Hoda Barakat
Hoda Barakat
Un réfugié sans-papiers hébergé par une femme charitable avoue avoir commis un meurtre dans une lettre qu'il n'enverra jamais. Une femme abandonnée par son amant pour lequel elle a quitté le Liban retrouve la lettre par hasard et se met à écrire à son tour, comme pour conjurer le sort, dans la chambre d'hôtel où elle attend sans trop d'espoir la fin de ses vingt ans d'errance. Jamais postée, oubliée, la lettre se retrouve par hasard entre les mains d'un autre étranger, bourreau du conflit syrien, qui, à son tour, raconte des épisodes scabreux de son passé, mais la lettre tombe entre les mains d'un autre réfugié. Et ainsi de suite, des lettres anonymes sont relayées par d'autres qui n'arriveront jamais à leurs destinataires. En une centaine de pages troublantes de bout en bout, Hoda Barakat campe des personnages, hommes et femmes, en butte à la misère sociale et à leurs propres démons, et pointe l'incommunicabilité humaine dans notre village planétaire, féru de ses moyens de communication.
Dans un village maronite replié sur lui-même du Nord-Liban, la lutte acharnée pour leur survie de deux enfants subitement orphelins. Où Hoda Barakat (Le laboureur des eaux, Mon maître mon amour) ressuscite magistralement une civilisation en voie de disparition sous l'effet de l'émigration et du tourisme.
Comment Wadi', après avoir vécu au Liban dans l'intimité de trafiquants d'armes et de drogue, se retrouve à Chypre dans un état second, et comment il s'éprend de l'homme qu'il appellera "mon maître, mon amour", puis disparaît.
Réfugié dans le sous-sol de sa boutique détruite, un commerçant de Beyrouth, enroulé dans ses somptueuses soieries, se remémore l'histoire de sa famille et la femme qu'il a tant aimée.
Sur fond de guerre civile libanaise, un homme et une femme sont rendus par l'amour fou à leur vérité première, au-delà de toute identité.
Un roman qui explore les espaces dévastés que la guerre civile ouvre en chaque individu.