait - jusqu'aux sucreries ou aux épices -, ou encore apercevoir vêtements et tissus du temps... Ainsi, l'ouvrage d'Emmanuel Moureau fourmille de renseignements historiques précis et uniques. Cette publication d'une source exceptionnelle convie donc le lecteur à entrer par la petite porte du quotidien dans ce lointain et passionnant XIVe siècle, en donnant la parole à celui qui savait tout du détail, puisqu'il avait pour métier d'acheter et de vendre à peu près tout ce qui pouvait alors faire l'objet d'un commerce !
Allez, concentre-toi, essaye de croire vraiment à ta liberté, ta volonté. Tu deviendras friable, sec, tu étoufferas sous tes propres gravats. J'ai abusé de ce genre de lointains. Depuis, j'ai mal à mes distances, elles boitent et n'en finissent pas de se cogner aux perspectives. Croire en soi ? Non, terminé. Je ne décide rien, rien ne m'appartient ; et quand je mâche ainsi la première personne, je m'agenouille encore devant le ridicule. « Moi », coïncidence sur pattes, fugitive comme une rancune de piaf, ruse des mots pour circonvenir le quotidien, expédier les affaires courantes, ne pas semer l'intendance. L'arbitraire s'est trouvé une viande affamée d'autres viandes, il dévore, absorbe, rejette, bande et s'injecte, au risque de faire naître une nouvelle errance, unique, qui - au mieux - appellera « mystère » sa trouille et « âme » son ignorance. Pas le choix, je ne pouvais résister à la lente fonte de mon front sur la fenêtre, jusqu'à ce que la silhouette aimée m'accorde un instant pur entre « il était une fois » et le premier parking.