Gilles Antonowicz
Gilles Antonowicz
Poitiers, 13 mai 1943 : un éditorialiste collaborationniste est assassiné dans une ruelle sombre. Mort d’un collabo plonge au cœur de l’Occupation, où chaque choix peut mener à la trahison ou à la résistance.
Jacques Isorni incarne la Défense dans son expression la plus noble : la défense politique. Avocat des communistes sous l'Occupation, de Brasillach et de Pétain à la Libération, des nationalistes tunisiens avant de devenir celui des soldats perdus de l'Algérie Française, sa place est en toutes circonstances « du côté des prisonniers ». Témoin privilégié des chocs et des tragédies qui ont traversé la France, il nous invite à jeter un regard nuancé sur notre histoire contemporaine, avec l'oeil de la défense, une place où l'on cherche à comprendre les mobiles qui font agir les hommes...
Maurice Garçon (1889-1967) fut l'un des plus grands avocats du XXe siècle. Parmi ses 17 500 dossiers plaidés entre 1911 et 1967, conservés aux Archives Nationales, certains attirent particulièrement l'attention. Herschel Grynszpan, le meurtrier de l'attaché culturel de l'ambassade d'Allemagne à Paris qui, en 1938, voulut par son geste dénoncer les persécutions dont les juifs allemands étaient les victimes. Les « piqueuses d'Orsay », expression désignant les infirmières accusées, dans la panique de la débâcle de juin 1940, d'avoir tué plusieurs malades intransportables avant de fuir leur hôpital. Cinq étudiants, exécuteurs en mai 1943 à Poitiers du docteur Guérin qui, sous le pseudonyme de Pierre Chavigny, vantait dans la presse les mérites de la collaboration. Enfin, le grand résistant René Hardy, l'organisateur de la « bataille du rail », accusé d'avoir trahi et livré Jean Moulin aux Allemands. Ces quatre affaires présentent un intérêt historique majeur. Maurice Garçon y dissèque, avec son acuité coutumière, arcanes politiques et méandres de l'âme humaine. Il y révèle aussi l'étendue de son immense talent, lui qui, disait Paul Morand, « eut démontré que la malle était vide s'il avait défendu l'assassin de quelque malheureuse coupée en morceaux », tant il y avait dans sa conception de la défense une part de prestidigitation.
31 décembre 1946 : le corps d'un garde-chasse criblé de plombs est découvert gisant dans un étang de la Brenne. Trois cours d'assises condamnent pour ce meurtre deux braconniers, Raymond Mis et Gabriel Thiennot. Au soir du troisième verdict, rendu à Bordeaux en 1950, l'affaire semble close et Maurice Garçon, l'avocat de la partie civile, pense pouvoir archiver son dossier. Trente ans plus tard, plusieurs livres fondés sur des approximations, des hypothèses fantaisistes et des ragots proclament urbi et orbi l'innocence des condamnés. Les médias s'en emparent. Présentant avec complaisance ces hypothèses et ces rumeurs comme l'expression de la vérité, leur jugement est sans appel : Mis et Thiennot ont été victimes d'une erreur judiciaire ! La justice est sommée de présenter ses excuses. Malgré les pressions, la Cour de révision des condamnations pénales sait préserver son indépendance : six requêtes en révision des procès, déposées entre 1983 et 2015, sont rejetées. Pour combien de temps ? Fort du soutien d'une opinion manipulée, une septième requête est annoncée. Comment cela est-il possible ? Comment un « tribunal populaire » fondant ses certitudes sur une ignorance absolue d'un dossier peut-il ainsi prétendre effacer une vérité judiciaire née de débats loyaux et contradictoires ? À l'heure où la Justice déserte les prétoires pour être rendue sur internet et les « réseaux sociaux », l'affaire Mis et Thiennot incarne les dérives et les dangers qui la menacent.
