Jules de Goncourt
Jules de Goncourt
Pendant vingt ans, Flaubert et frères Goncourt échangèrent des lettres extrêmement précieuses pour comprendre, certes, les " créatures " contradictoires, changeantes et vulnérables, mais surtout les grands artistes qu'ils furent tous trois. " Qui révélera mieux que la lettre autographe la tête et le coeur de l'individu ? [...] Seule la lettre autographe sera le confessionnal où vous entendrez le rêve de l'imagination de la créature, ses tristesses et ses gaîtés, ses fatigues et ses retours, ses défaillances et ses orgueils, sa lamentation et son inguérissable espoir. " Par ces quelques lignes de la préface de leurs Portraits intimes du XVIIIe siècle les frères Goncourt, grands amateurs et collectionneurs d'autographes s'il en est, révèlent tout le prix qu'ils attachent aux correspondances. Et de fait, celle qu'ils échangèrent avec leur ami, maître et rival Flaubert au long d'une relation de vingt ans (1860-1880), se révèle, en écho et en opposition parfois à leur célèbre Journal, extrêmement précieuse pour comprendre, certes, les " créatures " contradictoires, changeantes et vulnérables, mais surtout les grands artistes qu'ils furent tous trois, artistes qui considéraient la littérature comme un véritable sacerdoce et se percevaient comme les derniers représentants d'un art " pur ", sacré, à l'abri du mercantilisme et de la " blague " moderne : " La pure littérature, le livre qu'un artiste fait pour se satisfaire, me semble un genre bien près de mourir. Je ne vois plus de véritables hommes de lettres, de sincères et honnêtes écrivains que Flaubert et nous " ( Journal, 9 août 1868). Cette correspondance est aussi éminemment instructive (et complète en cela de façon irremplaçable le Journal) pour la connaissance du champ littéraire sous le Second Empire et la compréhension des sociabilités d'écrivains, penseurs et artistes.
Découvrez les perles acerbes et les fulgurances des frères Goncourt, extraites de leur célèbre Journal.
« Une femme au centre du cyclone. » Derrière l'icône figée par l'Histoire se révèle une femme de chair, de passions et de contradictions. À travers archives, témoignages et récits contemporains, ce portrait vivant de Marie-Antoinette retrace son ascension fulgurante à la cour de Versailles, ses relations, ses choix controversés et les scandales qui ont nourri sa légende noire. Des fastes de Trianon aux intrigues politiques, le lecteur découvre le quotidien intime d'une souveraine observée, jugée et progressivement isolée au coeur d'un royaume en crise. Les frères Goncourt éclairent les dernières années d'un règne marqué par la défiance, la rumeur et la violence révolutionnaire. Ils dévoilent une trajectoire humaine, faite de fragilité, d'orgueil et de courage face à l'effondrement du monde qu'elle incarnait. Entre biographie historique, enquête sur les mentalités et récit poignant des derniers jours, cet ouvrage offre une immersion saisissante dans la vie privée, les scandales et le destin tragique d'une reine devenue mythe. Un livre essentiel pour comprendre Marie-Antoinette au-delà des clichés, et redécouvrir, au plus près des sources, la chute d'une souveraine au coeur de la Révolution française. « Une femme au centre du cyclone. » Derrière l'icône figée par l'Histoire se révèle une femme de chair, de passions et de contradictions. À travers archives, témoignages et récits contemporains, ce portrait vivant de Marie-Antoinette retrace son ascension fulgurante à la cour de Versailles, ses relations, ses choix controversés et les scandales qui ont nourri sa légende noire. Des fastes de Trianon aux intrigues politiques, le lecteur découvre le quotidien intime d'une souveraine observée, jugée et progressivement isolée au coeur d'un royaume en crise. Les frères Goncourt éclairent les dernières années d'un règne marqué par la défiance, la rumeur et la violence révolutionnaire. Ils dévoilent une trajectoire humaine, faite de fragilité, d'orgueil et de courage face à l'effondrement du monde qu'elle incarnait. Entre biographie historique, enquête sur les mentalités et récit poignant des derniers jours, cet ouvrage offre une immersion saisissante dans la vie privée, les scandales et le destin tragique d'une reine devenue mythe. Un livre essentiel pour comprendre Marie-Antoinette au-delà des clichés, et redécouvrir, au plus près des sources, la chute d'une souveraine au coeur de la Révolution française. ?À PROPOS DES AUTEURS Les frères Goncourt figurent parmi les auteurs français les plus influents du XIXe siècle. Collaborant étroitement jusqu'à la mort prématurée de Jules en 1870, ils ont révolutionné le roman français par leur approche documentaire et leur style d'écriture novateur. Pionniers du naturalisme littéraire, ils ont exploré avec minutie la société de leur époque, des milieux populaires aux salons aristocratiques. Leur oeuvre se distingue par une observation psychologique fine et une recherche stylistique constante. Edmond de Goncourt a fondé l'Académie Goncourt, qui décerne depuis 1903 le prestigieux prix littéraire portant leur nom.
