Evelyne Bloch-Dano
Evelyne Bloch-Dano
Découvrez la dimension spirituelle et initiatique des cinq piliers de l’islam à travers le regard unique d’Abdennour Bidar.
Un papyrus égyptien capable de réveiller les morts a été volé. Max Flash, maître de l'évasion et magicien hors pair, doit affronter des momies assoiffées de vengeance pour sauver le monde.
Plongez dans Le parfum des années, une nuit littéraire envoûtante où Evelyne Bloch-Dano, entourée des fantômes de la Belle Époque, mêle souvenirs intimes et portraits de femmes audacieuses.
Baden-Powell, ou la naissance du scoutisme.En 1907, Robert Baden-Powell, général en préretraite de l'armée britannique, âgé de cinquante ans, prenait l'initiative d'inviter quelques adolescents vivant dans les brumes de Londres à camper pendant plusieurs jours, en plein air, sur un îlot inhospitalier, et à participer à des activités conçues et réalisées par eux-mêmes : le scoutisme était né. L'année suivante paraissait Scouting for Boys, best-seller absolu. Mais Baden-Powell n'est pas seulement le fondateur du plus considérable mouvement de jeunesse de l'histoire. Son existence aventureuse dans l'armée des Indes, sa participation héroïque à la guerre contre les Boers, son séjour comme espion en Russie l'avaient déjà fait entrer dans la légende.
Trois femmes, deux générations, une amitié de temps pleins et d'éclipses, des coups de foudre et des amants, une foule de déceptions, quelques postures de yoga, des nuits blanches : nous voilà embarqués dans le roman d'Evelyne Bloch-Dano. Nous vivrons avec ces trois personnages, deux amies d'enfance, Violette et Stella, et la mère de cette dernière, Anne, de 2007 à 2017.Féministe tendance zen, stoïcienne souriante qui vit selon l'adage « toute souffrance à venir est à éviter », Anne, la narratrice, a épousé tous les combats de sa génération, de l'ashram en Inde aux utopies politiques, jusqu'à se sentir elle-même « une figurine de collection ». Stella, elle, évolue avec la volonté de ne pas ressembler à sa génitrice, passionnée par son travail, avide d'aimer mais collectionnant les déboires amoureux. Du mot bonheur, connaît-elle le mode d'emploi ? Son amie Violette, son âme soeur, ne lui ressemble en rien. Douce mais déterminée, elle a l'équilibre voluptueux des paysages de la Loire, où elle vit. Elle a choisi d'élever ses enfants mais vient un jour où les questions se posent...
Qui n'a jamais entendu parler du questionnaire de Proust ? Les réponses de l'écrivain ont traversé le temps et fait le tour du monde. On a oublié qu'elles provenaient d'un album intitulé Confessions, appartenant à Antoinette Faure, la fille du futur président de la République. En participant à ce jeu de société à la mode, Marcel Proust ne se doutait pas qu'il livrerait des indices sur l'adolescent qu'il était. Ses réponses ont été commentées. Mais jamais contextualisées ou comparées. Jamais datées avec exactitude. De Gilberte aux Champs-Élysées à la petite bande d'Albertine et des jeunes filles en fleurs, quelles traces ont-elles laissées dans son oeuvre ? Évelyne Bloch-Dano a mené l'enquête. Elle est parvenue à identifier les autres amis de l'album d'Antoinette. C'est alors tout un monde qui a surgi, celui des jeunes filles de la bourgeoisie de la Belle Époque. Quelques garçons aussi. À travers leurs goûts, leurs rêves, s'est dégagé le portrait d'une génération. Celle de Marcel Proust.
On ne connaît pas Natalie Bauer-Lechner. Et pour cause : le nom de cette talentueuse altiste a été effacé par l'entourage de Mahler. Pourtant, c'est bien elle qui la première a cru en Gustav Mahler, lorsqu'en 1876, elle rencontre le musicien, âgé de seize ans, au Conservatoire de Vienne. Jusqu'à son mariage avec Alma, elle fut sa confidente, la première lectrice de ses compositions, sa compagne de randonnées, la baigneuse du lac au petit matin... Son âme soeur. Elle a rédigé des Souvenirs, nés de ses conversations avec lui. Avant-gardiste, membre d'un quatuor de femmes réputé, elle se méfie des codes étouffants de Vienne. La capitale autrichienne vit son âge d'or : ivre d'art et de musique, elle acclame le chef d'orchestre mais malmène le compositeur. Évelyne Bloch-Dano nous emmène à la rencontre de trois personnages, un génie, une artiste et une ville, dans une époque euphorique et impitoyable que la Première Guerre mondiale balaya. Le récit d'une intimité hors normes qui a le souffle d'un roman.
