Bachir Kerroumi
Bachir Kerroumi
S'arracher à la terre des siens, n'est pas la fin de l'existence ; Cela ouvre la perspective de s'approprier un horizon augurant de promesses. La douleur de l'exil nous aspire vers l'univers des songes. Se sentir doublement exilé élargit ma vision du monde. Nous sommes tous des exilés, de quelque part, de quelque chose, ou de soi-même. Être poussé par une force intérieure à quitter sa famille, un lieu, fissure nos croyances et nos attaches. On parle dans ce cas, de (blessures). Certes, il y a de cela dans notre perception. Mais la subjectivité est telle, qu'on s'aveugle de certitudes. L'essentiel est en nos liens humains, si fragiles. Que nos sentiments s'apaisent devant les épreuves, notre volonté l'exige.
Et si le design devenait le langage commun de l'inclusion ? Le design universel n'est pas seulement une méthode de conception accessible à tous : c'est une vision humaniste du monde, où chaque objet, chaque espace, chaque service est pensé pour être utilisable par toutes et tous, sans exclusion. Dans cet essai clair et stimulant, Bachir Kerroumi explore les fondements, les enjeux et les perspectives d'un design inclusif, participatif et durable. En s'appuyant sur des expériences concrètes et des réflexions interdisciplinaires, il montre comment le design universel peut transformer nos modes de vie, nos institutions et nos politiques publiques. Parce qu'une société inclusive est avant tout un projet collectif, cet ouvrage invite designers, chercheurs, urbanistes, éducateurs, décideurs et citoyens à repenser ensemble la manière de concevoir pour tous, à la croisée de l'éthique, de la créativité et du bien commun.
En France, les institutions de la République, les juridictions, les autorités administratives indépendantes, les groupements d'intérêt public (les maisons départementales des personnes handicapées !) n'ont ni l'obligation de recruter des personnes handicapées, ni celle de verser d'amende à un fonds d'insertion... Cette anomalie est le révélateur, parmi tant d'autres, d'une ségrégation de facto de millions de personnes vivant avec un handicap. Les auteurs de cet ouvrage, tous deux non-voyants, dénoncent la complexité imposée par le modèle médical du handicap, centré sur les incapacités du patient objet de soins, pour maintenir un monopole abusif du ministère de la Santé sur des millions de citoyens. Ils analysent et illustrent ce que doivent être de bonnes pratiques valorisant les personnes handicapées dans le domaine de l'éducation, l'emploi, les politiques publiques, l'innovation sociale, etc. Pour redonner aux personnes handicapées leur dignité et l'accès aux droits fondamentaux, il faut un modèle social du handicap, centré sur la personne vivant en toute autonomie au coeur de la société. La France cessera alors d'être le pays des avancées théoriques, pendant que les progrès concrets se font ailleurs.
'Je viens d'un monde ou l'adolescence n'existe pas. L'insouciance qui, d'habitude, protcge les enfants d'une réalité âpre nous quittait trop vite. Je l'avais ressenti trcs tôt, peut-etre dcs l'âge de dix ans, dans les regards de mes camarades. Chaque mois qui passait voyait disparaître un peu de l'innocence qui pétillait dans nos yeux. [...] Partir loin, trcs loin, l´r ou nous aurions de quoi manger ´r tous les repas ; l´r ou nous pourrions mettre des habits propres tous les jours ; l´r ou nous aurions de l'eau ´r profusion pour nous laver et boire jusqu'´r plus soif...' Le narrateur grandit dans un quartier pauvre d'Oran. Il considcre qu'il n'a pas d'avenir dans une société ou la miscre le dispute ´r la corruption. ´R quinze ans, pret ´r affronter tous les périls, il part pour la France, ou il vit d'expédients en expédients la vie des sans-papiers. Aprcs deux ans de galcre, ´r un moment ou son sort semble s'améliorer, un voile rouge s'abat sur ses yeux. ´R la cruauté de l'exil s'ajoute celle du handicap, mais une volonté hors du commun, un don inné des mathématiques lui permettront de dépasser la double douleur de la cécité et du rejet par une société trop souvent xénophobe. Il découvre alors la richesse de la littérature, la force de l'amour et se fait l'auteur de son propre destin. Écrit dans une langue simple et nerveuse, traversée parfois d'éclairs de poésie, Le voile rouge est un récit brut, dont la dureté, jamais gratuite, reste toujours au plus prcs d'une humanité profonde.
'Je viens d'un monde ou l'adolescence n'existe pas. L'insouciance qui, d'habitude, protcge les enfants d'une réalité âpre nous quittait trop vite. Je l'avais ressenti trcs tôt, peut-etre dcs l'âge de dix ans, dans les regards de mes camarades. Chaque mois qui passait voyait disparaître un peu de l'innocence qui pétillait dans nos yeux. [...] Partir loin, trcs loin, l´r ou nous aurions de quoi manger ´r tous les repas ; l´r ou nous pourrions mettre des habits propres tous les jours ; l´r ou nous aurions de l'eau ´r profusion pour nous laver et boire jusqu'´r plus soif...' Le narrateur grandit dans un quartier pauvre d'Oran. Il considcre qu'il n'a pas d'avenir dans une société ou la miscre le dispute ´r la corruption. ´R quinze ans, pret ´r affronter tous les périls, il part pour la France, ou il vit d'expédients en expédients la vie des sans-papiers. Aprcs deux ans de galcre, ´r un moment ou son sort semble s'améliorer, un voile rouge s'abat sur ses yeux. ´R la cruauté de l'exil s'ajoute celle du handicap, mais une volonté hors du commun, un don inné des mathématiques lui permettront de dépasser la double douleur de la cécité et du rejet par une société trop souvent xénophobe. Il découvre alors la richesse de la littérature, la force de l'amour et se fait l'auteur de son propre destin. Écrit dans une langue simple et nerveuse, traversée parfois d'éclairs de poésie, Le voile rouge est un récit brut, dont la dureté, jamais gratuite, reste toujours au plus prcs d'une humanité profonde.