Imre Kertész
Imre Kertész
Peu après la chute du mur de Berlin, au moment où il rencontre pour la première fois une véritable reconnaissance publique pour son oeuvre littéraire, Imre Kertész a commencé à s'exprimer aussi sous forme de discours et d'essais sur la signification éthique et culturelle de l'Holocauste. Ces textes, entièrement imprégnés par son expérience de survivant et témoin de l'univers concentrationnaire mais qui regardent alors plus largement vers une nouvelle Europe en construction, sont terribles de pertinence. L'écrivain y dévoile déjà une inquiétude face à la certitude partagée par le plus grand nombre, dangereuse et erronée selon lui, que l'Histoire ne se répétera pas. Ses analyses et avertissements sont toujours d'actualité : ils doivent nous alerter, aujourd'hui, sur les dérives de nos démocraties.
1991, le Mur de Berlin vient juste de tomber, la Hongrie devient une démocratie parlementaire et l'Occident est désormais à portée de main. Kertész, qui avait vécu des années en exil intérieur, peut désormais voyager, donner des conférences et travailler à Berlin. Pour cet observateur obstiné de l'existence, le journal intime est un compagnon permanent, dans lequel il note et commente non seulement les événements liés à la transformation politique, mais aussi ses doutes et interrogations concernant son oeuvre et sa vie privée.
Bien avant la consécration de son travail par le prix Nobel de littérature en 2002, Imre Kertész a noté - sur une période de trente ans (1961 à 1991) - ses observations, ses pensées philosophiques et les aphorismes qui l'accompagnaient lors de l'écriture de ses premières oeuvres. A travers un dialogue avec Nietzsche, Freud, Camus, Adorno, Musil, Beckett, Kafka, et bien d'autres encore, Imre Kertész tente, de façon brillante, de penser l'holocauste, la modernité, la liberté et le totalitarisme.
Après le prix Nobel, quantité de rumeurs ont été mises en circulation au sujet d'Imre Kertész. Dossier K. livre ce que l'oeuvre de l'écrivain occulte : la vraie vie d'Imre Kertész ou, du moins, ce qu'il en révèle lors d'un dialogue avec un ami. Ce dernier ne se contente pas des questions maintes fois posées...
Après la publication de son remarquable Journal de galère (1961-1991), Sauvegarde couvre les années 2001 à 2003 et revient sur un moment crucial, un des plus grands bouleversements de la vie d'Imre Kertész : sa distinction par le prix Nobel de littérature en 2002. Il y aborde la genèse de son roman Liquidation, le travail littéraire quotidien, l'importance de la musique dans son existence, sa difficulté à concilier vie conjugale et vie d'écrivain, sa maladie de Parkinson, son rapport à la Hongrie nouvelle et à Israël et son départ pour Berlin. Mais avant tout, il ne cesse de se pencher sur ce qui le préoccupe et lui importe le plus : la littérature. Un témoignage d'une sincérité radicale et d'une sombre lumière.
Dans ce kaddish poignant, le prix Nobel de littérature Imre Kertész pleure l'enfant qu'il ne concevra jamais. Son refus de la paternité a pour origine un événement qui a définitivement modifié le monde et les hommes : l'extermination concentrationnaire.
OEuvre inclassable, L'Ultime Auberge est une exploration des tréfonds de l'âme et de l'esprit d'un écrivain malade, aux prises avec les revers de l'existence autant qu'avec un pays d'origine abhorré. Entre confessions et réflexions, joies et souffrances, vie personnelle et vie publique, Kertész saisit le monde autant que lui-même, offrant un autoportrait de l'artiste au travail - un artiste réfractaire et toujours insoumis. L'Ultime Auberge, oeuvre superbe et vertigineuse, prouve une fois de plus le talent d'un immense écrivain de renommée internationale.
Un adolescent de quinze ans raconte une année passée dans un camp de concentration puis dans un camp de travail. Douloureux constat de l'auteur : l'individu soumis au totalitarisme perd son identité et ne peut survivre qu'en accomplissant mécaniquement un destin qui n'est pas le sien.