Le livre de Musa Sroor sur les fondations waqf et leur évolution pendant une période charnière – qui débute avec la promulgation du Code foncier ottoman et s’achève avec la fin de la domination ottomane en Palestine – vient fort à propos contrer la mode renouvelée par l’ouvrage de Timur Kuran, The Long Divergence: How Islamic Law Held Back the Middle East.
Fondations pieuses en mouvement
Jérusalem, fin du XIXe siècle : derrière l’image d’une tradition immuable, les waqfs – ces fondations pieuses réputées inaliénables – deviennent l’enjeu de stratégies juridiques, politiques et économiques audacieuses.
Musa Sroor
shield_question Foire aux questions
person_edit À propos de l'auteur
Né à Ramallah en 1970, Musa Sroor est un historien spécialiste de l’histoire moderne du Proche-Orient. Il a obtenu son doctorat en 2005 à l’Université d’Aix-Marseille, sous la direction de Randi Deguilhem. Depuis 2007, il est directeur du Département d’histoire et d’archéologie à l’Université de Birzeit (Palestine), où il enseigne l’histoire contemporaine et encadre la formation en histoire au niveau master. Son ouvrage Fondations pieuses en mouvement est issu de sa thèse et fait autorité sur la question des waqfs à Jérusalem sous l’Empire ottoman.
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Parce qu’il défriche un terrain peu connu et peu exploité, Musa Sroor a dû faire preuve d’une grande générosité dans cet ouvrage. Il s’y consacre tout d’abord à recenser les propriétés waqf-s de la ville de Jérusalem, à en dresser un tableau complet et à répertorier les biens de rapport (maisons de location, pressoirs, moulins…) qui les finançaient.
Il démontre ensuite que la pratique des juristes à l’égard des waqf-s pendant la période en question était tout à fait conforme à la théorie hanéfite, à l’exception près de « quelques abus » qui transforment le statut de certaines fondations « de façon illégale et contraire aux lois musulmanes… » (p. 143).