Christophe Chaperot
Christophe Chaperot
Le théâtre du Grand Guignol a produit des pièces macabres coécrites avec des médecins aliénistes et psychiatres de l'époque. Peut-on commettre un meurtre de masse au motif que les gens sont d'accord entre eux ? Est-il possible d'offrir un homicide comme cadeau d'anniversaire ? Toutes ces questions essentielles, comme la compatibilité entre tranquillité d'esprit et le désespoir le plus parfait, sont étudiées dans ce livre. La folie décrite ici, capitaliste plus utilitariste que sadique, est celle que nous vivons, simplement caricaturée de façon burlesque. Les individus y sont réduits à leur corps, qui passe de la vie à la mort, en fonction de leurs performances ou des rivalités stupides. Des imaginations dégénérées, et déconnectées de l'histoire comme de l'avenir.
Salomé (pseudonyme) raconte dans ce livre sa décompensation psychotique (durant sa psychanalyse avec le Dr X) et les vécus les plus intimes qui sont inhérents à cette expérience. La précision de son témoignage et son honnêteté absolue constituent un matériel clinique extraordinairement éclairant. Cette écriture à quatre mains, avec le Dr Chaperot, son psychiatre, inscrit ce travail dans le mouvement de sa psychothérapie.
Sur les bases d'une déconstruction historique et épistémologique, l'auteur propose une lecture clinique de la schizophrénie et du traitement psychanalytique de cette catastrophe psychique. La schizophrénie est une expérience de mise à nu de l'humain, un abandon des évidences « naturelles », qui nécessite de repenser totalement la cure analytique plutôt que d'adapter la méthode analytique à une souffrance dans le but quelquefois trop prudent de simplement contenir les débordements qu'elle occasionne. L'auteur montre qu'il est possible de formuler, à partir de l'analyse des formes de transfert, une hypothèse théorique permettant de guider la conduite thérapeutique du psychiatre vis-à-vis des personnes réputées schizophrènes confiées à ses soins, dans un contexte culturel scientifique, social et économique donné, car il n'est pas possible d'ignorer toutes ces dimensions de l'exercice de la psychiatrie.