Beltram Carlo
Beltram Carlo
2020/2021/2022, années de la Covid avec ses alertes et ses restrictions, ses statistiques de contaminés et de morts, ses masques et ses gestes barrières, ses peurs d'aller vers l'autre, ce potentiel porteur de la maladie, la quasi-impossibilité de voyages. Enfin, sans le dire, un temps de guerre, sans coups de feu, mais qui taraude l'humain et la liberté au point de créer le doute et de l'attiser jour après jour... BONHEUR - ÉMERVEILLEMENT - ÉCRITURE, trois thèmes que l'auteur décortique pour faire d'un sourire un éclat de rire. Durant cette période, le poète s'interroge et ne renonce pas à la joie de vivre et de partager l'espoir et le rêve d'instants meilleurs, ce « CARPE DIEM » qui nous maintient debout en aiguisant les projets du « quoi qu'il arrive ». Autant dire qu'il faut sourire à la vie pour tomber amoureux et parfois même dérouler le tapis rouge de la passion, car le bonheur est accessible à tous par l'amour. Pourquoi l'émerveillement, quand on sait à quel point la vie est belle si nous y prêtons attention ? Il en va de la capacité à utiliser des mots simples pour les associer et les transposer dans notre quotidien, d'en faire un événement essentiel, résumé dans l'hypertrophie du « Waouh que la vie est belle ! » Des mots aux métaphores, des paraboles aux réalités, le rêve est le moteur de nos propres errances et le lien direct avec le voyage à réinventer pour le partage.
« Mais la délivrance qui soulage fut encore plus douce à la Terre... De sa naissance, la source ne s'en souviendra pas ! La source découvrit le ciel, barbota dans sa vase, clapota dans ses écumes puis d'un grand coup de reins fila rapidement vers la vie dans un sillon à peine entamé et qu'elle devait continuer à tracer... C'est ainsi que, dans les collines de Juvigné, un fleuve nouveau prit sa source. Une seule issue lui importait désormais, celle de la liberté mystérieuse et rebelle ! » De sa source à l'océan, La Vilaine, dotée d'un nom peu flatteur, vit, porteuse de révolte et d'espoir, en revendiquant son droit à la liberté. Au cours de ses méandres, elle se rebelle, s'indigne et s'effarouche de la bêtise humaine. Pour la demoiselle de Juvigné, à laquelle il s'identifie, Beltram Carlo se fait poète et compose le portrait d'Ar Gwilen comme une allégorie, en hommage à la fougue cristalline et mystérieuse de ce cours d'eau devenu fleuve.
L'instant présent moissonne le Misérable, laisse derrière lui les graines que les insectes se disputent au vent qui passe. Aucune prétention à aimer les liqueurs qui enivrent et éveillent en nos sens les chants amoureux, aucun poème ventriloque qui ne se joue de nous ! Somnoler au présent, rêver au présent, peindre l'aube avec une fin de lune, allumer un feu pour rougir le crépuscule, le silence ouvre des brèches ! Le jour, ô sagesse, chante la parole qui enseigne sous le saule pleureur, toujours au présent ! Le lointain est le but de la saison prochaine et qu'importe les chardons, les roses ont aussi leurs guêpes ! Là-bas, c'est l'horizon, sa richesse est comme ruée vers l'or, il suffit d'avaler ses lueurs, elles sont comme rosée ! Le temps est un invité au présent et ce haïku se drape assis sur un banc. Il faut cueillir le présent sous l'aile qui nous couve !