L'ouvrage titré 'L'Exploration de la Pauvreté à travers Cinq OEuvres Classiques' est une anthologie qui examine les aspects variés de la pauvreté à travers une tapisserie littéraire riche. Les oeuvres incluses, dotées de styles allant du naturalisme poignant au romantisme vibrant, capturent les expériences des démunis et des marginalisés. Des pièces mémorables dissipent les illusions de la richesse apparente pour exposer les réalités de la misère humaine, chacune apportant un regard unique et incisif sur les luttes sociales. En tant que collectif, cette anthologie dépeint une mosaïque essentielle de la condition humaine. Les auteurs contribuant à cette collection proviennent de traditions littéraires riches et diversifiées. Influencés par les mouvements du réalisme et du naturalisme, Zola et Vallès illustrent les conditions sombres de la vie urbaine. De leur côté, Dickens et Hugo offrent une perspective plus romanesque et symbolique des inégalités socio-économiques. Leurs voix combinées, renforcées par l'approche critique de Goncourt, construisent un panorama littéraire qui s'aligne sur les préoccupations socio-politiques du XIXe siècle, contribuant à une compréhension approfondie du thème universel de la pauvreté. Pour les lecteurs avides d'explorer la complexité du thème de la pauvreté, cette anthologie représente une occasion inestimable. Elle propose une fenêtre sur un monde souvent caché par le vernis social. Par la diversité des approches et des styles, elle favorise une réflexion profonde et stimulante. Les oeuvres rassemblées créent un dialogue intergénérationnel et interculturel, incitant les lecteurs à examiner et même à questionner leurs propres perspectives face aux inégalités sociales abordées par ces auteurs iconiques. C'est une exploration littéraire qui enrichit autant qu'elle instruit.
Edmond de Goncourt (1822-1896) Jules de Goncourt (1830-1870) "- Sauvée ! vous voilà donc sauvée, mademoiselle ! fit avec un cri de joie la bonne qui venait de fermer la porte sur le médecin, et, se précipitant vers le lit où était couchée sa maîtresse, elle se mit avec une frénésie de bonheur et une furie de caresses à embrasser, par-dessus les couvertures, le pauvre corps tout maigre de la vieille femme, tout petit dans le lit trop grand comme un corps d'enfant. La vieille femme lui prit silencieusement la tête dans ses deux mains, la serra contre son coeur, poussa un soupir, et laissa échapper : - Allons ! il faut donc vivre encore ! Ceci se passait dans une petite chambre dont la fenêtre montrait un étroit morceau de ciel coupé de trois noirs tuyaux de tôle, des lignes de toits, et au loin, entre deux maisons qui se touchaient presque, la branche sans feuilles d'un arbre qu'on ne voyait pas." Germinie possède une bonne place chez une vieille fille, Mlle de Varandeuil qu'elle affectionne. Mais elle tombe amoureuse du fils de la crémière : Jupillon, un garçon dépravé... Commence alors une lente déchéance.
Poète de l'Art d'aimer du temps », voilà comment les Goncourt définissent Jean-Honoré Fragonard (1732-1806), un des artistes les plus importants de sa génération, qui a pourtant failli plonger dans l'oubli, dépassé par l'influence grandissante du mouvement néo-classique dans la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Peintre de l'amour et de la volupté, il a également donné naissance à une oeuvre riche et plurielle ; peintures historico-mythologiques, scènes galantes et religieuses, portraits et paysages, le génie de Fragonard ne connaît ni école ni contrainte. De son geste rapide et aérien, il capture l'essence de son époque, une douceur de vivre et une insouciance propres à l'Ancien Régime, illustrant de la plus belle des manières un certain esprit français, à la fois raffiné et décadent.
