Jean-Claude Pomonti
Jean-Claude Pomonti
Héritier d'une ancienne monarchie absolue, façonné par un colonialisme négligent, enserré dans la trame du conflit indochinois, le régime politique cambodgien était rongé par les contradictions. Il a cahoté jusqu'à sa chute, en mars 1970, sous la direction d'un prince éclairé et omnipotent. Ce livre en rappelle l'histoire et en démonte les mécanismes. Le déroulement de la crise au cours des "journées" de mars, le massacre de milliers de Vietnamiens, le début de la guerre sur ce nouveau champ de bataille, l'organisation par les partisans d'une paysannerie presque entièrement impréparée, font l'objet de cet essai d'interprétation. Un ébranlement durable secoue un vieux monde paysan. Deux témoins en analysent avec minutie les causes et le devenir politiques.
À peine arraché à un tiers de siècle d'interventions étrangères et de luttes pour la décolonisation, le Viêtnam reste déchiré par une manière de guerre civile. Mais il affirme, à travers les épreuves qui auraient abattu ou laminé tout autre peuple, une inlassable puissance de renouveau. Pourquoi se battent aujourd'hui, dans les rizières et les montagnes, les hommes qui ont fini par chasser l'étranger pour imposer au monde l'idée de leur indépendance, sinon de la fondamentale unité ? Pourquoi, les Français partis, les Américains mal camouflés mais privés des moyens qui ont fait d'eux pendant vingt ans les maîtres de Saigon, les Vietnamiens poursuivent-ils cet implacable combat ? Il y a bien des façons d'être vietnamien, le fût-on, de part et d'autre, avec rage. Ces façons, Jean-Claude Pomonti, qui rend compte depuis sept ans pour le Monde de la vie de l'Indochine et du Sud-Est asiatique, est mieux placé que personne pour les décrire, en un livre tout frémissant de sensibilité, ruisselant de justes sensations, de notations pénétrantes. Sous la plume fervente et précise de Pomonti, c'est le Viêtnam souffrant et renaissant, divisé et indomptable qui vit, dans sa grâce fluette et sa puissante vitalité. Des maquisards à Thieu, des politiciens d'opposition aux petits marchands, des lycéennes graciles aux policiers de Cholon, un pays frémit là sous nos yeux, un pays qui a fait l'histoire et cherche à faire enfin sa vie.
Ces « enfants de la guerre », ce sont les enfants de plus de quarante ans d'une situation de conflit qui n'en finit pas de bouleverser les peuples des pays de l'Indochine. Par-delà les dépêches d'agences et les analyses des politologues, les plus pauvres souffrent et pourtant, il faut bien vivre. Avec Jean-Claude Pomonti, nous allons partager la vie - ou plutôt la survie - au jour le jour, d'une famille parmi tant d'autres. Au fil des pages, le lecteur se prend d'affection pour Truong - le père de famille vietnamien - et sa marmaille souvent affamée, et apprend à partager leurs peines et leurs rêves dérisoires. C'est tout le petit peuple des réfugiés - bien que vietnamien, Truong vit à Phnom Penh - mais aussi des orphelins, des pauvres, des paumés qui s'anime... Un livre merveilleux sur l'enfance confrontée à la débrouille quotidienne, aux coups d'un sort trop lourd, sans autre remède que la prière confiante et naïve à une divinité pas toujours nettement identifiée, avec, de-ci de-là, des instants de bonheur saisis au vol. Un regard différent sur des pays et des peuples fragilisés, aujourd'hui menacés par l'invasion des sex-tours et des hommes d'affaires. Une contribution à un nouveau combat pour que les enfants de la guerre ne deviennent pas des enfants de l'argent et du préservatif. On ne tue pas ceux que l'on aime : avec Jean-Claude Pomonti, apprenons à connaître et donc à aimer Truong, Tri, Thanh et tous les autres...
Entre communisme et libéralisation, le Viêt Nam des années 1990 se révèle à travers le regard expert de Jean-Claude Pomonti.
Pour les Africains, aujourd'hui, l'Afrique est à prendre. Les constructions actuelles, mises en place avec l'indépendance, leur demeurent pour l'essentiel étrangères. Si certains dirigeants paraissent s'en accommoder, les populations, elles, demeurent frustrées et se rebellent. Car un Africain est un rebelle tant que ce qu'on lui propose n'a pas de sens à ses yeux, tant qu'il ne voit pas une lumière au bout de son tunnel. De là un immense désordre, et un néant idéologique qui commence à peine à se défaire. De là aussi une quête de tous les instants, incertaine, souvent courageuse, parfois, vue d'Europe, incompréhensible. L'espoir qu'avait fait naître, dans les années 60, l'accession à l'indépendance, a-t-il été trahi ?