25 mai 1926 : Symon Petlioura, président en exil de l'éphémère République démocratique ukrainienne (1917-1921), est assassiné à Paris. Le meurtrier, Samuel Schwartzbard, justifie son crime en disant avoir voulu venger les victimes des pogroms survenus durant la guerre d'indépendance menée par l'Ukraine contre la Russie. Bénéficiant d'une formidable campagne de presse orchestrée par le Parti communiste, son procès devient celui de sa victime. Il est acquitté en octobre 1927.100 ans après le meurtre, Gilles Antonowicz rouvre le dossier. Qui était vraiment Petlioura ? Un pogromiste ou l'homme qui a jeté les bases d'une Ukraine multiculturelle et démocratique tournant ses regards vers l'Europe de l'Ouest ? Et Schwartzbard ? Un redresseur de torts ou un agent soviétique agissant pour le compte de Staline ? Convoquant archives et spécialistes de l'histoire slave, ce livre contribue à la réhabilitation d'un homme aujourd'hui considéré en Ukraine comme un héros national. Avocat honoraire, Gilles Antonowicz est notamment l'auteur de plusieurs biographies remarquées (Jacques Isorni, Maurice Garçon, Pierre Pucheu, José Giovanni). On lui doit également le récit de grands procès historiques (13 mai 1943 : Mort d'un collabo, Litos) ou contemporains (Outreau : l'histoire d'un désastre, L'affaire Halimi).
Toutes les facettes du génie de Maurice Garçon enfin révélées dans un beau-livre.On savait que Maurice Garçon (1889-1967) n'était pas seulement l'une des plus grandes figures du barreau : on le connaissait historien, conférencier, amateur de sorcellerie et auteur d'un Journal dont une partie (1939-1945), publiée en 2015, rencontra un grand succès public. Mais peu de monde savait, jusqu'à la découverte de ses carnets, qu'il était aussi artiste. Pinceau ou crayon en main, dans les salles d'audience de province comme en voyage au bout du monde, il croque, caricature, dessine, aquarelle. De sa vie, Garçon fit une fête. De ses tours de force aux assises à ses escapades dans les cafés parisiens, de ses séances à l'Académie française aux travaux des champs à Montplaisir, il s'amuse. Dans les lettres qu'il adresse à sa fille ou dans les correspondances qu'il entretient avec ses clients et ses amis (Benoit, Cocteau, Genet, Léautaud, Mauriac, Paulhan, Pauvert, Simenon...), Garçon peint comme il écrit et écrit comme il plaide -; avec passion. Pièces de théâtre, aventures dessinées, billets d'humeur, chansons de cabaret et croquis réalisés lors de procès célèbres... Pour restituer ce foisonnement, il était nécessaire de mettre un peu d'ordre, et l'ordre alphabétique s'imposa. Cet abécédaire dit tout le talent, l'imagination, la fantaisie, l'humour de cet avocat hors norme dont la carte de visite ne saurait être autre, désormais, que : Maître Maurice Garçon, artiste ! Préface de François Sureau de l'Académie français
La détox est à la mode et ce n'est pas par hasard. Dans un monde de plus en plus stressant et pollué, chacun a envie de se préserver et d'aider son corps à faire face, à se purifier et à se régénérer. Découvrez tous les secrets d'une détox réussie !
Le 22 avril 2005 a été votée la loi sur le droit des malades et la fin de vie, également connue sous le nom de " loi Leonetti ", votée à la suite de l'affaire Vincent Humbert. Selon 62 % des Français, cet événement est celui pour lequel le déficit d'information est apparu le plus criant et le plus regrettable. Ce besoin d'en savoir plus n'a rien d'étonnant, s'agissant d'une question de société et d'une réflexion éthique auxquelles chacun, directement ou indirectement, ne peut manquer d'être confronté un jour ou l'autre. On peut le mesurer à l'intérêt que suscitent les œuvres littéraires ou cinématographiques abordant ces thèmes. Les succès du dernier livre de Benoîte Groult, La Touche étoile, ou de films comme Les Invasions barbares, Million Dollar Baby ou Mar Adentro, en portent témoignage. Le silence médiatique entourant cette loi n'en apparaît que plus incongru. Cet ouvrage entend répondre à ces attentes et combler cette carence, tant il est vrai qu'en ces instants difficiles l'angoisse et le désarroi naissent bien souvent de l'ignorance dans laquelle est tenu le public.