Jean-Luc Pinol
Jean-Luc Pinol
« L'espace social et l'espace politique d'une grande ville : Lyon à l'époque du Front Populaire ». Le titre ne doit pas abuser et être compris dans l'ordre strict de son énoncé. Du Front Populaire, il n'est que peu question. Le lecteur ne trouvera pas, ici, un récit des événements qui se sont déroulés dans l'agglomération lyonnaise de février 1934 à novembre 1938. Rien sur les difficultés de la constitution, rien sur la réunification syndicale, rien sur la campagne électorale et l'atmosphère du moment, rien sur les grèves, les occupations d'usines, l'implantation militante des organisations et groupes, politiques, syndicaux ou professionnels. Ces phénomènes ne sont pas dédaignés ou ignorés au nom d'un rejet hautain de l'histoire événementielle. Ce récit reste, pour l'essentiel, à faire, et il doit être fait. Mais, dans la démarche qui est nôtre, il ne doit intervenir que dans un deuxième temps, une fois connus les lieux où ils se déroulent, une fois démêlées les relations que le politique, le social et l'urbain entretiennent.
Dans Paris en compagnie de deux historiens spécialistes de l'histoire de la ville. Chaque promenade est complétée de cartes et d'encarts spécifiques pour découvrir des aspects inconnus ou étonnants de Paris et de l'histoire de ses habitants. La rue Saint-Dominique est en plein très chic 7e arrondissement, et pourtant elle garde une tonalité populaire. Est-ce parce qu'ici, jusqu'en 1905, se dressait l'une des plus grosse usines de Paris, la Manufacture des tabacs ? Convoquant leur connaissance de l'histoire urbaine et sociale de Paris, Maurice Garden et Jean-Luc Pinol nous proposent d'en parcourir les rues loin des clichés. En les suivant, vous découvrirez l'histoire de la ville et de ses habitants : le Marais par la rue Vieille du Temple, les riches hôtels et les jardins de la rue du Faubourg Saint-Honoré, le quartier qu'acheta et construisit le banquier Delessert et son usine de sucre de betteraves au seuil de Passy, le destin des loueurs de chevaux des Champs-Elysées, les premier logements sociaux de la rue de Nantes...
De 1942 à 1944, plus de 76 convois ont déporté, depuis la France, 75 000 Juifs - dont 11 400 enfants - vers les camps d'extermination. L'historien Jean-Luc Pinol propose une nouvelle lecture de cette histoire, analysant les ressorts de la déportation, le rôle des acteurs (armée allemande, Gestapo, État français...), et les parcours de ses victimes, enfants, femmes et hommes originaires de toute l'Europe. Jean-Luc Pinol a cartographié et étudié les données du Mémorial de la déportation des Juifs de France établi par Serge Klarsfeld qui comprend, outre les déportés, les Juifs fusillés ou massacrés sur le territoire français (plus de 1 200) ainsi que les morts dans les camps français (2 500). La persécution ne se manifeste pas de la même manière pour les natifs de Varsovie, de Berlin, de Salonique ou de Paris. De même, l'ancienneté de l'installation en France et le lieu d'habitation conditionnent bien souvent les circonstances des arrestations. Pourquoi tant de Strasbourgeois ont-ils été arrêtés en Dordogne ? Pourquoi de nombreux originaires de Pologne ont-ils été raflés dans les Ardennes ? Ainsi, Convois donne à lire dans l'espace et le temps l'ampleur de l'événement (toute la France est touchée et souvent très durement) mais aussi les spécificités de chaque communauté. Se lit aussi la complexité des destins individuels et collectifs.
