Midi-Pyrénées
Midi-Pyrénées
Filtre
En 1609, dans la région de Bayonne, les confins du royaume de France avaient la réputation d'être une terre de sorcières. Aussi, à la demande du parlement de Bordeaux, Henri IV créa-t-il une Commission royale munie des pleins pouvoirs pour expurger la région de ses sorcières et, accessoirement, de ses sorciers. Car la sorcellerie était une affaire de femmes ! Le juge de Lancre, conseiller au parlement de Bordeaux et dont les origines doivent être cherchées dans le Pays Basque va sévir sans faiblesse contre la sorcellerie, tant il est convaincu que le Diable, avec la permission de Dieu, s'efforce de subvertir la chrétienté. Il s'attaque, avec les moyens de l'époque, dont la torture judiciaire, aux sorcières qui sont dénoncées. Ce qui entraîne le retour des pêcheurs qui revenaient, les bateaux chargés de morue, ou qui se livraient à la chasse à la baleine jusqu'aux jusqu'à la limite des eaux de l'Arctique. Dès lors de Lancre, prudent, change de proie et poursuit les membres du clergé eux-mêmes malgré la protection de leur évêque. Mais comme des incendies ont détruit les archives qui font état des procès, nous restons dans l'expectative. Quel fut le poids réel de la répression exercée par Pierre de Lancre ? Quelques chiffes sûrs mais aussi des incertitudes...
Le Pic du Midi de Bigorre, que l'on croyait être la plus haute cime des Pyrénées, devient dès la Renaissance un terrain de prédilection pour des savants et parfois au péril de leur vie ! Cartographes, botanistes, physiciens, météorologues et astronomes y ont écrit des pages importantes des sciences : étude du rayonnement cosmique et de particules venus du fin fond du cosmos, cartographie de la surface lunaire, observation des comètes, des planètes et des corps qui composent l'univers, découverte d'un nouveau satellite de Saturne... Sentinelle en avant de la chaîne, dominant majestueusement la plaine du haut de ses 2877 m. , il est un site majeur du pyrénéisme. Gravi depuis plus de 5 siècles, par des artistes, des lettrés et des érudits, les témoignages ne manquent pas pour découvrir l'histoire de ce grand site pyrénéen désormais accessible à tous.
Ville la plus méridionale des Pyrénées centrales, point de franchissement du massif, lieu de villégiature prisé, Bagnères-de-Luchon revêt des identités multiples. Son nom renvoie à sa double identité de bourg commingeois en même temps que de lieu de soin par les eaux sulfureuses chaudes qui y émergent. Au gré des siècles, c'est l'un ou l'autre de ces aspects qui a pris le pas et présidé aux évolutions de la cité. Le thermalisme, à partir de l'action décisive de l'intendant d'Etigny à la fin du XVIIIe siècle, puis, au XXe siècle, les sports d'hiver, lui ont donné une audience nationale. Les vallées qui y convergent et leurs sites remarquables ont fasciné les Pyrénéistes au XIXe siècle et contribué à sa renommée. Tout cela méritait bien qu'on s'y attarde, chose faite avec cette Petite histoire de Bagnères-de-Luchon.
Lot-et-Garonne, 1851 : une jeune Agenaise de 25 ans s’embarque pour l’Amérique, devenant journaliste, romancière et première féministe.
