Jean-Claude Emion
Jean-Claude Emion
Je m'appelle Miller et j'ai été mis en examen. Une sale affaire. Surtout pour la carrière de mon procureur de père. Je trouve la psy que le juge d'instruction a désignée assez plaisante. Malgré mes réticences du début, j'en suis arrivé à apprécier nos entretiens. Elle prétend que je suis un client difficile. Mais je finis par lui raconter ma vie. Tout ce que j'ai sur le coeur : depuis mon enfance, tout y passe, et les personnages respectables de mon entourage se retrouvent à barboter dans un monde qui est loin d'être aussi propre qu'ils aimeraient le faire croire... Quant à ma culpabilité, c'est une histoire qui ne m'intéresse pas tellement : je laisse la psy s'en débrouiller, elle est payée pour ça.
« Les lettres d'imprimerie existaient bien avant que je sache lire et la douleur bien avant que je souffre. » Jacky aime Rose. Mais est-ce suffisant pour que Rose aime Jacky ? Car Jacky est laid, très laid. Et il est bête, très bête. Depuis l'âge de six ans, il n'a pas été capable d'articuler une parole. Alors Jacky écrit et veut apprendre à vivre, à séduire et à aimer. Du monde qui l'entoure, il ne perçoit qu'un brouillard de sons et d'images. Quelques silhouettes, pourtant, se découpent autour de lui : celle d'Hugo, l'ami ; celle de Monsieur Pellanche, le rival ; celle d'Oswaldo Chikowitz, le maître à penser... mais c'est par amour pour Rose qu'il veut dépasser ses handicaps, pour elle qu'il doit devenir intelligent, très intelligent.