BnF collection ebooks - "Un peu plus loin, grimpait un interne de la Pitié, en casquette, avec un livre et un cahier de notes sous le bras. Et presque à côté de lui, sur la même ligne, un ouvrier en redingote, revenant d'enterrer un camarade au Montparnasse, avait encore, de l'enterrement, trois fleurs d'immortelle à la boutonnière." BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.
« La Bourgeoisie n'est plus au dix-huitième siècle le monde d'affranchis et d'enrichis, sans droits et sans nom, à la bourse duquel le Roi et la guerre sont obligés de recourir. De règne en règne, elle a grandi. Peuple sous Philippe le Bel, elle est le troisième corps ou ordre de l'État sous Philippe de Valois. Et de Philippe de Valois à Louis XV, elle gagne tout, elle mérite tout, elle achète tout, elle monte à tout ; vérité méconnue, et pourtant attestée par tous les faits. Henri IV, Richelieu, Louis XIV l'élèvent contre la noblesse ; et chaque jour du siècle qui commence à la mort de Louis XIV, pour finir à la Révolution, élargit sa place dans l'État et lui apporte une domination nouvelle. Elle remplit les douze parlements, les cours des aides, les chambres des comptes. Les emplois de judicature et de plume, les sénéchaussées et les bailliages lui sont dévolus. Elle a dans l'armée le quart des officiers ; elle a dans l'Église un nombre prodigieux de cures, de canonicats, de chapelles, de prébendes, d'abbayes séculières. L'administration est son patrimoine. Elle fournit les commissaires des guerres, les chefs des divers bureaux, les employés des vivres, des ponts et chaussées, les commis de tout genre. De l'avocat jusqu'au chancelier, la magistrature lui appartient absolument. Toutes les secrétaireries d'État semblent son apanage. Le ministère et les conseils d'administration, depuis le subdélégué jusqu'à l'intendant, depuis les maîtres des requêtes jusqu'aux sous-ministres, sont sa propriété et son héritage. Mais au-dessus de cette autorité directe, au-dessus de l'accaparement des emplois, de l'envahissement des charges, de l'exercice et de la possession de presque tous les pouvoirs de l'État, le Tiers Ordre du Royaume trouvait dans son génie et dans ses aptitudes la source d'une influence moins immédiate, mais plus haute encore et plus considérable. Toutes les gloires bien-aimées de la France, le plus grand éclat de ce siècle, les arts, les lettres, lui apportaient leur popularité, et lui donnaient le gouvernement moral de l'opinion publique. Et ce n'était point encore assez pour cette domination du Tiers État, dont 1789 ne devait être que la reconnaissance et la consécration légale. Cet Ordre de l'argent, né de l'argent, grandi et parvenu par l'argent, monté aux charges par la vénalité des charges, régnait par cette carrière d'argent, le commerce : un commerce dont la balance de quarante-cinq millions était en faveur de la France. » Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Découvrez l’œuvre complète des frères Goncourt, pionniers du naturalisme et auteurs d’un Journal aussi mordant que fascinant.
La salle est haute et vaste. Elle est longue, et se prolonge dans une ombre où elle s'enfonce sans finir.Il fait nuit. Deux poêles jettent par leur porte ouverte une lueur rouge. De distance en distance des veilleuses, dont la petite flamme décroît à l'oeil, laissent tomber une traînée de feu sur le carreau luisant. Sous leurs lueurs douteuses et vacillantes, les rideaux blanchissent confusément à droite et à gauche contre les murs, des lits s'éclairent vaguement, des files de lits apparaissent à demi que la nuit laisse deviner.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
La bourgeoisie donnant au Roi pour la première fois une maîtresse déclarée. - Intérieur de la Reine Marie Leczinska. - Mademoiselle Poisson. - Son éducation de virtuose. - Ses talents et ses grâces. - Son mariage avec M. Lenormant d'Étiolés. - La bonne aventure de madame Lebon. - Rencontres de madame d'Étioles avec le Roi dans la forêt de Sénart. - Le bal masqué de l'Hôtel de Ville en février 1745. - L'évêque de Mirepoix menaçant de faire chasser Binet.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Paris, 1852. Derrière les rideaux des théâtres se cachent des intrigues, des passions et des secrets que seuls les plus fins observateurs peuvent percer.
Paris, 1750. Derrière les apparences de la société des Lumières se cache un monde où la femme, souvent méprisée à sa naissance, devient pourtant l’âme des salons, l’arbitre des modes et la maîtresse des cœurs.