L'Argentine a été la destination de dizaines de milliers de Pyrénéens dont les historiens retrouvent des traces grâce aux registres des agents d'émigration installés au Pays Basque ou en Béarn. Arrivés à bon port, les immigrés ont consacré de longues heures à décrire aux familles restées en Europe, la nouvelle vie dans la Pampa. Les lettres rédigées sur de modestes bouts de papier, ont été gardées comme des trésors pendant des décennies. Les feuillets jaunis transcrits du village d'Ordiarp ou du bourg de Lucq sont ainsi des exemples des correspondances oubliées dans les greniers que les chercheurs décryptent. Comme le montrent la dizaine d'auteurs du livre dirigé par Isabelle Tauzin-Castellanos et Benat Cuburu-Ithorotz, les réseaux informels, les liens de parenté et de cousinage ont favorisé les départs qui concernaient aussi bien des professionnels aguerris comme les travailleurs des métiers du cuir, que des jeunes femmes en quête d'une liberté, loin de la ferme ancestrale. Pour celles qui ont à peine fréquenté les bancs de l'école, « L'Amérique » est promesse d'indépendance au nord comme au sud du continent. Le Nouveau Monde a inspiré d'autres fois la mélancolie des poètes de la diaspora basque chantres d'une terre natale bienheureuse, où la pauvreté était compensée par la solidarité. Aujourd'hui, les associations de descendants d'émigrés se sont développées en Béarn, au Pays basque ou dans les autres territoires comme la Corse, les Alpes, l'Aveyron ou l'Alsace, avec une forte émigration au XIXe siècle. Ces groupements bénévoles, consacrés à la généalogie, ont acquis une solide expérience et apportent de précieux conseils pour tisser les liens et entreprendre ensuite le grand voyage dont rêvent les descendants des deux côtés de l'Atlantique. Les auteurs de L'émigration basque et béarnaise en Amérique : histoires familiales en construction, espèrent que la lecture des différents chapitres de ce livre aidera à franchir le pas pour retrouver les lointains cousins et recomposer la mosaïque des histoires familiales transatlantiques
Cette étude est le fruit d'une réflexion menée sur l'historiographie d'une vallée pyrénéenne, la vallée d'Aure dans les Hautes-Pyrénées. Si les écrits ne sont pas des témoins d'une histoire rigoureuse, ils témoignent de représentations collectives et des structures mentales des sociétés. L'apport de la civilisation romaine dans l'Antiquité, les énigmatiques Arrevasces, les invasions, les tours à signaux, les seigneurs impitoyables, les templiers, les pèlerins jacquaires du Moyen-Age et même les cagots sont autant de thèmes qui ont fasciné des auteurs et continuent de séduire un large public.
En 2013, dans l'enceinte de la prestigieuse abbaye de Moissac est apparue, dans un état de conservation exceptionnel, la chapelle Notre-Dame de Lemboulary. Datée du XIIe siècle, c'est l'église secondaire de l'abbaye, la plus importante après l'église abbatiale. Cette topographie des lieux, tout comme la configuration générale de cet édifice, ne doivent rien au hasard. Entre infirmerie et salle capitulaire, Notre-Dame de Lemboulary s'avère être au centre d'une circulation ritualisée au sein de l'abbaye.
Une chronologie des événements marquants du Roussillon, notamment la découverte archéologique de l'homme de Tautavel (Pyrénées-Orientales), le retour des pieds-noirs en 1962. « Copyright Electre »
Tartas fut, depuis son origine, une vicomté et la réputation de sa citadelle en fit une ville imprenable malgré d'innombrables sièges. Elle s'illustra par de nombreux conflits, mais ses puissants moyens de défense lui permirent de résister. La cité de Tartas revient dans le royaume de France après la fameuse jornada du 24 juin 1442, mais les guerres de religion semèrent de nouveaux troubles, suivies par la révolte des Princes et l'occupation du château fort. À la fin du XIXe, de réelles mutations économiques apparaissent avec la construction de routes et l'arrivée du chemin de fer. Puis au cours du XXe, l'industrie du bois devient le moteur principal de l'économie. La ville s'honore aussi par bon nombre de serviteurs zélés, militaires de haut rang, juristes renommés, artistes depuis l'Ancien Régime jusque dans notre monde contemporain.
Le Béarn, en tant qu'entité juridique et politique, n'a existé qu'entre le Xe siècle et 1620. C'est peu, eu égard à la profondeur historique de cette terre et des hommes qui l'ont peuplée, et au vif sentiment béarnais constamment exprimé depuis, et encore aujourd'hui. Qu'il nous soit permis enfin de réaffirmer que faire de l'histoire locale, dans notre esprit, ne revient nullement à s'enfermer dans un petit coin de « province », à se recroqueviller... On peut le faire en ouvrant sur le monde des fenêtres aussi larges que lorsqu'on fait de l'histoire dite « nationale ». En somme, faire l'histoire du Béarn n'implique pas un rétrécissement du champ de conscience, mais simplement un changement de point de vue, de point d'ancrage pour regarder le monde. Or, pourquoi le monde vu d'ici serait-il plus petit que le monde vu d'ailleurs.