Bernard Hillau
Bernard Hillau
La modernité constitue, pour chaque génération, une orientation morale guidant l'acteur social. À la fois exigence éthique et lecture des transformations historiques, elle s'inscrit dans un cadre ouvert, évoluant au gré des circonstances nouvelles tout en s'appuyant sur l'héritage des valeurs de la civilisation occidentale : la vérité dans le dire, la justice dans l'action, et le discernement dans l'appréciation du beau. Elle porte, depuis toujours, la marque tragique de l'imprévisibilité du lendemain.
L'individu-sujet joue un rôle important, bien que souvent inaperçu, d'acteur sur le changement social. Cela passe par l'originalité de son parcours de vie et des ressources pour l'action que ce parcours lui confère. Dans la première partie de l'ouvrage l'auteur présente une grille d'analyse des rapports entre parcours individuel et formation des structures communautaires auxquelles il appartient. En seconde partie, il applique cette grille aux rapports entre compétence individuelle et organisation collective dans les entreprises d'aujourd'hui. Enfin, dans une troisième partie consacrée à la formation des institutions publiques, il analyse les logiques d'acteurs qui, sous la Révolution et le Premier Empire, ont conduit à une transformation en profondeur des institutions françaises.
A travers cet ouvrage en forme de "lexique", et sur la base d'un ensemble de notions qui se renvoient les unes aux autres, l'auteur s'interroge alors sur ce qui s'interpose, en lieu et place du savoir, dans les rapports entre l'individu et la collectivité. La question de la compétence renferme en son entier la question beaucoup plus générale de la place de l'individu dans la société. L'auteur examine ainsi les rapports qui s'entrelacent, autour de l'homme de métier, entre le destin de l'individu-sujet et le devenir de la collectivité dont il est partie prenante.
L'acte éducatif ne se réduit pas à un simple transfert de connaissances: il implique tout un apprentissage des valeurs, il est le lieu d'une sensibilisation aux enjeux éthiques de l'être-ensemble. Le droit à l'éducation, cette notion cardinale de notre système éducatif, est-il effectivement mis en oeuvre? L'application équitable du droit à l'éducation est inséparable de la dimension éthique de la relation d'enseignement. Comment appréhender le paradoxe pédagogique qui veut qu'une conscience libre soit aussi une conscience éduquée ?
Dans quelle mesure la subjectivité individuelle, en particulier celle des grands dirigeants, influence-t-elle le changement historique et social ? Des caractéristiques éminentes et communes se dégagent des parcours de Charlemagne, Napoléon et de Gaulle. Chacun d'entre eux a inscrit son action politique, non seulement dans son époque, mais également au sein d'une tradition institutionnelle profonde, en vue d'apporter des transformations durables. À PROPOS DE L'AUTEUR Bernard Hillau, ingénieur de recherche, a orienté son parcours d'étude vers l'analyse du travail et l'évolution des métiers, en accordant une place de choix à la notion de compétence. Au fil du temps, sa problématique de recherche s'est axée sur le rôle de l'individualité en acte, tant dans la reproduction des institutions que dans les processus de changement historique et social.