Xavier Darcos
Xavier Darcos
Rome, Ier siècle : et si les crises de pouvoir, les trahisons et la décadence des élites résonnaient étrangement avec notre époque ?
Depuis bientôt trente ans, l'école n'est envisagée que du point de vue de sa réforme et voit défiler des projets perpétuels de refondation. Les jeunes d'aujourd'hui, ballottés par les lubies du moment, sont plongés dans un savoir émietté, lacunaire et instable. De nombreux théoriciens - qui n'ont parfois jamais enseigné - tâchent, contre l'évidence, de démontrer l'élévation du niveau des connaissances scolaires. Tandis que l'écriture, la lecture, l'histoire sombrent dans les décombres, de nombreuses idoles apparaissent : les médias, l'électronique, internet. Cet essai s'efforce de faire un bilan et de proposer, en revenant à des idées simples, ce qu'il faut enseigner, afin d'interrompre le processus actuel d'apprentissage de l'ignorance.
De Villon à Prévert, en passant par Hugo et Baudelaire, La poésie française de Xavier Darcos offre une traversée vivante et accessible des grands textes qui ont façonné notre langue et notre imaginaire.
Retour sur les bancs de la communale
En 1881, Jules Ferry institue l'école laïque, gratuite et obligatoire. Une démocratisation qui passe par un recrutement massif d'instituteurs. Bons élèves issus de milieux populaires, souvent fils de paysans, les « hussards noirs » bénéficient d'une ascension sociale qui fait d'eux de véritables « notables du savoir ». Les femmes ne sont pas en reste, avec la création d'écoles de garçons et de filles, ce qui féminise largement le corps enseignant. Bientôt, les instituteurs s'imposent comme un groupe social fortement attaché à une République qui leur a donné leur « chance », en rivalité avec les prêtres dans la formation des enfants. La loi de 1905 établissant la séparation des Églises et de l'État signe la victoire des instituteurs, renforçant encore leur identité. Du recrutement des maîtres à leur formation dans les écoles normales ; de la discipline à la « leçon de choses » ou à l'instruction civique ; du tableau noir à la distribution des prix ; Xavier Darcos dresse un tableau pittoresque du quotidien des instituteurs à l'époque de Jules Ferry. Riche de témoignages et d'anecdotes, L'École de Jules Ferry ne néglige pas la réflexion sur l'école et la laïcité aujourd'hui, thèmes de la loi du 3 mars 2004, dont l'auteur, alors ministre, fut l'un des principaux promoteurs.
Par son destin personnel comme par son oeuvre, Ovide, qui a vécu à la bascule du monde païen et du millénaire chrétien, a incarné la complexité de la mentalité latine, fière de ses légendes et sensible à la mythologie, mais aussi énergique et rétive à toute oppression. D'abord amusé par les jeux du monde et de l'amour, voire marchand de recettes érotiques, Ovide revint ensuite aux grandeurs des mythes (Métamorphoses) et des rites (Fastes), avant d'inventer les élégies du spleen et de l'exil (Tristes et Pontiques) et d'y méditer puissamment sur la destinée humaine. Tous les auteurs anciens l'ont admiré. Ils aimèrent le raffinement de son écriture, la diversité de son talent et la richesse colorée de son inventivité. Ils furent aussi touchés par la tragédie de sa fin de vie. Ensuite, il ne cessa d'être lu et imité, servant de réservoir inépuisable à l'imagination des poètes et des plasticiens. Il fut l'actuel de toutes les époques, grâce à la beauté, la diversité et la profondeur de son oeuvre. Le livre de Xavier Darcos montre l'éternelle modernité de cet artiste inclassable, de cet érudit libre et ironique qui a capté le mystère du vivant et la puissance des passions, tout en s'insurgeant à sa manière contre l'arbitraire des genres, des pouvoirs et des dieux. Membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, universitaire et homme public, plusieurs fois ministre et ambassadeur, Xavier Darcos est l'auteur d'essais sur l'école, ainsi que de nombreuses publications consacrées à la poésie française, à l'histoire littéraire et à la latinité. Il est désormais Chancelier de l'Institut de France.
