Jean Duvignaud
Jean Duvignaud
À travers Le Ça perché, Jean Duvignaud revisite son parcours intellectuel et ses combats pour une sociologie critique, mêlant récit autobiographique et réflexion sur l'émancipation des masses.
Un danger, la passion ? Ou ce que Durkheim appelle une source autonome d'action ? Elle effraie car elle trouble l'harmonie des structures, et chaque forme sociale lui donne une figure originale. Les conduites effervescentes naissent du conflit des déterminismes et de la vie, là où l'homme et la femme, parfois, s'insurgent contre les codes et dépassent le connu par l'utopie. Si la fascination du possible est plus forte que la gestion des contraintes, n'y peut-on voir l'émergence d'une éthique ? L'examen comparé des passions et de leur genèse dans des civilisations différentes est l'objet de ce livre. Une herméneutique peut déchiffrer ces images exaspérées, individuelles, qui modèlent des comportements collectifs : la reconstruction utopique de la vie souterraine qui chemine hors des règles et des lois.
Le rire, miroir de nos sociétés : Le Propre de l'homme explore comment le comique, la dérision et le grotesque révèlent nos tabous, nos peurs et nos révoltes.
In the fourth volume of Lucian's Dialogues, the celebrated satirist turns his sharp wit to the gods, philosophers, and literary figures of his time. With his signature blend of humor and skepticism, Lucian exposes the hypocrisy and absurdity of those who claim to possess wisdom and virtue. From the pompous Zeus to the self-righteous Cynics, no one is spared Lucian's merciless mockery. This volume includes some of Lucian's most famous dialogues, such as "The Dream," "The Cock," and "The Sale of Philosophers."
"Si le mot d'anomie a un sens, il désigne les manifestations incasables, qui accompagnent le difficile passage d'un genre de société qui se dégrade, à un autre qui lui succède dans la même durée, et qui n'a pas encore pris forme. Nous sommes dans l'écluse (...). Nous traversons aujourd'hui une plus forte "zone de turbulences" : les "valeurs" de la civilisation industrielle dans laquelle nous sommes nés, n'ont plus guère de force mobilisatrice, les institutions s'effritent, des lieux vivants deviennent des cimetières, les idéologies, les utopies viennent buter contre le mur d'un avenir imprévisible. Les nations, les États, apparaissent comme des emballages vides. Il est difficile de dire que le prochain millénaire ressemblera à ce que suggèrent, ici ou là, les films de science fiction, les bandes dessinées, les rêveries optimistes des ingénieurs. Qui oserait prophétiser ?" Avec ce concept d'anomie, formulé par Jean-Marie Guyau et utilisé par Émile Durkheim, Jean Duvignaud montre comment les sociétés - en se transformant - provoquent de nombreuses réactions imprévues chez les individus. Des comportements inédits apparaissent, les normes sont contestées, la marginalité et la déviance s'enrichissent de nouvelles forces, etc. L'auteur illustre sa réflexion par des exemples empruntés à la littérature du XIXe siècle, au théâtre contemporain, à la peinture... Le sacré, l'imaginaire, le rêve, l'utopie, la contestation, se faufilent ça et là, entravant le raisonnement sociologique, et conduisent l'auteur à repenser la place et le rôle des sciences sociales dans une société qui vit - en permanence - de fortes perturbations. Cet ouvrage est une nouvelle édition entièrement revue et augmentée de l'Anomie (éd. Anthropos - 1973).
On ne trouve pas de rêves d'ouvriers ni de paysans chez Freud. La psychanalyse s'attache aux formes cliniques du rêve comme la plupart des civilisations mettent en avant des rêves de privilégiés. C'est au rêve vulgaire, au rêveur trivial qu'on s'attache ici au terme d'une enquête dans toutes les stratifications sociales et toutes les classes d'âge. On a examiné deux mille rêves ou trames de rêves, recueillis non par sondage mais par libres conversations enregistrées ou écrites. Ce livre suit deux pistes : la première - la société dans le rêve - recherche les particularités des rêves selon les stratifications sociales. La seconde - le rêve dans la société - examine le rêveur au moment où il affronte en dormant l'une ou l'autre des grandes instances naturelles qui lancent un défi à la conscience individuelle ou collective : la faim, la sexualité, la mort, le travail... On tente ainsi de savoir comment l'expérience onirique de l'homme quelconque rafistole ou bricole des éléments arrachés à la vie commune pour composer une sorte de logique chaque fois différente. Le rêve ne serait-il pas un jeu de l'être vivant avec la société et l'espèce elle-même ?
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Weimar, 1938... Conrad, rebelle à l'histoire, oublie le monde dans l'abri esthétique et voluptueux d'Ottilie. L'« esprit du temps » se venge : son père, sa soeur sont tués par les nazis. Ottilie s'engage dans une conspiration... Conrad descend aux enfers : il veut connaître le mécanisme du mal. Il est bien accueilli dans la hiérarchie nazie, mais il est une marionnette entre les mains d'agents doubles. Recrue ou otage ? Aucun de ses messages ne parviendra à l'étranger, pour justifier son apparente trahison. Patrouilleur intellectuel entre le souvenir d'Ottilie - dont il entraîne involontairement la mort - et l'agressive tendresse de la jeune Cecilia, il monte les degrés de la pyramide du pouvoir et découvre les charniers sur lesquels elle repose. Héros ou salaud ? Il a trahi pour rien et pourtant, à chaque instant, il a été libre. Il a choisi la poésie contre l'Histoire : l'Histoire le punit et Cecilia l'aide à trouver sa mort. Le Favori du désir est un roman d'amour et un roman d'aventures - celle du combat du rêveur et de l'Histoire. J.-D.