Paris, 1886. Autour d’une table du café de la Régence, cinq hommes en habits colorés débattent avec passion de musique, d’art et de société.
SAUVÉE ! vous voilà donc sauvée, mademoiselle ! - fit avec un cri de joie la bonne qui venait de fermer la porte sur le médecin, et, se précipitant vers le lit où était couchée sa maîtresse, elle se mit, avec une frénésie de bonheur et une furie de caresses, à embrasser, par-dessus les couvertures, le pauvre corps maigre de la vieille femme, tout petit dans le lit trop grand comme un corps d'enfant.La vieille femme lui prit silencieusement la tête dans ses deux mains, la serra contre son coeur, poussa un soupir, et laissa échapper : - Allons !
En 1858, quand paraît Histoire de Marie-Antoinette, le nom de Goncourt n'est encore qu'un balbutiement. Edmond n'a pas encore fait publier ses romans les plus célèbres. Ce n'est qu'après la mort de ce celui-ci, en 1896, que finira de paraître Le journal, oeuvre témoignage d'une vie et de son siècle. Naturaliste, l'oeuvre des Goncourt, privilégie le document. Soucieuse de vérité, leur littérature réclamait une précision toute historienne. C'est très certainement là, dans l'oeuvre préparatoire aux livres qu'ils rêvaient d'écrire, que les deux frères ont pris goût à l'Histoire. Pionnière, la biographie qu'ils consacrent à Marie-Antoinette est résolument moderne. Cernant à merveille les complexités du personnage ; ayant compris l'ironie cruelle du destin de Marie-Antoinette : femme capricieuse, icône superficielle, égérie triste ; puis, pour finir, héroïne courageuse lorsque sonne le malheur ; les deux frères dressent un portrait nuancé de la souveraine. En décalage avec son temps, femme mal à l'aise à la cour, conseillère mal inspirée de son mari, Marie-Antoinette ne cessa d'être en décalage, vis-à-vis de ses contemporains, puis, plus tard, vis-à-vis de ses commentateurs. Amoureux du personnage, au sens littéral du terme ; soucieux de réhabilitation ; inclinant, par idéologie, vers les thèses royalistes ; les frères laissent à la postérité un livre terriblement actuel. Femme maltraitée par sa propre naissance, fillette tout juste bonne à marier, reine légère, femme se sauvant par la maternité, héroïne suicidaire et suicidée, c'est ce portait que dresse les deux frères. À contre-courant des livres la faisant ange ou diablesse ; bien plus subtils que tous autres biographes avant eux, Edmond et Jules Goncourt révolutionnent complètement ce qu'il faut penser de ce personnage légendaire.
Henri est le Chef dévoué du Relais fleuri, un bistrot traditionnel qui régale ses clients de plats généreux. Sous les yeux subjugués de son fils Julien, il élabore des recettes que sa femme consigne dans un cahier. Mais un jour, celle-ci quitte la maison sans explication. Henri décrète alors que jamais Julien ne deviendra cuisinier. En cachette, le jeune homme poursuit son rêve et dans sa quête, il lui faudra démêler les secrets de famille et comprendre pourquoi Henri a laissé partir sa femme sans un mot...
Henri est le Chef dévoué du Relais fleuri, un bistrot traditionnel qui régale ses clients de plats généreux. Sous les yeux subjugués de son fils Julien, il élabore des recettes que sa femme consigne dans un cahier. Mais un jour, celle-ci quitte la maison sans explication. Henri décrète alors que jamais Julien ne deviendra cuisinier. En cachette, le jeune homme poursuit son rêve et dans sa quête, il lui faudra démêler les secrets de famille et comprendre pourquoi Henri a laissé partir sa femme sans un mot...
Les frères Goncourt ont laissé à la postérité deux monuments, qui ont quelque peu éclipsé leurs romans : le prix littéraire qui porte leur nom, et leur Journal. Celui-ci commence le 2 décembre 1851, jour du coup d'État de Napoléon III, et s'achève à la mort d'Edmond, en 1896. C'est une inestimable mine d'informations sur la vie littéraire, artistique et politique du XIXe siècle. Habités par un idéal de vérité et de transparence, ils s'y montrent d'une lucidité sans concession, jusqu'à en être fielleux. Ils ne cessent d'exposer leurs contemporains, révélant les secrets, moquant les ridicules. Leur Journal est comme un réseau social avant l'heure. Brouillant la frontière du dicible et de l'indicible, ils racontent le sexe, la mort, la violence du temps. Secrétaires de leurs perceptions, sensations, humeurs - et de celles des autres -, ils redéfinissent la notion d'intimité. Ce tombeau littéraire que les deux frères, hantés par la mort, ont édifié pour leur gloire est aussi le mémorial de leurs contemporains. Il est temps de redécouvrir ces témoins capitaux que furent les Goncourt.
