Dominique Ottavi
Dominique Ottavi
« Une sirène retentit dans la nuit. Puis ce sont les cris, les aboiements, le martèlement des bottes sur la terre gelée... » En septembre 1939, quand la guerre éclate, Alice a 15 ans et des rêves plein la tête. Elle se confie dans son journal, écrit des lettres à sa grand-mère, au garçon qu'elle aime en secret, à sa meilleure amie de confession juive. Elle aimerait qu'Hitler disparaisse. Plus tard, face à l'occupant allemand, Alice ressent le besoin d'agir : avec ses parents, elle brave un à un les interdits, distribuant des tracts, hébergeant des aviateurs alliés... Mais un jour, tous les trois sont arrêtés. Alice est déportée au camp de Ravensbrück, où commence pour elle une nouvelle forme de résistance. Inspiré d'une histoire vraie
Les droits de l'enfant, dont l'émergence constitue un progrès culturel, ont profondément modifié les statuts et liens réciproques des éducateurs et des éduqués, ainsi que le rapport à l'enfant, à sa parole, à son corps, à sa responsabilité et à sa culpabilité. Consentement, principes non violents, écoute de l'enfant sont censés guider tout éducateur. Or ces idéaux prometteurs d'émancipation se retournent fréquemment en normes, et peuvent même s'accommoder de formes éducatives vieillissantes. Une réelle tension entre paradigme égalitaire et poids des normes s'exerce à l'école par le biais d'étiquetages médico-sociaux, et on peut voir coexister une forme scolaire ancienne, caractéristique de la transmission verticale, avec des schémas de transmission horizontale. Participant de cette même logique, la notion d'intérêt de l'enfant justifie aujourd'hui de nouveaux espaces de négociations revendiqués par les parents. Il y a là un espace pour le déploiement de valeurs et de normes communautaires, ou encore pour des attitudes consuméristes, comme lorsque des parents veulent mettre l'institution éducative au service de compétences cognitives supposées précoces de leur enfant. Alors que la diversification et l'individualisation sont les maîtres mots des réformateurs pédagogiques, il est parfois difficile de repérer la limite entre adaptation aux besoins de l'enfant et revendication illégitime. C'est pourquoi cet ouvrage, issu d'une recherche transdisciplinaire, propose une prise de distance par rapport aux normes nouvelles qui pèsent, parfois à l'insu des acteurs de l'éducation, sur l'enfance. Il s'efforce de clarifier les idéaux, les valeurs, que le nouveau discours éducatif exprime, il interroge aussi le renouvellement des pratiques que suscitent ce discours.
Hiver 1941, l'Europe brûle. La guerre est partout. À Paris, les bruits de bottes résonnent sur les Champs-Élysées, mais la plupart des Parisiens se bouchent les oreilles. Sur le malheur, d'autres improvisent le bonheur. Pour les jeunes, l'avenir bute sur la nuit. Alors, ils s'engagent, d'un côté ou de l'autre. Orphelin - son père a été tué en 1940 -, Thierry Delcourt a choisi la Résistance ; avec ses camarades de lycée, il fonde un réseau : LUX, la lumière. Leur premier geste, lancer un pavé dans la vitrine de la Propagandastaffel qui étale, provocante, slogans, affiches et croix gammées au coeur du Quartier Latin. Sur ordre, Thierry et ses amis infiltrent les mouvements collaborationnistes, le P.P.F. de Doriot, le R.N.P. de Déat. Étrange et dangereuse mission qui les plonge, en enfants perdus, chez l'ennemi. Un ennemi que l'on découvre fanatique, mais aussi fascinant, où parfois se sont fourvoyées des âmes nobles, aveuglées. Mais, soudain, autour de Thierry, tout bascule. Odile, son premier amour, doit fuir vers l'Espagne, elle est juive. Lorette se réfugie en Normandie, Marcel plonge dans la clandestinité, et lui-même est arrêté par la Gestapo. À seize ans, le voilà confronté à la prison, la torture, les convois de la mort et, tout au bout, le sinistre bagne de Buchenwald. Il parvient à s'évader pourtant, et c'est une longue errance à travers l'Allemagne dévastée, avec ses villes en flammes, ses populations hagardes qui s'efforcent de survivre, avec, aussi, cette faune de gens douteux ou pittoresques qu'attirent la combine, l'argent facile, le marché noir. De cette odyssée, Thierry reviendra physiquement brisé, riche pourtant d'une expérience extraordinaire qui le marquera pour la vie.
Apprendre, qu'est-ce que cela veut dire ? Qu'est-ce que cela suppose ? Par quelles voies est-ce que cela passe ? À ces questions l'école contemporaine apporte une réponse catégorique : l'école traditionnelle s'est trompée, elle a voulu transmettre des connaissances détenues par un maître en les inculquant à des élèves passifs. Cette pédagogie de l'imposition ne marche pas. Il faut lui substituer une pédagogie active faisant de l'enfant l'acteur de la construction de ses savoirs. Nous sommes au moment où cette réponse se révèle aussi fausse, dans sa demivérité, que la philosophie antérieure. Il en résulte que l'école d'aujourd'hui est plongée dans une incertitude complète sur la nature de l'opération qu'il lui revient d'effectuer. Tout est à reprendre, à commencer par l'opposition supposée entre activité de l'élève et transmission du savoir. C'est ce problème fondamental que ce livre s'efforce d'éclairer. Il dégage les origines de ce nouveau modèle pédagogique. Il en montre les limites. Il ne prétend pas apporter des solutions toutes faites. Il en appelle à une réflexion sur cette expérience primordiale dont les adultes refoulent le souvenir : la difficulté d'apprendre, qui ne se sépare pas de la nécessité d'une transmission.
Il se trouve que c'est mon premier roman et qu'il est érotique... Est-ce ma faute, à moi, si les dix manuscrits entrepris depuis trente ans ont fini dans ma corbeille ? Alors que celui-ci, étrangement, s'est laissé faire... porté par les trois mots de son titre - gonflés comme des voiles - vers son achèvement. Me croira-t-on, si je m'affirme le premier surpris, et si je me déclare à peu près aussi innocent que mes personnages, Alexandre et Bérénice, lorsqu'ils s'abandonnent aux délices de l'imagination brûlante, de la rêverie éhontée, de la confidence voluptueuse et du trouble équitablement partagé ? J'ai l'impression d'avoir volé ces lettres qu'ils échangent le temps d'un été, et de les avoir lues en rougissant... de plaisir... ou bien alors, de les avoir écrites à leur place, de manière à vivre avec eux la fiction d'une connivence parvenue à son plus chaud degré de confiance, d'intimité et de gloire sensuelle. Et comment rougiraient-ils eux, Alexandre et Bérénice, de leurs égarements charnels qui les conduisent, immanquablement, vers ces moments de gratitude dont nous avons tous éprouvé le miracle, de l'autre côté du vertige ? Claude-Jean PHILIPPE
Réévaluer et penser Spencer dans sa diversité et dans son actualité, telle est la tâche que se sont fixée les auteurs, qui ont pour cela, fait appel aux meilleurs connaisseurs de son oeuvre. Herbert Spencer, longtemps négligé en France, n'a pourtant jamais cessé d'être lu et commenté dans les pays anglo-saxons. Précurseur de Darwin (il est le premier à utiliser le mot évolution dans son sens moderne), il développe une théorie de l'origine de la vie dont les conséquences touchent à la physiologie, à la psychologie, à l'éducation, à l'économie - toutes disciplines que son oeuvre secoue en profondeur. Le lecteur trouvera par ailleurs dans ce volume deux textes importants de Spencer, devenus introuvables en France.