L’originalité de Voltaire réside dans le recours à l’ironie qui confère au conte une densité et une richesse d’interprétation participant pleinement à sa pérennité. L’ironie fait sortir Candide du contexte strictement littéraire par la critique sociale qui s’y inscrit : la fiction pour Voltaire est un chemin privilégié pour donner à voir la société dans ses goûts et ses usages.
Date de parution
29 juillet 2012
Éditeur
Kinoscript
Caractéristiques techniques
Langue
Français
ISBN 13
9782367530055
Format
Epub
Protection
Pas de protection
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Candide
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1759, Westphalie. Candide, jeune homme naïf, est chassé du paradis artificiel où il a grandi avec la belle Cunégonde et son mentor Pangloss, adepte de l’optimisme béat.
Les éditeurs parisiens, et avec eux, les professeurs de Lettres, présentent généralement Candide comme l'oeuvre d'un écrivain des Lumières, d'un intellectuel engagé, contre l'intolérance religieuse, politique et guerrière. Contre le racisme, les coutumes absurdes et le conservatisme aristocratique. Bref, un modèle d'ironie et de sarcasmes bien placés. Le genre de type et de texte qui vous bouleverse une société à lui seul.
En fait, on peut lire Candide autrement. Sans arrière-pensées. Sans sérieux et suffisance. Pour le plaisir de lire un texte frappeur et draconien contre le genre humain.
Un conte philosophique qui multiplie l'humour farcesque, voire salasse : qu'on se rappelle du début programmatique. Candide est le bâtard d'une incartade amoureuse de la soeur du baron; quelques lignes plus tard, la jeune Cunégonde surprend le prof de philo, Pangloss, en train de livrer un assaut amoureux à une servante; et le chapitre se termine par un coup de pied dans les fesses de Candide, qui a tenté de reproduire ce que Cunégonde a vu des ardeurs "philosophiques" de Pangloss... Ajoutez à cela que Cunégonde semble vouloir battre des records en multipliant ses aventures sexuelles - de bon ou de mauvais grès - et vous vous ferez une idée véritable de Candide qui n'a rien d'un livre pour innocents.
C'est une parodie de ce genre littéraire bien en vogue au XVIIIe, le roman picaresque, où un pauvre erre devient le jouet du destin, qui fait de lui tout et son contraire, le hissant au sommet de la société pour le jeter tout en bas, gros jean comme devant. Il faut donc se méfier de lire dans Candide ce qu'on aimerait bien y voir. Voltaire se moque de tout et de tout le monde. Même le fameux chapitre 19, Le Nègre de Surinam, n'est pas aussi univoque qu'on le dit. L'auteur renvoie dos à dos la monstruosité des esclavagistes et la servitude volontaire des esclaves, stupide dans leur immobilisme. Bien-sûr Leibniz, Rousseau, Frédéric II, Emilie du Châtelet, la maîtresse de Voltaire, tout le monde en prend pour son grade.
La présente édition reprend le texte original paru en 1759 à Genève aux Editions Princeps
A relire de toute urgence pour avoir sur l'existence un regard toujours critique, mais jamais sérieux.
Voltaire
Voltaire, de son vrai nom François-Marie Arouet, né le 21 novembre 1694 à Paris où il meurt le 30 mai 1778, est un écrivain et philosophe français d'esprit libéral, jouissant de son vivant d'une célébrité internationale et considéré aujourd'hui comme une figure emblématique et centrale des Lumières.
Féru d'arts et de sciences, ami et collaborateur des encyclopédistes, Voltaire marque son époque par sa production littéraire et ses engagements politiques. Son influence sur les classes éduquées est considérable dans les décennies qui précèdent la Révolution française et tout au long du XIXe siècle, en particulier dans les milieux bourgeois anticléricaux.
Adversaire implacable des religions révélées, déiste ou théiste, il dénonce dans son Dictionnaire philosophique le fanatisme religieux de toutes les époques, tant en France que dans d'autres pays. Mettant sa notoriété au service des victimes de l’intolérance religieuse ou de l’arbitraire, il prend position dans des affaires qu’il a rendues célèbres : Calas, Sirven, celles du chevalier de La Barre et du comte de Lally-Tollendal.
Partisan d’une monarchie modérée et libérale éclairée par les « philosophes », il a pour modèle le système britannique de gouvernement issu de la révolution de 1688, qu'il a pu observer directement lors de son séjour anglais de 1726 à 1728. Il croit un moment trouver dans les « despotes éclairés » (Frédéric de Prusse et Catherine de Russie) des princes modèles. Il est en revanche méfiant à l'égard du régime républicain, à la différence de Rousseau, citoyen de la république de Genève.
Pour le XVIIIe siècle, Voltaire est avant tout poète. On le désigne comme « l'auteur de La Henriade » (du nom de son poème épique à la gloire d'Henri IV), et ses tragédies (ou « poèmes dramatiques ») assurent sa renommée littéraire à l'égal d'un Racine ou d'un Corneille : Œdipe, sa première pièce, est un triomphe sous la Régence ; Zaïre est certainement le plus grand succès de théâtre de son siècle. De nos jours, ce sont plutôt ses contes philosophiques qui sont retenus par la mémoire scolaire : Candide ou l'Optimisme au premier chef, Zadig, Micromégas, L'Ingénu ou encore La Princesse de Babylone. Épistolier infatigable, sa correspondance monumentale est estimée à quarante mille lettres, dont quinze mille nous sont connues.