Les frères Goncourt ont laissé à la postérité deux monuments, qui ont quelque peu éclipsé leurs romans : le prix littéraire qui porte leur nom, et leur Journal. Celui-ci commence le 2 décembre 1851, jour du coup d'État de Napoléon III, et s'achève à la mort d'Edmond, en 1896. C'est une inestimable mine d'informations sur la vie littéraire, artistique et politique du XIXe siècle. Habités par un idéal de vérité et de transparence, ils s'y montrent d'une lucidité sans concession, jusqu'à en être fielleux. Ils ne cessent d'exposer leurs contemporains, révélant les secrets, moquant les ridicules. Leur Journal est comme un réseau social avant l'heure. Brouillant la frontière du dicible et de l'indicible, ils racontent le sexe, la mort, la violence du temps. Secrétaires de leurs perceptions, sensations, humeurs - et de celles des autres -, ils redéfinissent la notion d'intimité. Ce tombeau littéraire que les deux frères, hantés par la mort, ont édifié pour leur gloire est aussi le mémorial de leurs contemporains. Il est temps de redécouvrir ces témoins capitaux que furent les Goncourt.
Nous savons de Newton qu'il fut celui qui découvrit la gravité, grâce au fameux mythe de la pomme tombée de l'arbre, propagé malicieusement par Voltaire. Nous savons moins quelle fut sa vie et c'est là le propos de James Gleick : nous faire mieux connaître ce génie qui s'intéressa à la fois aux mathématiques, à la physique et à l'astronomie. Au-delà d'un portrait historique, Gleick décortique l'abondante correspondance et les nombreux carnets non publiés de Newton pour souligner l'importance de ses travaux dans le domaine de la physique, de l'optique et de l'arithmétique, mais aussi de la théologie et de la philosophie. Il s'intéresse également à la personnalité et aux conflits intérieurs de l'homme : ses idées, ses ambitions, mais aussi sa discrétion, sa solitude, son refus des critiques, brossant ainsi un portrait à la fois fidèle et chaleureux de celui qui est à l'origine de la conception moderne du monde. « Dans un style clair, concis et ne manquant pas de poésie, Gleick nous donne ici une superbe biographie condensée d'un des génies les plus incontestés de la science et une de ses figures les plus troublantes. » Extrait de la préface de Trinh Xuan Thuan
Célèbres pour leur Journal et leurs biographies des maîtresses royales et des grandes actrices du XVIIIe siècle, les Goncourt comptent aussi parmi les plus grands romanciers naturalistes. De 1860 à 1870, les deux frères ont écrit six romans à quatre mains, qui sont ici réunis pour la première fois.Les romans des " bichons ", comme les appelait Flaubert, leur grand admirateur, sont des études de cas. Ils n'ont, en apparence du moins, aucun lien entre eux. Avec une précision de cliniciens, les auteurs analysent les caractères, les moeurs, les comportements, les singularités, les extravagances de quelques figures, qui représentent de manière exemplaire les traits les plus saillants, les travers les plus criants et les monstruosités les plus affligeantes de leur époque. Les Hommes de lettres voient un auteur se débattre à en devenir fou dans la jungle de la vie littéraire, où seule commande la loi du succès acheté à n'importe quel prix. Manette Salomon présente le milieu non moins frelaté du monde de l'art et des ateliers. Soeur Philomène et RenéeMauperin suivent le destin de deux jeunes femmes que la quête d'une vérité personnelle et un désir d'authenticité font quitter le monde. Germinie Lacerteux est l'histoire stupéfiante de la double vie de leur propre bonne, servante attentionné le jour et créature méconnaissable la nuit. Madame Gervaisais, enfin, montre que le mysticisme peut pousser une conscience jusqu'à l'hystérie. " Un des caractères les plus particuliers de nos romans, ce sera d'être les romans les plus historiques de ce temps-ci, ceux qui fourniront le plus de faits et de vérités vraies à l'histoire morale de ce siècle ", notent les deux frères dans leur Journal, le 14 janvier 1861.
