Bénédicte Vidaillet
Bénédicte Vidaillet
Jamais le désastre écologique n'a été aussi évident. Pourquoi cette connaissance nous laisse-t-elle apathiques, incapables de réagir et encore moins de nous révolter ? Alors que face au danger de la pandémie, nous avons accepté, et même demandé, des mesures coercitives immédiates. Cet essai tranchant propose une réponse : la destructivité environnementale est inscrite au plus profond de nos inconscients. Notre adhésion au dogme du progrès ou de la croissance a été nourrie par des désirs de violence et de puissance à l'égard de la nature. S'appuyant sur de nombreuses situations concrètes, Bénédicte Vidaillet bouscule ainsi bien des évidences. Par exemple, sommes-nous sûrs de ne vouloir que du bien à nos descendants ? Ne peuvent-ils être vécus comme des rivaux risquant de nous priver de ce que nous détenons - nos modes de vie, nos privilèges, nos petits plaisirs, notre pouvoir -, de devenir « rois » à notre place, de nous tuer symboliquement ? En révélant sur quels ressorts inconscients se développe notre contribution active au désastre, cet essai montre qu'une profonde transformation psychique est nécessaire si nous voulons nous engager politiquement dans une autre voie.
Soucieuses de contribuer à une société plus démocratique et écologique, un nombre grandissant d'organisations repensent le travail, la coopération, la consommation et leurs actes concrets de gestion. Elles expérimentent, renouvellent nos imaginaires politiques et ouvrent de nouvelles voies, plus désirables. Penser l'organisation alternative ne suffit pas : l'intention se confronte vite aux réalités concrètes. Comment organiser l'alternative ? Comment matérialiser l'idée d'une entreprise sociale et inclusive dans les outils et les actes de gestion concrets ? Comment s'assurer que les pratiques de l'organisation demeurent fidèles au projet initial de démocratie, d'égalité, d'émancipation ou d'intérêt général ? Quels sont les changements institutionnels et structurels nécessaires pour que les pratiques évoluent ? C'est à ces questions que répond cet ouvrage, qui entre dans le concret, dans la « cuisine » de la gestion des organisations alternatives. Les textes présentés sont accessibles à un large public : aux citoyens engagés dans la transformation de nos sociétés, qui y puiseront inspiration et réflexion ; aux enseignants voulant montrer l'intérêt et la diversité des organisations alternatives à travers des cas approfondis ; et aux chercheurs et étudiants en gestion, en sciences des organisations, en économie et en sciences sociales plus généralement, qui y trouveront des descriptions précises d'organisations alternatives. Les cas présentés empruntent à des champs très divers : banques, mutuelles d'assurance et de santé, cabinet comptable, supermarché coopératif, espaces de coworking, coopératives, plateformes digitales, lanceurs d'alerte, recherches participatives, secteur de la santé mentale, des énergies renouvelables, etc.
L'évaluation a fait l'objet de nombreuses critiques de spécialistes du travail, ses méfaits sont connus. Pourquoi alors continue-t-elle de se développer dans tous les secteurs d'activité ? Pourquoi la plupart des personnes qui travaillent soutiennent-elles des pratiques qui finissent par leur nuire ? Cet essai passionnant propose une réponse : nous voulons être évalués. S'appuyant sur de nombreuses situations concrètes, Bénédicte Vidaillet montre que l'évaluation promet de résoudre les problématiques qui se posent à chacun de nous au travail. Ainsi semble-t-elle offrir une reconnaissance nécessaire à notre équilibre psychique quand l'actuelle logique de performance ne nous signifie que notre insuffisance ; ou nourrir notre motivation en proposant sans cesse de nouveaux défis ; ou évacuer la confrontation à l'autre, en remplaçant le conflit par la compétition. Mais l'évaluation fonctionne comme un piège : loin de les résoudre, elle ne fait qu'alimenter les besoins auxquels elle prétend répondre. En montrant sur quels ressorts psychiques l'évaluation joue pour nous séduire alors qu'elle contribue grandement à détruire notre désir de travailler et notre relation à l'autre, cet essai tranchant et fouillé donne aux salariés les moyens de cesser de s'y plier. Bénédicte Vidaillet est maître de conférences à l'université de Lille-I et psychanalyste. Ses recherches portent notamment sur la subjectivité au travail. Son précédent livre, Les Ravages de l'envie au travail (Editions d'Organisation, 2006), a reçu le prix du livre RH Sciences-Po/ Le Monde en 2007.