Stéphane Beauboeuf
Stéphane Beauboeuf
Il fut un temps où la question de la pluralité des mondes relevait du registre de la pure spéculation philosophique ou théologique. Mais depuis que la Terre nous est apparue comme un fragile habitat et en même temps un monde parmi d'autres possibles dont on pouvait semble-t-il se libérer, avec les débuts de l'exploration spatiale, cette question relève tout autant des registres de l'astrobiologie et de l'écologie. La vie est-elle limitée à la Terre ou distribuée en divers lieux de l'univers ? Existe-t-il une pluralité de mondes, si ce n'est habités, au moins habitables ? L'homme a-t-il vocation à chercher à habiter d'autres mondes ? L'humanité n'a-t-elle pas un lien nécessaire avec la Terre où nous avons émergé ? Quelles conséquences en tirer sur notre façon d'habiter la Terre ? Telles sont des questions discutées à nouveaux frais sur le plan théologique en proposant une mise en dialogue de la tradition chrétienne avec les connaissances, les pratiques mais aussi les imaginaires contemporains en la matière.
Chair si forte et si fragile, magistrale ou marginale, chair têtue, chair crue, chair sensible et passagère, chair de lumière ou chair blessée, chair mortelle : ainsi se vit tout ce qui vit. Si « le Verbe est devenu chair » (Jn 1, 14), si nous espérons qu'un jour la chair se relève, à quelles torsions, à quelles extrémités la parole théologique aura-t-elle à se livrer pour dire la profondeur de ce mystère ? Les propositions ici rassemblées tentent de relever ce défi , en convoquant ensemble la Bible, la théologie, la philosophie, les arts. Elles voudraient contredire les gnoses d'hier et d'aujourd'hui dans leurs prétentions à oblitérer la chair, en prêtant attention au sensible pour répondre du vivant. Ont contribué à cet ouvrage : Stéphane Beauboeuf, Stéphane Coviaux, Florent Dumontier, Bernard Klasen, Marie-Caroline de Marliave, Béatrice Oiry, Rodolphe Olcèse.