Carole Reynaud-Paligot
Carole Reynaud-Paligot
Assistons-nous au retour en force du racisme ? Montée de l'extrême droite dans les pays européens, discours anti-migrants de part et d'autre de l'Atlantique, débats sur l'identité nationale et critique du multiculturalisme... La question raciale a envahi notre quotidien. Face à cette dé
Assistons-nous au retour en force du racisme ? Montée de l'extrême droite dans les pays européens, discours anti-migrants de part et d'autre de l'Atlantique, débats sur l'identité nationale et critique du multiculturalisme... La question raciale a envahi notre quotidien. Face à cette dé
Ce volume rassemble Race, racisme et antiracisme dans les années 1930 et La République raciale (1860-1930), entièrement mis à jour, consacrés tous deux à l'inscription d'une culture raciale en France au XIXe et premier XXe siècle. La première partie de l'ouvrage étudie la culture raciale, présentant une vision hiérarchisée et inégalitaire du genre humain, qui a été largement présente des années 1860 aux années 1920, lau sein de la communauté savante et politique, du monde colonial et des sciences humaines et sociales en général. L'auteure montre comment cette anthropologie raciale s'est largement inscrite dans l'idéologie républicaine. Dans la seconde partie, Carole Reynaud-Paligot poursuit l'étude de la pensée raciale dans la France des années 1930. Elle met en lumière la persistance d'approches différencialistes et inégalitaires dans la communauté savante comme dans le monde colonial et analyse un certain nombre de mythes à l'oeuvre dans ces approches.
À partir des années 1850, une véritable « internationale raciologique » voit le jour au sein des sociétés occidentales : des sociétés savantes apparaissent, des cours sont dispensés, des revues et des ouvrages sont publiés, des musées exposent des collections de crânes, des cerveaux momifiés aux côtés d'objets ethnologiques. Cette science s'installe au moment où les identités collectives prennent comme référence centrale la nation, au moment où s'affirment et s'exacerbent les identités nationales des États occidentaux. La science des races apporte ainsi sa contribution à la construction des identités nationales au sein des nations occidentales, contribuant à une véritable racialisation des identités dans des États très différents : les anciens États-nations (France et Grande-Bretagne), les vieux Empires multiculturels (Autriche-Hongrie, Russie tsariste puis soviétique), les États-nations en formation tels que l'Allemagne ou encore la Turquie kémaliste.