Servante auprès de la très pieuse et respectable Mlle de Varandeuil, Germinie tombe amoureuse de Jupillon, un dépravé notoire, et lui consacre toutes ses économies. Criblée de dettes, rejetée avec violence par son amant, elle sombre dans une vie de débauche et d'ivrognerie. À la mort de leur domestique, Rose Malingre, les frères Goncourt découvrent avec effroi qu'elle partageait sa vie entre alcool, orgies et culpabilité dévorante. Ébranlés par cette révélation, ils décident d'écrire un drame misérable, d'une banalité tragique : celui du peuple, jusqu'alors tenu à l'écart de la littérature. « Ce livre vient de la rue », revendiquent-ils en 1864 dans la préface de Germinie Lacerteux, dont le ton cru, clinique, déclencha une vague de dégoût sans précédent chez ses lecteurs. À travers ce roman scandaleux, le naturalisme fait une entrée fracassante en littérature, et y insuffle déjà le frisson moderne.
Servante auprès de la très pieuse et respectable Mlle de Varandeuil, Germinie tombe amoureuse de Jupillon, un dépravé notoire, et lui consacre toutes ses économies. Criblée de dettes, rejetée avec violence par son amant, elle sombre dans une vie de débauche et d'ivrognerie. À la mort de leur domestique, Rose Malingre, les frères Goncourt découvrent avec effroi qu'elle partageait sa vie entre alcool, orgies et culpabilité dévorante. Ébranlés par cette révélation, ils décident d'écrire un drame misérable, d'une banalité tragique : celui du peuple, jusqu'alors tenu à l'écart de la littérature. « Ce livre vient de la rue », revendiquent-ils en 1864 dans la préface de Germinie Lacerteux, dont le ton cru, clinique, déclencha une vague de dégoût sans précédent chez ses lecteurs. À travers ce roman scandaleux, le naturalisme fait une entrée fracassante en littérature, et y insuffle déjà le frisson moderne.
Voici l'histoire de la splendeur et de la décadence d'un homme de lettres et d'un homme du siècle, Charles Demailly, triste héros qui, après avoir tenté trois fois sa chance, dans le journalisme, la littérature et le mariage, finit son existence dans un asile de fous. Dans ce roman à clés paru en 1860, les frères Goncourt s'attaquent à la bohème littéraire, incarnée par la presse à scandale - ce «monde carotteur de la pièce de cinq francs», affairiste et malhonnête, qu'ils dénoncent dans leur Journal. En mettant en scène, sous des noms d'emprunt, leurs contemporains - Théodore de Banville, Théophile Gautier, Jules Barbey d'Aurevilly ou encore Gustave Flaubert -, ils nous plongent dans l'intimité d'un cercle de lettrés. Ils dressent, enfin, une véritable cartographie du plaisir parisien, et nous promènent dans les théâtres, les bals et les cafés, partout où règne la «blague», parole vide et gonflée d'air comme la blague à tabac qui lui a donné son nom. Si Charles Demailly déchaîna les foudres des critiques - Adolphe Gaïffe s'opposa à sa parution, «au nom de l'honneur des lettres et de la considération du journalisme » -, il n'en demeure pas moins une pièce fondatrice de l'oeuvre des Goncourt. Ainsi que l'écrivait George Sand aux deux frères : «Votre livre est très beau, et vous avez un grand, un énorme talent. »
Voici l'histoire de la splendeur et de la décadence d'un homme de lettres et d'un homme du siècle, Charles Demailly, triste héros qui, après avoir tenté trois fois sa chance, dans le journalisme, la littérature et le mariage, finit son existence dans un asile de fous. Dans ce roman à clés paru en 1860, les frères Goncourt s'attaquent à la bohème littéraire, incarnée par la presse à scandale - ce «monde carotteur de la pièce de cinq francs», affairiste et malhonnête, qu'ils dénoncent dans leur Journal. En mettant en scène, sous des noms d'emprunt, leurs contemporains - Théodore de Banville, Théophile Gautier, Jules Barbey d'Aurevilly ou encore Gustave Flaubert -, ils nous plongent dans l'intimité d'un cercle de lettrés. Ils dressent, enfin, une véritable cartographie du plaisir parisien, et nous promènent dans les théâtres, les bals et les cafés, partout où règne la «blague», parole vide et gonflée d'air comme la blague à tabac qui lui a donné son nom. Si Charles Demailly déchaîna les foudres des critiques - Adolphe Gaïffe s'opposa à sa parution, «au nom de l'honneur des lettres et de la considération du journalisme » -, il n'en demeure pas moins une pièce fondatrice de l'oeuvre des Goncourt. Ainsi que l'écrivait George Sand aux deux frères : «Votre livre est très beau, et vous avez un grand, un énorme talent. »
