Dominique Memmi
Dominique Memmi
À partir des années 1960, la relation de domesticité s'assombrit au cinéma : tuer les employeurs devient la solution aux souffrances ancillaires. À partir des années 1980, le forçage sexuel des femmes trouve une nouvelle issue au cinéma?: elles s'en vengent désormais elles-mêmes, sauvagement. Or, après enquêtes, on ne trouve guère de traces de cette violence dans le monde social «?réel?», du moins dans plus d'un millier de décisions judicaires concernant les réponses objectivement apportées aux agressions sexuelles et aux vexations imposées aux domestiques. Un pur délire alors de créateur de cinéma?? Il serait curieusement collectif ! Comment expliquer le surgissement d'une solution si violente à ces relations de domination personnelle, qu'on qualifiera ici de «?rapprochée?»?? Par un fait tout simple : un bouleversement est bien intervenu au moment où les films ont changé de récit. Mais ce n'est pas celui que ces derniers mettent en scène...
1857, Manchester : une exposition d’art bouleverse le destin d’un architecte et inspire, un siècle plus tard, le Guggenheim de Bilbao. Manchester Dream révèle cette histoire oubliée, entre rêve et exigence artistique.
Les sciences sociales françaises ont longtemps délaissé ou dévalué le corps et ont notamment combattu le réductionnisme biologique. Depuis quatre décennies un changement profond c'est amorcé. L'ouvrage entend saisir la nature de cette inflexion, dans des oeuvres aux contenus parfois contrastés (Bourdieu et Foucault, par exemple) et dans des disciplines aux liens parfois très lâches (anthropologie et droit). Faut-il voir dans cette inflexion un retour du biologisme ? Le corps étant un thème très investi idéologiquement les auteurs nous livrent ici une étude éclairante, à la fois théorique et concrète (utilisation du terme dans le droit, étude de l'utilisation du thème dans l'édition).
Après avoir exhorté les pères à couper le cordon ombilical, on a ré-incité les mères à allaiter, puis valorisé le contact peau à peau avec leur nouveau-né, et certains les invitent à contempler leur placenta. Désormais, les parents d'un enfant mort-né sont encouragés à le toucher ou à le photographier. Alors que la confrontation avec le corps des défunts est supposée favoriser le " travail de deuil ", la crémation est suspectée de nuire à celui-ci. Parallèlement, l'accès aux origines biologiques des personnes adoptées ou nées par don de gamètes est prôné pour leur bien-être identitaire. Et dans les organes transplantés s'insinue la personnalité du donneur, menaçant la greffe de rejet psychique. Ainsi s'opère, autour de la naissance et de la mort, depuis une vingtaine d'années et dans la plupart des pays occidentaux, une focalisation sur le corps comme support de l'identité. Quelle inquiétude sous-tend ces conceptions que les professionnels du psychisme, du soin et du funéraire sont souvent les plus soucieux de mettre en pratique ? Comment la chair a-t-elle été investie d'effets psychiques censés resserrer des liens vécus comme trop lâches et fortifier des identités éprouvées comme trop flottantes ? À travers des gestes dont la convergence était restée inaperçue, cette enquête révèle un tournant idéologique et culturel majeur. Directrice de recherche en sciences sociales au CNRS, Dominique Memmi a notamment publié Les Gardiens du corps (Éditions de l'EHESS, 1996), Faire vivre et laisser mourir (La Découverte, 2003) et La Seconde Vie des bébés morts (Éditions de l'EHESS, 2011).
C'est l'hiver. Sous la neige et la pluie, dès le point du jour, Tania roule vers Montreuil. Contre l'avis de tous, elle se mesure au plus hostile des matériaux : le métal. Elle tord, soude, sculpte. Un art appris grâce aux Gitans kalderash, lors de l'exode familial vers la France pour fuir la Roumanie de Ceausescu. Mais le temps est compté. Son atelier, une ancienne imprimerie emplie d'immenses blocs de ferraille, va lui être arraché. Autour de cette battante, des êtres se rassemblent : un vieil imprimeur, M. Freddy, Thomas le brocanteur, François, un sculpteur raté. Les complicités improbables, les amitiés tenaces, permettent parfois aux artistes qui s'accrochent à leurs rêves d'affronter les menaces des huissiers, les pièges des magouilleurs... et les amours perdues.
C'est l'hiver. Sous la neige et la pluie, dès le point du jour, Tania roule vers Montreuil. Contre l'avis de tous, elle se mesure au plus hostile des matériaux : le métal. Elle tord, soude, sculpte. Un art appris grâce aux Gitans kalderash, lors de l'exode familial vers la France pour fuir la Roumanie de Ceausescu. Mais le temps est compté. Son atelier, une ancienne imprimerie emplie d'immenses blocs de ferraille, va lui être arraché. Autour de cette battante, des êtres se rassemblent : un vieil imprimeur, M. Freddy, Thomas le brocanteur, François, un sculpteur raté. Les complicités improbables, les amitiés tenaces, permettent parfois aux artistes qui s'accrochent à leurs rêves d'affronter les menaces des huissiers, les pièges des magouilleurs... et les amours perdues.