Jardins de papier ou rêves de jardins ? Déjà exploratrice des légumes oubliés, Évelyne Bloch-Dano passe ici du potager au jardin dans la vie ou l'oeuvre de grands prosateurs. Après une promenade historique du paradis de la Bible aux parcs à l'anglaise, elle montre comment, dans les romans, le jardin est le reflet de l'âme, le travail qui rend meilleur, le repos mérité, la nostalgie de l'enfance, le rêve d'un monde idéal. De Rousseau à Proust, de Duras à Sand, de Colette à Modiano, il apparaît à la fois comme une représentation du réel et un miroir de l'imaginaire. Il y a aussi une part d'autobiographie joyeuse dans ce vagabondage cultivé : tout lecteur saura parcourir, déchiffrer, aimer, ce tableau naturel.
Décembre 1849. George Sand, auteur prolifique de romans à succès, admirée par Balzac et Dostoïevski, scandaleuse menant une vie de bohème sous un pseudonyme masculin, muse du romantisme, femme engagée, est en France une célébrité au faîte de sa gloire. Pour Noël, cette année-là, son fils Maurice invite à Nohant un jeune homme de ses amis, un graveur inconnu : Alexandre Manceau. George Sand a quarante-cinq ans, Alexandre trente-deux. Ils ne se quitteront plus. On connaît la liaison tumultueuse de Sand avec Musset, son amour de neuf ans avec Chopin. Mais qui se souvient des années qu'elle a passées aux côtés du tendre Manceau, son dernier compagnon ? De la maison de Nohant à l'agitation parisienne, de la brouille avec sa fille Solange au mariage de son cher fils Maurice, de l'amitié avec les plus grands artistes de son temps à la mort de sa petite-fille Nini, du coup d'Etat de Napoléon III aux combats de George pour l'amnistie des prisonniers politiques, des spectacles joués dans l'intimité aux pièces créées à l'Odéon, ce sont ici des jours et des nuits de travail, de bonheur, de tristesse aussi. Dans cette biographie foisonnante, Evelyne Bloch-Dano fait revivre avec éclat quinze ans de la vie passionnée de George Sand.
Evelyne Bloch-Dano, agrégée de lettres modernes, journaliste au Magasine littéraire et à Marie-Claire, est l'auteur, chez Grasset, de Madame Zola (1998, Grand Prix des lectrices de Elle, 30 000 exemplaires vendus), de Madame Proust (2004, Prix Renaudot essai, 30.000 exemplaires vendus), de Flora Tristan (2001, Prix François Billetdoux de la SCAM) et de La Biographe (2007). Le Livre: « Evelyne Bloch-Dano est donc biographe. Pour ses biographies explicites, bien sûr, ou bien encore quand elle s'essaie au « roman » dans lequel, une fois de plus, elle se fait biographe de son père, de sa mère, d'elle-même évidemment, mais tout autant de Romy Schneider en double, en ombre, en simulacres (au sens épicurien) de ses parents. Comment dès lors échapper à son destin de biographe ? Autrement dit : comment éviter de rencontrer sa vie en s'occupant de celle des autres ? La feuille de route ? Montrer, comme sait le faire une biographe, comment on devient ce que l'on est - quand on est un petit pois, un haricot, un topinambour... Autrement dit : montrer que le légume dispose d'une aura symbolique plus large que sa pure et simple valeur calorique ou marchande. Ou bien : qu'il n'y a pas que le génétique (de Mandel) dans la vie, mais aussi la poétique (bachelardienne)... Raconter l'odyssée, le destin d'un légume, à chaque fois unique mais toujours différent, une variation sur le Même (La tomate en général dans le ciel des idées platoniciennes...) et l'Autre (Ces tomates en particulier cuisinées ce jour-là)... Raconter cette aventure c'est entrer dans l'Histoire Universelle en empruntant la porte du potager. Ce qui signifie qu'on salue d'abord le jardinier, et qu'on rencontre ensuite Hegel dans les planches de petit pois... Car le légume le plus modeste ramasse en lui l'aventure du monde. Quand on mange un légume, c'est donc l'histoire du monde qu'on (s')incorpore. A charge pour la biographe de nous dire quand, comment, de quelle manière. D'où le recours d'Evelyne Bloch-Dano à une multiplicité de disciplines : littérature, histoire des beaux-arts, de la musique, poésie, cinéma, histoire, préhistoire, géographie, géologie, géomorphologie, climatologie, génétique, horticulture, théorie du jardin. » Michel Onfray
