Avec Langage et absurde, Olivier introduit un renversement étrange : le langage n’est plus ce par quoi la communication peut se faire, il est la conséquence de l’impossibilité de communiquer. On ne parlera donc plus du langage de l’absurde, car le langage est le lieu de l’absurde. [...] Le cœur de l’essai réside peut-être dans cette question : pourquoi tant vouloir régler, normaliser, ce langage in-signifiant de l’absurde qui veut énoncer sans signifier ?
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Langage et absurde
Et si le langage, au lieu de relier les hommes, révélait surtout leur incapacité à communiquer ? Langage et absurde explore cette hypothèse audacieuse, où le mot devient le lieu même de l'absurdité et de l'échec.
Le projet d'une sémiotique in-signe, une manière de " détruire " le langage, existe sous des formes variées, même si ce n'est pas sous celle d'un savoir institué. Des poètes, des " fous", se sont attaqués au langage pour le détruire, avant qu'ils ne le soient eux-mêmes par lui. De cette expérience nous gardons les traces d'un combat terrible et d'une défaite humiliante. Ils ne sont pas parvenus à détruire le langage, malgré une sagacité hors du commun face à lui. L'entreprise est apparue insensée car plusieurs y ont rencontré la mort. C'est dire que détruire n'est pas une de ces tâches dont on s'acquitte facilement : elle met en balance sa propre existence. Mais il y a au moins une autre expérience possible du langage, une expérience limite, celle de l'insensibilité, de l'insensé et de l'ignorance, qui reconduit le soi au bord de lui-même où il se dessaisit de ce qu'il vient de dire et met en question le pouvoir même d'énoncer. Le langage n'est, là, soumis à aucune exigence, n'étant porteur d'aucune médiation. Il n'est entremetteur de rien, ni échange réciproque ni arbitrage. La communication ne semble pas passer, la relation promise et espérée ne s'établit pas. On entre alors au coeur du langage, au plus profond de lui, là où il se refuse à lui-même. C'est cette expérience que nous allons privilégier dans l'étude de l'absurde.» (L.O.)
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Lawrence Olivier est professeur de science politique à l’université du Québec à Montréal, ainsi que professeur associé en philosophie et en sémiologie. Spécialiste de la pensée de Michel Foucault, il s’intéresse aux limites du langage, à la déconstruction du sens, et aux expériences marginales de la communication. Ses travaux, publiés notamment aux éditions Liber, explorent les zones où le langage se refuse à lui-même, comme dans Langage et absurde, où il développe le concept de sémiotique in-signe.
newsmode Revue de presse
Le projet d’une sémiotique in-signe, une manière de « détruire » le langage, existe sous des formes variées, même si ce n’est pas sous celle d’un savoir institué. Des poètes, des « fous », se sont attaqués au langage pour le détruire, avant qu’ils ne le soient eux-mêmes par lui. De cette expérience, Olivier garde les traces d’un combat terrible et d’une défaite humiliante.
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