Également historien, titulaire à partir de 1746 d'une charge officielle d'historiographe du roi, il est l'auteur dans ce domaine d'une œuvre importante qui comprend notamment l'Histoire de Charles XII, Le Siècle de Louis XIV, le Précis du siècle de Louis XV, et l'Essai sur les mœurs, ouvrages comptant parmi les premiers essais historiques modernes. Sa philosophie de l'histoire fait de lui un précurseur du déterminisme historique du XIXe siècle et de l'histoire culturelle au XXe siècle.
Anglomane, à son retour de Londres, Voltaire diffuse dans ses Lettres philosophiques des idées alors méconnues en France : le système de l'attraction universelle de Newton, l'empirisme de Locke, ainsi que le théâtre de Shakespeare, au sujet duquel il se montre ambivalent.
Tout au long de sa vie, Voltaire fréquente les grands de ce monde et les monarques, tout en se trouvant souvent aux prises avec les autorités politiques, ce qui le conduit à la Bastille à deux reprises dans sa jeunesse, et, par la suite, à une série d'exils : d'abord l'Angleterre, ensuite dans la commune de Cirey auprès d'Émilie du Châtelet, puis à la cour de Prusse où il se brouille avec Frédéric II avant de fuir Berlin en 1753. Après plusieurs mois d'errance, interdit de rentrer à Paris, il se réfugie aux Délices dans le territoire de Genève. Il acquiert en 1759 le domaine de Ferney, à la frontière entre le royaume de France et la république de Genève. Revenu à Paris en 1778, après une absence de près de vingt-huit années, il y est ovationné par ses admirateurs et y meurt quelques semaines plus tard à 83 ans.
Voltaire aime le confort, les plaisirs de la table et de la conversation qu’il considère, avec le théâtre, comme l’une des formes les plus abouties de la vie en société. Il acquiert une fortune considérable dans des opérations spéculatives, surtout dans la vente d'armes et dans celle de ses ouvrages, ce qui lui permet de s’installer en 1759 au château de Ferney et d'y vivre sur un grand pied, tenant table et porte ouvertes. Le pèlerinage à Ferney fait partie en 1770-1775 du périple de formation des classes supérieures européennes sympathisant avec le parti philosophique. Investissant ses capitaux, il fait du village misérable de Ferney une petite ville prospère. Généreux, d'humeur gaie, il est chicanier, parfois féroce et mesquin avec ses adversaires comme Jean-Jacques Rousseau, Crébillon ou Lefranc de Pompignan.
Les révolutionnaires de 1789, partisans de la monarchie constitutionnelle, voient en lui un précurseur, plus qu'en Rousseau, de sorte qu'il est panthéonisé en 1791, le deuxième après Mirabeau. À l'initiative du marquis de Villette qui l'a hébergé durant son séjour à Paris, le « quai des Théatins » où l'écrivain est mort est rebaptisé « quai Voltaire ». Sa popularité est moindre auprès du gouvernement montagnard de 1793-1794, Robespierre étant un admirateur de Rousseau.
Il est célébré par la IIIe République : dès 1870, à Paris, un boulevard, une impasse et une place portent son nom. Sa personne et ses combats ont alimenté, au XIXe siècle, les passions antagonistes des adversaires et des défenseurs de la laïcité de l’État et de l’école publique, et, au-delà, de l’esprit des Lumières.
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shield_question Foire aux questions
Candide est bien plus qu’un simple conte : c’est une œuvre majeure du siècle des Lumières, où Voltaire utilise l’ironie et l’humour pour critiquer l’optimisme aveugle, le fanatisme religieux, l’esclavage et les inégalités sociales. Ce livre, à la fois drôle et profond, invite à réfléchir sur la condition humaine et la recherche du bonheur dans un monde imparfait. Sa lecture reste d’une actualité frappante, notamment pour son appel à l’esprit critique et à l’action concrète.
Le conte aborde des thèmes universels : la critique de l’optimisme philosophique (représenté par Pangloss), la dénonciation des injustices sociales (guerre, esclavage, intolérance religieuse), la quête du bonheur, et la remise en question des dogmes. Voltaire y explore aussi la liberté, la tolérance, et la nécessité de cultiver son propre jardin, métaphore d’un bonheur construit par l’effort et la raison.
Candide s’adresse à tous les publics : aux lycéens et étudiants pour son aspect pédagogique et sa place centrale dans les programmes scolaires, aux amateurs de littérature pour son style vif et satirique, et à quiconque s’intéresse à la philosophie, à l’histoire des idées ou à une réflexion sur le monde contemporain. Son accessibilité en fait aussi un excellent point d’entrée dans la pensée des Lumières.
Avec ce smartbook, vous pourrez interroger le texte sur : les analyses des personnages (Candide, Pangloss, Cunégonde, Martin, etc.), les références historiques (tremblement de terre de Lisbonne, esclavage, Inquisition), les thèmes philosophiques (optimisme, libre arbitre, malheur), ou encore les procédés littéraires (ironie, satire, parabole). Vous pourrez aussi demander des éclaircissements sur des passages clés ou des comparaisons avec d’autres œuvres de Voltaire.
person_edit À propos de l'auteur
Voltaire (1694–1778), de son vrai nom François-Marie Arouet, est l’un des plus grands écrivains et philosophes du siècle des Lumières. Figure majeure de la pensée française, il a marqué son époque par son engagement en faveur de la tolérance, de la liberté d’expression et de la justice. Auteur prolifique, il a écrit des contes philosophiques, des essais, des pièces de théâtre et une correspondance immense. Candide, publié en 1759, est son œuvre la plus célèbre : ce conte satirique, à la fois drôle et profond, incarne son combat contre l’obscurantisme et les abus de pouvoir.
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29 juillet 2012
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