Hoda Barakat
Hoda Barakat
À la manière de John Irving, Paul Serge Forest signe une fresque romanesque, métaphysique et sociale au coeur du clan de Lelarge, sur la Côte-Nord québécoise. Un premier roman sous la forme d'une saga familiale, admirablement maîtrisé et singulier. À Baie Trinité, sur la Côte-Nord du Québec, la famille Lelarge possède une très prospère usine de fruits de mer, qui fait leur fierté, leur fortune et assure l'économie de la presque totalité du petit village. À la mort de Rogatien, le chef de famille et de l'entreprise, Robert, son aîné, en reprend les rênes, bien décidé à faire florir leurs affaires au-delà des frontières. Le Japon convoite justement leur abondante production pour remplacer ses approvisionnements irradiés par la catastrophe nucléaire de Fukushima. Flairant la manne, Robert conclut un contrat colossal avec le Conglomérat des teintes, couleurs, pigments, mollusques et crustacés d'Isumi. Survient alors Mori Ishikawa, un mystérieux Japonais envoyé par le Conglomérat pour superviser la production, venant troubler l'apparente quiétude de la bourgade à l'écosystème déjà fragilisé par l'expansion de l'usine. Très vite, l'étrange personnage fait battre le coeur de Laurie, la fille cadette mélancolique et rebelle de Robert, en pleine quête adolescente d'elle-même et de sa place dans cet univers étriqué. À mesure que grandit l'attrait irrépressible de Laurie pour le jeune homme, une vague d'événements bizarroïdes survient aux alentours du village. Elle découvre l'« Ori », une nouvelle couleur et toxine indescriptible dont Mori détient le secret, et ne tarde pas à comprendre le danger qui rôde autour de ce garçon énigmatique. Cette toxine lumineuse s'apprête à changer le cours de l'histoire de Baie-Trinité, et bien au-delà encore...
Lyon, 1980. Quatre garçons complètement fauchés accomplissent ce qu'ils croient être un modeste cambriolage dans une agence de publicité. Mais leur butin s'avère un précieux objet d'art aux sources proches du surréalisme. Dès lors, les questions s'enchaînent : Peut-on voyager dans le temps sur un accordéon de papier ? Y a-t-il un lien entre Giotto et Marcel Duchamp ? Le cercle parfait existe-t-il ? Conte moderne empruntant au film noir et à la new wave, ce roman sur l'art et ses énigmes porte avec tendresse une bande d'amis qui sans jamais parvenir à être de vrais escrocs séduisent par la grâce absurde de leur aventure. Avec comme éclaircies ces zones furtives où l'ordinaire se convertit en merveilleux, celui des premières amours et de l'horizon fantasmé.
Un réfugié sans-papiers hébergé par une femme charitable avoue avoir commis un meurtre dans une lettre qu'il n'enverra jamais. Une femme abandonnée par son amant pour lequel elle a quitté le Liban retrouve la lettre par hasard et se met à écrire à son tour, comme pour conjurer le sort, dans la chambre d'hôtel où elle attend sans trop d'espoir la fin de ses vingt ans d'errance. Jamais postée, oubliée, la lettre se retrouve par hasard entre les mains d'un autre étranger, bourreau du conflit syrien, qui, à son tour, raconte des épisodes scabreux de son passé, mais la lettre tombe entre les mains d'un autre réfugié. Et ainsi de suite, des lettres anonymes sont relayées par d'autres qui n'arriveront jamais à leurs destinataires. En une centaine de pages troublantes de bout en bout, Hoda Barakat campe des personnages, hommes et femmes, en butte à la misère sociale et à leurs propres démons, et pointe l'incommunicabilité humaine dans notre village planétaire, féru de ses moyens de communication.
Dans un village maronite replié sur lui-même du Nord-Liban, la lutte acharnée pour leur survie de deux enfants subitement orphelins. Où Hoda Barakat (Le laboureur des eaux, Mon maître mon amour) ressuscite magistralement une civilisation en voie de disparition sous l'effet de l'émigration et du tourisme.
Comment Wadi', après avoir vécu au Liban dans l'intimité de trafiquants d'armes et de drogue, se retrouve à Chypre dans un état second, et comment il s'éprend de l'homme qu'il appellera "mon maître, mon amour", puis disparaît.
Réfugié dans le sous-sol de sa boutique détruite, un commerçant de Beyrouth, enroulé dans ses somptueuses soieries, se remémore l'histoire de sa famille et la femme qu'il a tant aimée.
Sur fond de guerre civile libanaise, un homme et une femme sont rendus par l'amour fou à leur vérité première, au-delà de toute identité.
Un roman qui explore les espaces dévastés que la guerre civile ouvre en chaque individu.