Anastasia Meidani
Anastasia Meidani
À l'aube de la quarantaine, Antal Szerb avait écrit cette farce politique loufoque, qui est tout aussi bien une fable existentielle. Oliver VII contient, comme de juste, une morale - ou plutôt, à dire vrai, plusieurs. À chacun de choisir la sienne ! Le Monde diplomatique –; Depuis qu'il a quitté l'Alturie, il se trouve que le roi n'est accessible que par mon intermédiaire. C'est moi qui ai initié sa Majesté aux secrets de la vie, confia Saint-Germain avec un sourire subtil. –; Alors, droit au fait : je suis un homme d'affaires. En haut lieu, on n'aspire qu'à voir Oliver VII reconquérir le trône et signer l'accord qui était prévu avec la Nordlande et moi-même. –; Naturellement, M. Coltor. Nous avons reçu, aujourd'hui, un rapport de notre correspondant en Nordlande. –; De Nordlande ? Alors la princesse Ortrud se trouve au Lido, également incognito ? –; Effectivement, elle est ici. Sandoval prit peur. Où Saint-Germain allait-il dégotter une princesse ? Stupéfait, il ne dit mot. –; C'est magnifique ! marmonna le comte. Une partie royale commence, Sandoval. Nous allons arnaquer le plus grand escroc qui soit sur Terre. –; Et qu'y a-t-il à gagner ? –; Pour l'instant, je n'en sais rien. Nous aurons le temps de penser plus tard à ces détails matériels. Mille possibilités se bousculent dans mon esprit. Mais l'essentiel, jeune homme, c'est la beauté et le plaisir du jeu. Un roi qui ne voulait pas être roi, mais qui comprit que L'histoire nous enseigne que les rois doivent simplement partir de temps en temps en voyage, tout comme les maris, afin qu'on ne se lasse pas d'eux. Venise, la fantaisie, le rire telles des bulles de champagne, et une pointe de Lubitsch Touch : c'est ce que nous offre l'irrésistible Oliver VII d'Antal Szerb.
Face à l'allongement de la longévité et à l'entrée massive ces prochaines années des baby-boomers dans le grand âge, il est important d'améliorer les savoirs sur les dynamiques de vieillissement. C'est l'ambition de cet ouvrage, porté par des travaux internationaux réunissant sociologues et professionnels de soins. Il développe et enrichit la réflexion autour des expériences du vieillir à partir du concept de déprise. La déprise désigne un travail d'aménagement du parcours de vie qui s'appuie sur une série de tentatives de substitution d'activités ou de relations. Elle suppose une tension entre le sentiment des limites, corporelles et cognitives, et la volonté d'assurer une continuité identitaire mais aussi un désir de s'assurer une présence différente au monde. À contrecourant d'approches réductionnistes, âgistes et sexistes, qui ont construit une image négative du vieillissement, les auteurs, canadiens, français, allemands, suisses, rendent compte de ces « arts de faire » qui questionnent l'inscription des aînés dans le temps et l'espace, le rapport à soi et aux autres mais aussi les disparités sociales et genrées. Ce tour d'horizon montre bien la nécessité de considérer les spécificités socioculturelles et politiques dans l'analyse des différentes figures du vieillir. Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation MUTAC, sous l'égide de la Fondation de l'Avenir.