Je ne sais pas de cas littéraire plus intéressant que L’Éducation sentimentale, dont la fortune a été si singulière auprès du public, et qui opère sur moi une action si forte. Lui seul a le développement large de la vie, sans que jamais l’effet ne soit exagéré, en vue d’un agrandissement de l’ensemble.
L'éducation sentimentale
1840, Paris. Frédéric Moreau, jeune bachelier idéaliste, débarque dans la capitale avec des rêves plein la tête : gloire, amour, réussite.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Gustave Flaubert est né à Rouen le 12 décembre 1821 et mort à 59 ans à Croisset, lieu-dit de la commune de Canteleu, le 8 mai 1880. Avec Victor Hugo, Stendhal, Balzac et Zola, il est considéré comme l'un des plus grands romanciers français du XIXe siècle. Flaubert se différencie par sa conception du métier d'écrivain et la modernité de sa poétique romanesque. Prosateur de premier plan de la seconde moitié du XIXe siècle, Gustave Flaubert a marqué la littérature universelle par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société. La force de son style se révèle dans de grands romans comme Madame Bovary (1857), Salammbô (1862), L'Éducation sentimentale (1869) ou le recueil de nouvelles Trois Contes (1877).
Gustave Flaubert
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Gustave Flaubert (1821–1880) est l’un des plus grands écrivains français du XIXe siècle, souvent considéré comme le maître du réalisme. Né à Rouen, il se consacre très tôt à la littérature, cherchant la perfection stylistique dans chacune de ses œuvres. L’éducation sentimentale, publié en 1869, est le fruit d’une longue maturation et d’une réflexion sur sa propre génération, marquée par les échecs politiques et sociaux. Flaubert y déploie une ironie mordante et une précision descriptive qui ont influencé des générations d’écrivains, de Marcel Proust à Franz Kafka.
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Rarement chef-d’œuvre fut accueilli aussi froidement. On reprocha à Flaubert son titre, la médiocrité de ses personnages, ses partis pris artistiques, ses trop fréquentes descriptions ; certains allèrent même jusqu’à trouver son style mauvais ou d’une qualité douteuse. Pourtant, George Sand et Zola le défendirent avec fougue, reconnaissant son génie.
Par éducation sentimentale, il faut selon l’écrivain, entendre l’éducation qui conduit à nier la légitimité, la réalité même du sentiment dans ce qu’il a de fécond, de pur et d’élevé. Les derniers mots du livre sont en quelque sorte la démission des hommes qui ont vécu sous l’empire : dégoût de tout, impuissance à tout, voilà à quoi ils aboutissent.