Constance Arminjon hachem
Constance Arminjon hachem
Le nouveau régime iranien va-t-il a¿ contre-courant de la modernité, comme on le pense généralement ? Comment appréhender la fusion des pouvoirs religieux et politique, institutionnalisée en Iran par la " guidance du juriste " ? C'est cet évènement inédit, doctrinal et institutionnel, qu'explore cet ouvrage, dépassant les apparentes antinomies entre le religieux et le politique et mesurant le renouvellement sans précédent du droit et de la pensée chiite.La nouvelle constitution de 1979 constitue ici un épisode important et significatif : dans quel cadre l'action du juriste religieux doit-elle s'appliquer ? Ce juriste dispose-t-il des mêmes pouvoirs que le Prophète et les Imâms ? Le pouvoir et la souveraineté sont-ils enracinés dans le peuple ? Tels sont quelques-uns des termes du débat que Constance Arminjon restitue et analyse dans toute sa complexité. La fondation de la République islamique d'Iran a donné aux clercs les moyens de ne plus être les témoins passifs d'une modernité perçue comme exogène et a constitué une de leurs réponses aux contraintes menaçant l'institution religieuse. Au-delà du cas iranien, l'auteur prend en compte l'importance des clercs d'Iraq et l'originalité du chiisme libanais. C'est ainsi tout un laboratoire politique et une modernité religieuse plurielle et paradoxale, que nous présente cet ouvrage.
Les nombreuses réaffirmations de l'orthodoxie musulmane, comme les multiples attentes politiques et sociales concernant une "réforme" de la religion, dissimulent pour une large part le rythme et les motifs de la pensée théologique contemporaine en islam. Cette enquête, qui situe la "nouvelle théologie" dans le temps long, s'attache à en retracer l'essor depuis la fin des années 1980. Elle met en lumière les problèmes clés autour desquels s'organisent les réflexions des principaux théologiens égyptiens, iraniens et turcs de Nasr Hâmid Abû Zayd et Hasan Hanafî, à Ömer Özsoy et Ilhami Güler, en passant par Abd ol-Karîm Sorûsh, Mohammad Mojtahed Shabestarî, Mohsen Kadîwar et Mostafâ Malekiyân. Procédant à un inventaire critique des savoirs religieux, cette constellation d'auteurs contribue en effet à redéfinir la foi et l'expérience religieuse, à repenser les rapports entre l'islam et les autres religions, voire à redéfinir la nature et le statut du Coran, proposant de la sorte diverses voies pour refonder la dogmatique. Plongée érudite et passionnante dans l'évolution doctrinale de l'islam de ces dernières décennies, cette histoire polyphonique parvient à nous faire entendre ces mélodies nouvelles au sein d'une ligne classique encore dominante.