L'oeuvre poétique de Virgile, qui vécut au tournant du premier siècle de notre ère en Italie, a traversé les siècles et fasciné les plus grands esprits de l'histoire. Comment expliquer cette longévité ? Outre le charme subtil et vibrant de sa langue, pourquoi ressentons-nous l'impression de nous ressourcer en lisant l'Enéide ou les Géorgiques ? Sans doute parce que Virgile est une vigie pour notre époque tourmentée, comme le démontre Xavier Darcos avec érudition, générosité et finesse. En latiniste émérite, féru de poésie et connaisseur intime du monde antique, il nous donne à comprendre et à entendre cette oeuvre majeure aux échos sonores et actuels : vivre en harmonie dans une nature magnifiée, ancrer la paix dans un récit fédérateur, trouver le sacré autour de nous, exalter les vertus chez l'homme et notamment la fides, ce sens de la loyauté si capital dans le monde romain. En parcourant ce livre dense et alerte, on mesure à quel point lire Virgile aujourd'hui, loin d'être un passe-temps suranné, est sans doute un des moyens d'analyser les tumultes de notre temps et d'en percevoir les remèdes possibles. Membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, universitaire et homme public, plusieurs fois ministre et ambassadeur, Xavier Darcos est l'auteur d'essais sur l'école, ainsi que de nombreuses publications consacrées à la poésie française, à l'histoire littéraire et à la latinité.
Xavier Darcos évoque ce qui le touche, l'étonne ou l'enchante dans l'antiquité romaine, tout en cherchant des échos actuels car il est difficile d'aimer une époque sans la comparer à la sienne." Ce ne sont pas les guides de Rome qui manquent ! Mais je ne rivalise pas avec eux : quel intérêt pourrait présenter un " dictionnaire amoureux " s'il était le catalogue des opinions d'autrui, un défilé de dates ou le carrefour des idées reçues ? Je propose tout simplement d'évoquer ce qui me touche, m'étonne ou m'enchante dans l'Antiquité romaine. J'ai essayé, à partir des réalités pittoresques et des personnages hauts en couleur, de rendre intelligibles une culture, des splendeurs, des valeurs, des croyances, des comportements, une littérature... sans trop idéaliser, car la Rome antique fut raffinée mais violente et cruelle. Ces contrastes nous éclairent aussi sur nous-mêmes : certes nous sommes distincts de nos ancêtres latins, mais ils nous ont légué notre lexique, notre droit, nos canons esthétiques, nos figures légendaires, nos moeurs. On ressent toute la vigueur du génie de cette civilisation romaine qui a su transformer une bourgade rurale en capitale du monde. " X. D.Xavier Darcos est membre de l'Institut. Ancien maire et sénateur, il a été plusieurs fois ministre, inspecteur général de l'Education nationale et ambassadeur (auprès de l'OCDE, et actuellement pour la culture française à l'étranger). Il a publié de nombreux ouvrages (notamment sur Tacite et Ovide).
À la sempiternelle question que résume si bien Bérenger : « Pourquoi suis-je né, si ce n'était pour toujours ? », Ovide a proposé sa réponse équivoque, mais finalement cohérente en ses incertitudes et sa dualité-même. Il en émane une impression de quête authentique, vécue, au lent cheminement personnel vers la vérité. Ovide nous y semble d'autant plus attachant qu'il y était plus mal préparé. Du moins, pour ce poète, chacun s'accordera-t-il à constater que la vie éternelle est le fait indélébile d'avoir été. Éternité et instant cessent ici de se contredire, comme le dit W. Jankélévitch. Ovide a donc eu raison de croire que mourir préparait à être sauvé à jamais.
La redécouverte d'Oscar Wilde, un écrivain lucide, séducteur et insoumis, qui voit la société comme une farce où chacun joue la comédie, et qui s'en amuse. Un esprit inventif et très actuel.Oscar Wilde aimait les artistes, le monde du théâtre et des salons, les quartiers interlopes, les gentlemen qui mènent une double vie, les miroirs, les poètes, le nonsense et les objets baroques. Cet esprit si libre est une cure de jouvence en ces temps de morosité mondialisée et moralisatrice. Wilde se méfiait des doctrinaires et des théoriciens. Il voyait la société comme une farce, où chacun joue la comédie. Il en révèle les déguisements et les feintes, s' en amuse au lieu de s' en offusquer. C' est de cette lucidité stimulante que je veux ici témoigner. Je prends Wilde comme il est, touche-à-tout, dispersé, indiscret. Je le laisse gloser sur tout, comme s' il était là, parmi nous, toujours titillé et, plus encore, consterné par le spectacle du monde. X. Darcos
« L'école est le dernier rempart de la République; l'école a abdiqué de tout rôle civique. Entre ces deux figures, le débat public oscille depuis de longues années, modernes contre classiques, «pédagogues» contre «républicains». Le ministre de l'Education et la jeune députée socialiste auscultent une inquiétude essentielle. » Laurent Joffrin - Libération « La radio ou la télévision proposent en général des débats duels, où le formatage du média et le nombre de questions posées empêchent quasi systématiquement les intervenants de développer des idées parfois complexes. Tout l'intérêt du Forum Libération de Grenoble est de proposer un débat sur une seule problématique, qui donne aux interlocuteurs la liberté de s'exprimer totalement, d'approfondir et de donner au public tout l'enjeu intellectuel de la question et parfois même de la réponse. » Patrick Frémeaux