Susini Marie
Susini Marie
Toute l'oeuvre de Marie Susini - à commencer par la Fiera dont Albert Béguin n'hésitait pas à dire qu'il le tenait pour un chef-d'oeuvre - est animée par l'exigence de l'absolu. Partout retentit, comme venue du fond de l'enfance, la pathétique revendication d'un amour jamais suffisamment accepté, aimé. Les années ont passé et aujourd'hui l'intensité de la quête fait place à la sérénité d'une tendresse désolée. Au hasard d'une rencontre avec l'homme qu'elle a aimé, qu'elle ne cesse d'aimer, Fabia - dans le Paris de mai 1968 en écho au Paris de la Libération - revit sa propre histoire : la jeunesse en Algérie, les années de Sorbonne sous l'Occupation, la pureté des premiers attachements, la blessure d'une unique passion pour celui qui est là... Ce n'est pas le temps perdu qui est retrouvé, c'est plutôt, dans un présent qui le répète, le passé qui revit et meurt une seconde fois.
Romans, pièce de théâtre, essai ayant pour cadre commun la Corse méconnue et mythique. « Copyright Electre »
Elle entend son pas dans l'entrée, le bruit de la porte. Puis son pas dans l'escalier. Plus rien. Voilà. L'homme avec qui elle vivait depuis des années, de qui elle guettait le pas, chaque soir, au terme d'une longue attente, cet homme vient de la quitter. Rupture sans cris, sans larmes, sans griefs précis. Non sans amour cependant. Alors pourquoi ? La réponse est à entendre dans un dialogue silencieux, d'une tension bouleversante. L'intensité expressive, liée à l'économie des moyens, appartient en propre à Marie Susini. Cette fois, le dépouillement est poussé à l'extrême au bénéfice de l'acuité psychologique.