Londres, 1945. Qui aurait pu imaginer à quel point un héritage pouvait bouleverser leur vies ? Lorsque Giles est déclaré héritier des Barrington, Harry Clifton peut enfin respirer : il est libre de se consacrer à Emma, son grand amour, et à leur fils Sebastian. Mais la tranquillité n'est que trompeuse alors que les secrets longtemps enfouis par la famille Barrington menacent leur équilibre...Les origines de Jessica, la petite fille que Harry et Emma ont choisi d'élever comme leur propre fille, sont particulièrement accablantes. Giles ne trouve pas non plus de répit alors qu'il navigue dans les eaux tumultueuses du pouvoir politique en tant que nouveau membre de la chambre des Lords. Et tandis que les années passent inexorablement, c'est au tour de Sebastian Clifton d'être confronté à des choix décisifs. Depuis les prestigieux couloirs de l'Université de Cambridge, il ouvre la porte sur son héritage ombrageux. Les secrets de sa famille feront-ils sa chute ou seront-ils le tremplin de son succès ?Un roman captivant où secrets, amour et destin se mêlent pour bouleverser la vie d'Harry, Giles et Emma, évoluant dans un pays en crise.BEST KEPT SECRET - Copyright © 2013 by Jeffrey ArcherChronique des Clifton« La Chronique des Clifton » est une série de sept épisodes sur la famille Clifton, où chaque épisode peut être lu indépendamment. Avec les débuts d'Harry sur les quais de Bristol, Jeffrey Archer nous entraîne dans un voyage sans relâche jusqu'aux dernières pages, qui présente un dilemme que personne, pas même Harry Clifton, n'aurait pu prévoir. Jeffrey Archer est un auteur de thrillers politiques et ex-politicien britannique. La carrière politique d'Archer fut mouvementée et abouti à son emprisonnement en 2001. Il est aujourd'hui l'un des auteurs les plus populaires du Royaume-Uni avec plus de 320 millions d'exemplaires vendus dans le monde. La Chronique des Clifton est son oeuvre la plus ambitieuse.
Tout parle dans une maison d'écrivain pour peu qu'on sache entendre, voir, imaginer. Évelyne Bloch-Dano nous invite à découvrir une centaine de lieux en France et à l'étranger : la tour-bibliothèque de Montaigne, le Key West de Hemingway, la maison d'enfance de Colette et sa glycine, le Guernesey de Hugo et son « look-out », le Nohant romantique de George Sand, le Paris enfui de Sartre et Beauvoir, le Cabourg de Proust et ses jeunes filles en fleurs ou la ferme africaine de Karen Blixen. Et tant d'autres, résidences permanentes ou séjours éphémères... Mettre en relation une maison et l'univers littéraire d'un écrivain, les relier à sa vie, tel est le magnifique projet de cet ouvrage érudit, éclairé mais aussi distrayant. Ces pages sont autant une invitation à la lecture qu'au voyage. C'est un peu de cette liberté, entre vagabondage et ancrage, qu'elles nous offrent.
La mère de la narratrice, qui fut dans le Berlin de l'immédiat après-guerre une femme engagée, est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Elle oublie le passé proche, mais les images de la petite enfance lui reviennent. En parallèle, sa fille Evelyne décide enfin de vider l'appartement où sa mère n'habitera plus. Le départ de cet immeuble de la porte de Champerret, ce lieu des lisières, provoque en elle une montée se souvenirs. Que filtrer dans ce sablier magique où passent les grains du temps ? Que retenir des propos d'une mère à la mémoire éteinte ? Peut-on s'expulser soi-même du passé, comme on est délogé d'un appartement ? Dans la lignée de La Biographe, Evelyne Bloch-Dano révèle ce que cachent la famille et le foyer, la maternité et la filiation, mais aussi le deuil, attendu, des bonheurs enfuis.