Admirés par Zola mais boudés de leur vivant, Edmond et Jules de Goncourt sont aujourd'hui reconnus pour leurs talents de romanciers, et la célèbre Académie créée par Edmond. Mais ce que l'on ignore, c'est que les deux frères étaient aussi des passionnés d'histoire. Dans la continuité de leurs oeuvres naturalistes, qui mettent souvent en scène la gent féminine, les deux hommes se sont penchés sur la condition des femmes qui les ont précédés. Dans La Femme au XVIIIe siècle, les Goncourt décortiquent le quotidien des jeunes filles et les conséquences d'une éducation souvent oppressante. Dans les plus hautes sphères sociales, ils dépeignent une éducation qui empêche toute spontanéité : grâce factice, éducation religieuse et stricte du couvent, mariage sans consultation... Sont dépeintes aussi les femmes philosophes, celles qui tiennent salon, comme Mme de Tencin, Mme de Lambert ou Mme du Deffand, et les intrigantes prêtes à défaire des ministères... Au sein de la bourgeoisie, la famille limite le passage au couvent et préfère laisser aux jeunes femmes le libre choix de leur époux. Enfin, pour reprendre la formule des Goncourt, la femme du peuple « n'est femme que par le sexe, est peuple avant d'être femme ». Pourtant, les archives retrouvées par les deux écrivains montrent que les actrices et les courtisanes étaient traitées en égal dans la haute société. Sous la plume vive et précise des frère Goncourt, les femmes du siècle des Lumières prennent vie sous nos yeux.
Le nom de Mme Du Barry est souvent synonyme de scandale. Quelle fut la vie de la favorite ? Sur un mode souvent grivois, comme il se doit, et avec beaucoup de verve, les frères Goncourt décrivent l'arrivée à la cour, les intrigues, les années fastes et le « luxe de la femme galante » dont témoignent ses comptes et ses factures. La chute n'en est que plus grande : les arrestations, les interrogatoires, la prison puis l'échafaud. Cette biographie est complétée par plusieurs documents, souvent inédits : mémoires des « marchands, ouvriers et fournisseurs », réponses de la Du Barry devant le tribunal révolutionnaire, perquisitions, inventaire des biens. Avec leur sens du détail et leur plume de romanciers, les Goncourt campent un personnage pittoresque et attachant qui a inspiré plusieurs films importants de Lubitsch à Christian-Jaque.
Edmond de Goncourt (1822-1896) Jules de Goncourt (1830-1870) "On était au commencement de novembre. La dernière sérénité de l'automne, le rayonnement blanc et diffus d'un soleil voilé de vapeurs de pluie et de neige, flottait, en pâle éclaircie, dans un jour d'hiver. Du monde allait dans le Jardin des Plantes, montait au labyrinthe, un monde particulier, mêlé, cosmopolite, composé de toutes les sortes de gens de Paris, de la province et de l'étranger, que rassemble ce rendez-vous populaire. C'était d'abord un groupe classique d'Anglais et d'Anglaises à voiles bruns, à lunettes bleues. Derrière les Anglais, marchait une famille en deuil. Puis suivait, en traînant la jambe, un malade, un voisin du jardin, de quelque rue d'à côté, les pieds dans des pantoufles. Venaient ensuite : un sapeur, avec, sur sa manche, ses deux haches en sautoir surmontées d'une grenade ; - un prince jaune, tout frais habillé de Dusautoy, accompagné d'une espèce d'heiduque à figure de Turc, à dolman d'Albanais ; - un apprenti maçon, un petit gâcheur débarqué du Limousin, portant le feutre mou et la chemise bise. Un peu plus loin, grimpait un interne de la Pitié, en casquette, avec un livre et un cahier de notes sous le bras. Et presque à côté de lui, sur la même ligne, un ouvrier en redingote, revenant d'enterrer un camarade au Montparnasse, avait encore, de l'enterrement, trois fleurs d'immortelle à la boutonnière. Un père, à rudes moustaches grises, regardait courir devant lui un bel enfant, en robe russe de velours bleu, à boutons d'argent, à manches de toile blanche, au cou duquel battait un collier d'ambre." "Manette Salomon" est un portrait riche et détaillé de la vie artistique, un drame psychologique et une exploration intemporelle de l'ambition, de la passion et des sacrifices faits au nom de l'amour et de l'art. Découvrez ce joyau oublié qui capture avec vivacité l'esprit d'une époque et les éternelles luttes du coeur humain.