La ville coloniale De la fin du XVe siècle au milieu du XXe siècle, la ville a joué un rôle primordial dans le processus d'expansion de l'Europe dans le monde. De Manille à Mexico, de Dakar à New Delhi, de Hong Kong à Washington, ce livre analyse les tentatives de transposition outremer de conceptions de la ville, de modes d'organisation, de techniques constructives et d'aménagement, de styles architecturaux inspirés des métropoles européennes. Fruits d'interactions incessantes et uniques, entre des acteurs individuels et collectifs, publics et privés, colons et colonisés, les villes coloniales ne sont jamais de purs réceptacles. À leur tour, ces expériences ultramarines anticipent parfois des développements appliqués ultérieurement dans les villes européennes. Cet ouvrage permet de comprendre combien cette forme de colonisation européenne par la ville a profondément modelé les espaces et les sociétés, au point que nombre d'agglomérations du monde actuel en portent encore les traces. Odile Goerg Professeure d'histoire de l'Afrique contemporaine à l'université Paris-7 Denis-Diderot, spécialiste des mondes coloniaux français et britanniques. Xavier Huetz de Lemps Professeur d'histoire contemporaine à l'université de Nice, spécialiste des mondes coloniaux ibériques. Ce volume est la reprise du livre 5 de l'Histoire de l'Europe urbaine II publiée en 2003 aux Éditions du Seuil.
La ville contemporaine après 1945 En près de trois quarts de siècle, la ville européenne a connu plus de bouleversements que pendant les trois millénaires de son existence : expansion démographique, dilutions périphériques, passage d'une économie de la production aux activités de services et de loisirs, triomphe des objets architecturaux sur les grands projets d'urbanisme. Ces transformations n'ont pas seulement affecté les fonctions et les paysages des agglomérations. Leurs résultats ébranlent de façon contradictoire les héritages de l'histoire : solidarité et exclusion, patrimoine et modernité, démocratie locale et gouvernement métropolitain. Guy Burgel Professeur de géographie et d'urbanisme à l'université de Paris-X Nanterre. Ce volume est la reprise du livre 6 de l' Histoire de l'Europe urbaine II publiée en 2003 aux Éditions du Seuil.
La ville contemporaine jusqu'à la Seconde Guerre mondiale Entre le début du XIXe siècle et la Seconde Guerre mondiale, une véritable révolution urbaine s'est diffusée en Europe. Selon les définitions retenues, le nombre d'urbains passe de 20 à 250 ou 350 millions entre 1800 et 1950. Ces bouleversements renvoient, à la fois, à une industrialisation vigoureuse et à une urbanisation accélérée. La tendance dominante n'est pas à l'homogénéisation de l'Europe urbaine : la diversité l'emporte même si se repèrent des processus similaires (surmortalité urbaine, impératifs d'hygiène et de salubrité publique...). De nouveaux savoirs se construisent pour répondre aux exigences des pouvoirs publics et aux aspirations des populations. Aménager la ville, favoriser la construction de logements confortables, mettre en place de véritables politiques culturelles deviennent des enjeux fondamentaux pour les édiles urbaines. D'est en ouest, du nord au sud, des villes-usines aux centres administratifs, des petites villes aux capitales, les urgences diffèrent. Jean Luc Pinol Professeur d'histoire contemporaine à l'École normale supérieure de Lyon. François Walter Professeur d'histoire contemporaine à l'Université de Genève. Ce volume est la reprise du livre 4 de l' Histoire de l'Europe urbaine II publiée en 2003 aux Éditions du Seuil.
La ville moderne Les trois siècles de la modernité européenne ont été marqués par l'évolution en profondeur de l'urbanisation. Alors que s'affirme irrésistiblement la croissance démographique des capitales dans le contexte du développement des grands États modernes, l'évolution des transports et des modes de relation contribue à mettre en place une multitude de nouveaux réseaux qui renforcent les interdépendances. Les systèmes sociopolitiques hérités de la fin du Moyen Âge tendent à s'affaiblir devant la montée en puissance des pouvoirs centraux. Tandis que de nouvelles formes de ségrégation géographique apparaissent, éclatent des conflits organisés qui permettent au peuple des villes de remettre en question le pouvoir des élites. Perdure néanmoins l'étonnante diversité du phénomène urbain à travers l'Europe. Pour une large part, la Révolution industrielle devra composer avec cet héritage. Olivier Zeller Professeur des Universités, il enseigne l'histoire moderne à l'université Lumière-Lyon II. Ce volume est la reprise du livre 3 de l' Histoire de l'Europe urbaine I publiée en 2003 aux Éditions du Seuil.