Cahiers Charlevoix 12
Explorez les mutations identitaires et linguistiques de l'Ontario français à travers six études inédites. Cahiers Charlevoix 12 offre un éclairage savant sur la francophonie canadienne, entre héritage et modernité.
Simon Laflamme publie l'affidavit qui a été utilisé par le Commissariat aux langues officielles pour appuyer la cause qu'il défendait contre la Société Radio-Canada. À la suite des compressions budgétaires de 2009 dont elle avait été victime, la société d'État réduisait fortement sa programmation à la station de radio Cbef de Windsor.
Yves Frenette propose un regard comparatif de l'historiographie dans trois aires de la francophonie canadienne entre 1970 et 2000. Au cours de cette période de transition, les identités traditionnelles acadienne et canadienne-française déclinent progressivement au profit de nouvelles identités francophones provincialisées.
Julie Boissonneault se penche sur la perception qu'on a de la langue des Franco-Ontariens. La langue française parlée en Ontario fait souvent l'objet d'un discours dépréciatif qui établit la compétence des Franco-Ontariens à l'aune de leurs manquements au français de référence. Or, ce discours, qui ne tient pas compte de l'enjeu de la variation interne de toute langue et des processus naturels d'évolution des parlers, nourrit des représentations à l'égard du parler qui sont souvent partielles ou fausses et qui, en retour, peuvent mener à un sentiment d'incompétence chez le locuteur franco-ontarien.
Ali Reguigui inscrit son étude dans le cadre de la phonétique articulatoire et de la sociophonétique, fondée sur les données d'un questionnaire sociolinguistique recueillies auprès de sujets franco-ontariens. Il examine le cas de la consonne roulée alvéolaire voisée /r/ du latin, qui a persévéré en ancien français et moyen français jusqu'au xviie siècle dans les centres urbains, et jusqu'au XVIIIe siècle en général pour se faire remplacer par la consonne roulée uvulaire voisée, communément qualifiée de grasseyée et marquée comme variante de prestige Marcel Bénéteau fait le bilan de la chanson traditionnelle française en Ontario et trace son évolution dans le temps et l'espace. L'auteur décrit le travail qu'il a entrepris pour déterminer en premier lieu en quoi consiste le répertoire de l'Ontario français ; à cette fin, il précise quelles sont ses balises historiques et géographiques (où et quand le répertoire s'est-il implanté sur le territoire ?) et ce qu'il comprend au juste (combien de chansons ? quelles chansons ? quelles catégories de chansons ?).
Jean-Pierre Pichette verse un nouveau chapitre au dossier de la transposition des récits oraux dans des oeuvres littéraires. À l'analyse des écrits destinés à la jeunesse de l'écrivaine Marie-Rose Turcot (Cahiers Charlevoix 3) et de l'ethnologue Marius Barbeau (Cahiers Charlevoix 4), il ajoute l'examen des « petits contes drolatiques » qu'un autre écrivain d'Ottawa, Régis Roy (1864-1944), a publiés entre 1906 et 1928.
Michel Bock a compilé dans la « Chronique » les faits saillants survenus depuis la parution du dernier volume et les nouvelles des membres reliées à leurs activités professionnelles. Nous y joignons le compte rendu des activités récentes de la Société des Dix que son secrétaire, Fernand Harvey, a préparé à notre intention.
Publié en français
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person_edit À propos de l'auteur
Les Cahiers Charlevoix sont le fruit du travail collectif de la Société Charlevoix, un regroupement d'universitaires et de chercheurs spécialisés dans l'étude de l'Ontario français. Fondée en 1992, cette société rassemble des experts de diverses disciplines (histoire, linguistique, ethnologie, littérature) autour d'un objectif commun : documenter et analyser la richesse culturelle, linguistique et sociale des communautés francophones de l'Ontario. Les auteurs de ce douzième volume, tous membres actifs de la société, apportent ici des contributions originales issues de leurs recherches récentes, offrant un panorama actualisé des enjeux contemporains et historiques de la francophonie ontarienne.