Jean-Michel Normand
Jean-Michel Normand
« En signant cette adaptation, j'ai l'impression d'avoir tiré d'un grand tiroir un formidable trésor d'argenterie, d'en avoir pris bien soin en lui redonnant un nouveau lustre. À travers tout mon parcours de créateur, c'est l'un de mes plus grands accomplissements et bonheurs. »René Richard Cyr« Je le dis souvent : j'aime qu'on me brasse la cage. J'aime confier mes textes à des gens qui, j'en suis convaincu, leur feront honneur et, même, dans un sens, les amélioreront ou, du moins, leur trouveront une nouvelle "vocation". René Richard Cyr et Daniel Bélanger ont bellement brassé celle de mes Belles-Soeurs pour produire une oeuvre formidable. Le livret qu'en a tiré René Richard, publié ici, est d'une grande intelligence et superbement structuré. Il en a gardé et respecté l'essence, et je lui en serai toujours reconnaissant. »Michel Tremblay
Depuis toujours, le sexe a partie liée avec la politique. Il se présente comme l'un des avantages collatéraux de la res publica, règle de l'ordre du non-dit mais maintes fois vérifiée. Pourtant, les enjeux de la sexualité des puissants ne se résument pas à leurs frasques ni à leurs petits secrets - même si leur libido a souvent joué de drôles de tours aux chefs d'État ! Lorsqu'une situation devient critique ou qu'un rival se fait trop puissant, le sexe ou le no-sex offrent aussi un terrain rêvé pour comploter tout à son aise, trahir ses alliés ou désigner un bouc émissaire. D'Henri IV, qui, à la veille de son assassinat, était sur le point de déclencher une guerre par dépit amoureux, au " bunga bunga " berlusconien, sans oublier les conséquences politiques de ce que l'on appelle pudiquement " les affaires de moeurs " de la IVe République, le sexe n'est pas seulement une composante de l'exercice du pouvoir, c'est aussi un accélérateur du cours de l'Histoire.
Le trou de la sécu est le gouffre naturel le plus connu de l'Hexagone. Mais il est rarement exploré. Dommage. Car cette institution au look poussiéreux, à la fois pingre et dispendieuse, est un pur produit de la société française. Si la sécurité sociale nous balance un SOS (Save Our Sécu) tous les dix-huit mois et fait des tours de prestidigitation avec les déficits, c'est qu'elle est mal gérée, dit-on au Café du Commerce. Erreur : elle n'est pas gérée du tout ! Depuis quinze ans, personne n'a osé toucher à la tuyauterie de cette usine à gaz de la solidarité alors que la France, elle, changeait profondément. Du coup, certains prennent cet irremplaçable filet de sécurité pour un insupportable fil à la patte. Mais chacun tire gaillardement sur la ficelle. La sécu, agent bien connu du collectivisme, assure - quoique de moins en moins bien - le casse-croûte libéral des toubibs et tolère, magnanime, le zapping médical des assujettis sociaux. Le problème, c'est que l'âge d'or est révolu. Sans oublier que, si rien n'est fait, les générations montantes devront payer l'addition du feu d'artifice que nous prépare l'explosion des régimes de retraite. Le moteur de la sécu chauffe dans les embouteillages de la crise. Mais ni les gouvernements, ni les syndicats, ni les patrons n'osent encore vraiment soulever le capot. Le temps est pourtant venu de mettre les mains dans le cambouis.