La vie passionnée, romanesque et tumultueuse d'une héroïne qui n'hésita pas à affronter la mort pour préserver ses droits de reine. Une biographie à l'égal de celle de Stefan Zweig.La vie passionnée et tumultueuse d'une héroïne qui ne craignit pas d'affronter la mort pour préserver ses droits de reine. Tout en respectant scrupuleusement la vérité historique, avec la plume d'un écrivain, un sens aigu de la construction et de la progression dramatique, l'auteur nous entraîne dans l'existence romanesque de Marie Stuart (1542-1587). Consciente de ses droits et de ses devoirs de souveraine mais piètre politique, attachée au catholicisme alors qu'il lui aurait été simple de se convertir au protestantisme, femme aimant les hommes de manière ardente, la reine d'Ecosse apparaît sous un jour attachant. Ennemie de toute violence, éprise de culture et de beauté, d'une rare énergie, elle fut confrontée sa vie durant à la duplicité de ceux qui voulaient l'empêcher de gouverner pacifiquement. Elle sort grandie du face-à-face qui l'oppose à la machiavélique Elisabeth d'Angleterre où elle apparaît téméraire, impétueuse, incapable de feindre, d'une naïveté parfois confondante. Elle s'affirme belle et grande lors de son scandaleux procès et de son exécution dont elle voulut faire une oeuvre d'art sanglante. Un récit biographique à la hauteur de son sujet. Historienne, romancière et journaliste, Isaure de Saint Pierre a publié une vingtaine d'ouvrages dont Raspoutine, le fol en Christ ; La Dernière Impératrice ; La Dame de coeur, un amour de Napoléon III et L'Impératrice aux chimères.
« J'ai eu envie de revoir La Passante du sans-souci. L'intrigue, les noms de personnages, les visages s'effacèrent, mais certaines images de ce film un peu convenu se gravèrent dans ma mémoire, éveillant un sentiment confus et pénible. Et puis un jour, j'ai compris : ces visions me hantaient parce qu'elles prenaient leur source en moi. Des pans entiers d'une histoire oubliée, que j'avais VOULU oublier avant même de la connaître. Celle de ma mère, juive allemande, et de toute sa famille. La passante que Romy Schneider avait incarnée surgissait d'un monde enfoui, mais étrangement familier. Ma mère Romy. Dos à dos, tendues dans le même effort pour surmonter le passé. Rien ne justifie ce rapprochement, tout le légitime. A la question que Romy Schneider s'est posée toute sa vie : « Comment peut-on être allemande ? » répond l'écho : « Comment peut-on être juive allemande ? » Et si chacune d'elle possédait un fragment de la vérité de l'autre ? Elles sont les deux faces d'une même mémoire, la mienne, celle de la biographe que je suis. » E.B.-D. S emparant de l'histoire de Rosemarie Albach, alias Romy Schneider, Evelyne Bloch-Dano tente d y lire l'histoire en miroir de sa propre famille : « la biographe » passe de l'une à l'autre, tressant, pour les entrelacer et les éclairer, ces vies à priori si différentes, l'une, exemplaire parce que célèbre, l'autre, anonyme et pour cela universelle. Au-delà de la figure irradiante de Romy Schneider dont il fait le portrait, ce livre est aussi une histoire d'amour et de haine de la mère-patrie, l'Allemagne, et plus simplement : le livre des mères, comme on sait sujet de prédilection de l'auteur celle, entre autres, de Romy, Magda la Bavaroise, elle-même actrice populaire de l'époque, dont Hitler fut un fervent admirateur et peut-être l'amant, Magda, terrible Pygmalion pour sa fille, et qui fut, finalement, effacée dans les mémoires par sa créature?
A la question : « Quel serait votre plus grand malheur ? », Marcel Proust avait répondu : « Etre séparé de maman. »... Jeanne Weil, née en 1849 à Paris, appartient à cette bourgeoisie juive éclairée dont les ancêtres sont venus d'Alsace et d'Allemagne au XVIIIème siècle. Son mariage avec Adrien Proust, fils d'épicier catholique beauceron, sans fortune mais promis à une brillante carrière médicale, témoigne avant tout de son désir d'intégration : si elle-même ne se convertit pas, ses enfants deviendront les descendants catholiques d'une famille terrienne d'Illiers. Du côté Proust, on voit bien le parti avantageux que représente la jeune femme, éduquée et fortunée... mais on approuve du bout des lèvres. Marcel sera donc baptisé, comme près de deux ans plus tard, son frère Robert. Autant le premier est, dès sa naissance, fragile et nerveux, autant le cadet est robuste et indépendant. Entre ses trois hommes, Jeanne Proust s'efforcera toute sa vie à l'égalité. Pourtant, elle a beau faire, il y a en elle un fond d'inquiétude permanent pour l'aîné, que Marcel, lui-même toujours inquiet quant à l'amour qu'elle lui porte, ne cessera d'attiser, comme si ses crises d'asthmes n'y suffisaient pas... Jusqu'à la mort de Jeanne en 1905 (il alors a 34 ans !), il est ainsi anxieusement couvé, comme un éternel petit garçon, par celle qu'en légitime retour, il appellera toute sa vie « maman » : « J'avais toujours quatre ans pour elle », écrira-t-il. Tous deux se quitteront peu, vivant sous le même toit, partant ensemble en cure quand la santé de l'un ou l'autre l'exige, et entretenant une correspondance suivie des plus détaillées les rares fois où ils s'éloignent... Madame Proust raconte aussi le rôle essentiel de Jeanne dans la formation de l'écrivain : celle qui, des heures durant, lui faisait la lecture lorsqu'il était enfant - le père ne lit pas -, est devenue sa première lectrice, mais aussi sa collaboratrice. A sa demande, elle traduit mot à mot des centaines de pages de Ruskin qu'il remet ensuite en forme, elle l'encourage sans cesse au travail, et lutte pour faire acquérir au jeune homme souffrant, dissipé et mondain, la discipline nécessaire à tout grand créateur...
