Christian Charrière-Bournazel
Christian Charrière-Bournazel
Georges Bernanos, vu par un avocat engagé : un essai qui révèle l’actualité brûlante de son combat pour la justice, l’enfance et l’espérance.
Un avocat de renom « respectable et envié », tombe éperdument amoureux d'une jeune femme de vingt ans plus jeune, poursuivie par la justice. Amour impossible car elle est sa cliente et il doit la défendre. Homme d'honneur, il attendra la fin du procès pour révéler ses sentiments. Elle refuse de succomber. Commence alors la descente aux enfers pour cet homme foudroyé. C'est le style qui fait la force de ce roman. Une écriture étincelante, parfaitement classique, qui donne toute sa puissance à cette histoire d'amour, et qui sera d'un charme absolu pour tout amoureux de la belle langue française. « Martyrs de l'absurde » est le récit « d'une histoire de famille vieille et jaunie ». Deux cousins passaient depuis toujours l'été dans les propriétés familiales voisines, dans le Bourbonnais. Tout enfant, ils s'aimaient déjà et devaient se marier. L'absurde les sépara pour toujours. Ceux sont les premiers romans de Christian Charrière-Bournazel. Avocat à la Cour, ancien bâtonnier, ancien président du Conseil national des Barreaux, il est ardemment engagé partout où le respect de la dignité humaine est menacé.
Un condamné à perpétuité brise le silence et livre le récit brut de son enfer carcéral. Perpétuité interroge : la justice peut-elle encore parler de rédemption quand elle enferme à vie ?
« À travers mon expérience d'avocat du barreau depuis plus de trente ans, et de bâtonnier pendant deux ans, j'ai mesuré l'archaïsme de notre système et sa dégradation accrue depuis trois ans. La France n'a jamais su trouver d'équilibre durable entre sécurité et liberté. Mais depuis trois ans, le fléau de la balance penche de manière inquiétante du côté de la sécurité. Comme bâtonnier de Paris, j'ai eu affaire à deux ministres de la Justice (Rachida Dati et Michèle Alliot-Marie). Je me suis opposé à elles, parfois sans ménagement. Ce faisant, j'ai été un observateur privilégié de leur action. Et je n'hésite pas à qualifier de rage sécuritaire la ligne suivie par le gouvernement depuis trois ans. La garde à vue en est le point le plus voyant. Le projet de réforme le plus récent n'est qu'un habile trompe-l'oeil. Il n'apporte aucune amélioration réelle. Plus que jamais nous restons dans une culture de l'aveu, quand le président de la République lui-même avait appelé à une « culture de la preuve ». Autre mesure des plus préoccupantes : la rétention de sûreté. Empêcher qu'un criminel endurci sorte de prison après avoir purgé sa dette est contraire à l'humanisme. C'est une manière démagogique et inefficace de répondre à des drames que je ne mésestime pas. Dans la législation actuelle, le juge se trouve dans l'obligation de motiver sa décision quand elle est bienveillante. Mais il en est dispensé quand elle est sévère. Curieuse et significative philosophie ! Les peines planchers, les mesures prises en matière de répression des mineurs sont d'autres mesures qui concourent à jeter notre pays dans cette voie dangereuse de la démagogie sécuritaire. Ces orientations n'ont pas échappé aux institutions européennes. Notre pays a été pointé du doigt à plusieurs reprises par la Cour européenne de Strasbourg. La condamnation récente à propos des Roms n'est donc pas un accident. Depuis plusieurs années, la France, pourtant si prompte à donner des leçons, se retrouve en position de cancre des droits de l'homme. Or, quand la justice boîte, c'est la démocratie qui trébuche. »