Bernard Stevens
Bernard Stevens
Les mouvements bouddhistes sont nombreux en Occident et en France particulièrement. Ils appartiennent aux diverses écoles tibétaines, aux écoles zen japonaises ou vietnamiennes ou encore au Theravâda. Cependant, il existe un mouvement, la communauté bouddhiste Triratna, un des plus importants dans le monde anglo-saxon mais ignoré en France. Or le Triratna est, parmi tous les mouvements bouddhistes, présent en Occident mais aussi en Inde, celui qui connaît la progression la plus spectaculaire. Quelles peuvent donc être les raisons de ce succès ? Voici sa présentation ainsi que celle de la figure charismatique de son fondateur : Sangharakshita.
Le terme de "monument" est ici à comprendre dans son sens élargi, soit toute oeuvre humaine qui nous vient du passé, édifice, peinture, sculpture ou parchemin. L'auteur distingue notamment sa valeur historique proprement dite de sa valeur artistique. Surtout, il est le premier à différencier sa valeur historique, voire documentaire, et sa durée, qu'il associe à notre faculté de remémoration, c'est-à-dire l'écho qu'il fait résonner en nous, au présent, par sa patine, les traces du vieillissement ou encore l'étrangeté d'un mot ou d'une tournure de phrase. Il s'agit, en un mot, de la valeur accordée au passage du temps. Ainsi maints objets deviennent des "monuments" en raison de notre goût actuel, sans qu'ils aient été initialement imaginés, à l'époque de leur conception, comme tels. Historien de l'art autrichien, Aloïs Riegl (1858-1905) a dirigé le département des textiles du Musée des arts industrielsSon oeuvre fondamentale, Questions de style, est centrée sur la question de l'ornement. Il a contribué à ouvrir le champ de l'histoire de l'art à des périodes, des supports ou des genres alors jugés "mineurs". Il pose le concept de Kunstvollen, de "vouloir d'art" et avance l'idée que l'oeuvre d'art est comprise comme une forme de pensée et l'expression d'une conception du monde.
Parmi les grands intellectuels japonais du XXe siècle, Maruyama Masao (1914-1996), historien des idées, sociologue et philosophe, est l'un des plus significatifs. Homme lucide et engagé, il n'a cessé de se battre contre toute forme d'autoritarisme ou de nationalisme. Parmi les grands intellectuels japonais du XXe siècle, Maruyama Masao (1914-1996), historien des idées, sociologue et philosophe, est l'un des plus significatifs. Homme lucide et engagé, il n'a cessé de se battre contre toute forme d'autoritarisme ou de nationalisme. 1945 est sans doute le point de départ de sa réflexion tant la guerre a été vécue comme un traumatisme. À partir de là, il a cherché à développer une conscience politique susceptible de faire face aux malheurs successifs de son pays : l'accession au pouvoir des militaires, le bombardement atomique d'Hiroshima, les luttes pour le rétablissement de la liberté face à un occupant américain. C'est dans cet esprit qu'il s'attelle à la fondation d'une véritable science politique japonaise, et qu'il entreprendra ses grands travaux sur l'histoire des idées au Japon : l'époque d'Edo et les prémisses d'une modernité autochtone, la crise identitaire de l'époque Meiji, le militarisme du XXe siècle, puis l'ambiguïté et les promesses de l'époque contemporaine. Ses analyses de l'ultranationalisme japonais se révéleront ainsi être un parfait complément aux études d'Hannah Arendt sur les totalitarismes européens. Avec lui, nous comprenons que les notions de démocratie, de modernité et d'autonomie politique ne sont pas des idéologies d'importation mais bien des valeurs universelles que le Japon a intériorisé à sa manière.
L'ouverture de Heidegger à la pensée orientale, d'abord timide, devient manifeste durant la dernière période de sa vie.Avec les interlocuteurs japonais, l'écoute se transforme en un véritable dialogue.Examinant le versant asiatique de celui-ci, surtout l'École de Kyôto, l'étude de Bernard Stevens souligne comment l'herméneutique heideggeriennne a fourni les outils grâce auxquels toute une génération de penseurs d'Orient a pu participer aux débats philosophiques contemporains, ouvrant des horizons inédits à la réflexion.Un essai d'une grande clarté, qui jette un pont solide et durable entre l'Europe et l'Asie.Ancien directeur de programme au Collège international de philosophie, Bernard Stevens est chercheur à l'université de Louvain-la-Neuve. Il est, entre autres, l'auteur d'Invitation à la philosophie japonaise (2005), et le traducteur de Qu'est-ce que la religion ? de Nishitani Keiji (2017).