Louis-Antoine De Bougainville
Louis-Antoine De Bougainville
Voyage autour du monde Louis Antoine de Bougainville Texte intégral. Cet ouvrage a fait l'objet d'un véritable travail en vue d'une édition numérique. Un travail typographique le rend facile et agréable à lire. Voyage autour du monde est le journal de voyage de Louis Antoine de Bougainville, marin et militaire, qui mena en 1766-1769, sous l'impulsion de Louis XV et de son Premier ministre Choiseul, une expédition autour du monde avec les vaisseaux La Boudeuse et l'Étoile. Cette expédition embarquait plusieurs scientifiques : botaniste, naturaliste et astronome. Le récit, outre les péripéties du voyage, dresse des descriptions détaillées de la colonie espagnole de ce qui deviendra l'Argentine, des populations et des paysages de la Patagonie, de Tahiti, des possessions hollandaises en Asie du Sud-Est (la future Indonésie). Ce récit frappa ses contemporains par son portrait d'une société tahitienne guidée par la quête du plaisir où l'homme est délivré de la tyrannie du travail. Diderot, révolté de la lecture de ce livre écrit Supplément au voyage de Bougainville lui aussi resté fameux. Source :
Bougainville Louis-Antoine de - Voyage autour du monde : Louis-Antoine de Bougainville était un explorateur et navigateur, premier français à avoir réalisé un tour du monde. Voyage autour du monde est le récit de cette expédition réalisée de 1766 à 1769. Un voyage riche en découvertes géographiques et ethniques mais aussi scientifiques, de Bougainville étant accompagné de quelques scientifiques de qualité. Entre le départ de Brest et le retour à Saint-Malo, de Bougainville est notamment passé par le rio de la Plata en Argentine, le Brésil, les îles Malouines où il participera l'installation d'une première colonie, le détroit de Magellan et la terre de Feu, une étape particulièrement instructive à Tahiti avant de rejoindre Batavia aux mains des Hollandais, puis retour via le cap de Bonne Espérance. Un récit à la fois instructif et passionnant qui nous aide a bien comprendre ce que pouvait être une expédition de navigateurs au 18e siècle. Les risques et difficultés sont très nombreux, nécessitant beaucoup de compétences, de courage et de détermination pour arriver à ses fins, et éviter les pires déboires : techniques de navigation rudimentaires, cartes marines incomplètes et contenant des erreurs, les aléas de la météo, la casse et les bateaux à réparer, l'isolement, les difficultés d'approvisionnement, de stockage et de conservation des aliments, ce qui a pour effet de provoquer carences et maladies comme le scorbut, les rencontres parfois hostiles. Aussi de Bougainville, en plus d'être un explorateur et un navigateur très compétent, est un écrivain talentueux. Très respectueux bien que marqué de son époque et de ses termes, il nous permet ainsi de vivre des moments passionnants dans la peau d'un explorateur du 18e siècle. « J'ai répondu, et je réponds ici une fois pour toutes, que je n'ai point choisi : l'insulaire venu en France avec moi s'est embarqué sur mon vaisseau de sa propre volonté, je dirai presque contre la mienne. Assurément j'aurais regardé comme un crime d'enlever un homme à sa patrie, à ses pénates, à tout ce qui faisait son existence, quand bien même j'aurais imaginé que la France adopterait et qu'il n'y resterait pas à ma charge. [...] Il y est resté onze mois, pendant lesquels il n'a témoigné aucun ennui. L'empressement pour le voir a été vif, curiosité stérile qui n'a servi presque qu'à donner des idées fausses à des hommes persifleurs par état, qui ne sont jamais sortis de la capitale, qui n'approfondissent rien, et qui, livrés à des erreurs de toute espèce, ne voient que d'après leurs préjugés et décident cependant avec sévérité et sans appel. [...] Cependant, quoique Aotourou estropiât à peine quelques mots de notre langue, tous les jours il sortait seul, il parcourait la ville, et jamais il ne s'est égaré. Souvent il faisait des emplettes, et presque jamais il n'a payé les choses au-delà de leur valeur. Le seul de nos spectacles qui lui plût était l'opéra, car il aimait passionnément la danse. Il connaissait parfaitement les jours de ce spectacle ; il y allait seul, payait à la porte comme tout le monde, et sa place favorite était dans les corridors. Parmi le grand nombre de personnes qui ont désiré le voir, il a toujours remarqué ceux qui lui ont fait du bien, et son coeur reconnaissant ne les oubliait pas.»