Edmond de Goncourt (1822-1896) Jules de Goncourt (1830-1870) "Quarante scudi ? - Oui, signora. - Cela fait, n'est-ce pas, en monnaie de France, deux cents francs ? - Deux cents francs ?... fit la Romaine qui montrait l'appartement à l'étrangère : elle parut chercher, compter dans sa tête. - Oui, oui... deux cents francs. Mais la signora n'a pas bien vu..." Et, jetant son châle brusquement sur un lit défait, elle se mit à marcher de chambre en chambre, avec de vives ondulations de taille, en parlant avec la volubilité d'une padrona de chambres meublées : "Voyez-vous, ils sont partis ce matin... Une famille anglaise... des gens malpropres, qui jetaient de l'eau partout... Tout est en désordre... On n'a pas eu le temps de rien ranger..." Mais l'étrangère n'écoutait pas : elle s'était arrêtée devant une fenêtre avec l'enfant qu'elle avait à la main et qui se tenait dans sa robe, et elle lui montrait ce qu'on voyait de là, la place d'Espagne et l'escalier de la Trinité-du-Mont. Puis elle lui demanda : "Pierre-Charles, veux-tu rester ici ?" Madame Gervaisais se rend à Rome avec son fils Pierre-Charles qui est malade. Là, elle se convertit tout doucement à un catholicisme des plus mystiques et des plus durs qui la fait se désintéresser de tout, y compris sa santé et de son fils...
La collection "La Lutte Pour les Droits des Femmes : 3 Lectures Classiques" offre un panorama fascinant des revendications féministes des siècles passés à travers des prismes littéraires éclectiques. L'oeuvre rassemble des discours poignants, des récits captivants et des essais percutants qui, ensemble, explorent le thème éternel et universel des droits des femmes. La diversité des styles littéraires accentue la richesse de cette anthologie, offrant au lecteur une gamme de voix allant de la passion révolutionnaire à l'analyse intellectuelle, tout en mettant en avant des pièces emblématiques qui marquent l'évolution de la pensée autour de ce sujet crucial. Les contributions de figures marquantes telles qu'Olympe de Gouges, pionnière des droits des femmes dans le cadre révolutionnaire, Clarisse Bader avec ses perspectives intellectuelles sophistiquées, et Jules de Goncourt, dont l'inclusion souligne un soutien masculin aux causes féministes, créent une synergie unique autour de l'objectif commun. Les auteurs, chacun à leur manière, s'inscrivent dans les mouvements culturels et sociaux de leur époque, forgeant un lien indéfectible entre l'histoire littéraire et la lutte pour l'égalité des sexes. Recommandée aux lecteurs désirant approfondir leur compréhension des enjeux féministes à travers l'histoire, cette anthologie s'impose comme un choix essentiel. Elle offre une occasion rare d'embrasser une variété de perspectives, incitant à la réflexion et au dialogue. Par sa valeur éducative et l'éclairage qu'elle donne sur des voix souvent méconnues du passé, le livre invite à une immersion enrichissante dans le combat séculaire pour les droits des femmes, tout en liant oeuvres personnelles et contexte collectif.
Soutenue par sa famille et ses amis, l'auteure entame une nouvelle phase de sa vie après avoir vécu des années de peur, de stress et d'angoisse. 38 ans de vie sans vivre3 explore les blessures et les cicatrices qui guérissent progressivement en elle. Il représente une confession sincère et émouvante, susceptible d'inspirer de nombreuses personnes à surmonter leurs propres difficultés. À PROPOS DE L'AUTEUR Clarisse Veneran a surmonté de nombreux obstacles au cours de son parcours. Après huit années de lutte, elle a été motivée à écrire ce livre pour rappeler aux lecteurs confrontés à des situations difficiles que la vie peut offrir des lueurs d'espoir même dans les moments les plus sombres.