Etrange destin que celui de Flora Tristan (1803-1844) : celle qui restera dans l'histoire comme la Femme-Messie des Saint-Simoniens, la compagne de lutte des ouvriers, socialiste avant l'heure, est née de l'union d'un aristocrate péruvien et d'une bourgeoise parisienne. Celle qui, avant de mourir d'épuisement à 41 ans, parcourant les routes de France pour y prêcher la cause des travailleurs, fut aussi une beauté voluptueuse, arrachant ce jugement à un contemporain : « C'est la Circé antique, moins la baguette ». Violente, indépendante, capable de tous les excès et de toutes les contradictions, en ce siècle des messies d'un jour que fut le XIX° siècle, Flora Tristan se construit à travers ses métamorphoses: Elle fut tour à tour aventurière au Pérou, où une partie de sa famille vivait dans l'opulence, mère de famille en rupture, échappant de peu à un coup de pistolet du mari furieux, femme de lettres dansant dans les bals à la mode, amie de Marie Dorval, s'attirant la jalousie d'une George Sand, puis sous l'influence des utopies fouriéristes, prophète de l'Union ouvrière, à sa manière presque mystique, indomptable, suicidaire. Alors, où est la vérité du personnage ? « Paria-Archiduchesse » selon le mot de l'époque, ou « Bas-bleu » socialiste s'écriant « Que c'est beau d'être bon », d'après son petit-fils qui n'est autre que... Paul Gauguin ! Du Pérou libéré par Simon Bolivar au Paris du petit peuple, de Londres où Flora Tristan se déguisa en homme pour pénétrer la Chambre des Lords à la France bourgeoise de Guizot, des archives du Romantisme aux cercles enfumés des utopies messianistes, des faux prophètes aux vrais ouvriers, Evelyne Bloch-Dano enquête. Flora Tristan, auréolée depuis d'une gloire féministe, n'est ici ni sainte ni martyre. Juste une femme complexe, étonnante de modernité, qui décide d'aimer comme elle le veut.
Le destin d'Alexandrine-Gabrielle Meley (1839-1925), épouse d'Emile Zola, sort de l'ordinaire. Née dans la pauvreté, fleuriste à treize ans, elle abandonna sa fille à l'Hôpital des Enfants Trouvés. L'enfant mourut peu après. De ce traumatisme initial et jusqu'ici inconnu viendront toutes les hantises du couple Zola : obsession de la fertilité, peur de ne plus enfanter, puis vie parallèle de Zola avec Jeanne Rozerot. Alexandrine, cette femme en rondeurs qui symbolisa le succès bourgeois, épousant l'auteur de Germinal, a eu l'esprit assez large pour toujours tromper ceux qui l'attendaient du côté des conventions. L'affaire Dreyfus ? Elle conseille Zola et affronte les menaces de mort. Les conversations avec les Goncourt, Daudet, Flaubert, Tourgueniev, Paul Alexis ou Henry Céard ? Elle n'y est pas étrangère. L'adultère de Zola puis la naissance de ses deux enfants ? Elle prouve sa générosité. Cette vie qui commence dans le Paris des petits métiers, du typographe au bimbelotier, des poses avec Cezanne aux canotages de bords de Seine, pour s'achever à l'entrée de Zola au Panthéon, la main dans celle de Jeanne Rozerot, est une traversée du siècle. La biographie d'Evelyne Bloch-Dano, nourrie par des correspondances inédites, retrace l'itinéraire d'une femme courageuse, follement attachée au seul amour de sa vie, Emile Zola.