Spaddy
Spaddy
Plongez dans les souvenirs érotiques audacieux de Dévergondages, où Spaddy, sous couvert d'autobiographie, dépeint avec une crudité jubilatoire les plaisirs libertins et les amours saphiques.
"Décidément, il n'y a femme du monde plus putain que Colette. Exhibitionniste, nymphomane, gousse, fellatrice, sodomiste, buveuse de sperme, raccrocheuse, garçonne et don Juane, elle a tous les vices, et pratique toutes les débauches, jusqu'à forniquer avec les bêtes, les enfants et les soutanes". "A vingt ans, elle a toutes les expériences d'une longue vie de lupanar. Et pourtant, il n'y a pas de visage plus séduisant et plus frais que le sien, corps plus exquis, plus jeune et plus virginal, ni distinction plus parfaite"... Tout est dit. Il ne reste plus au lecteur sans préjugés qu'à suivre les " amusements de bon ton " auxquels se livre sans retenue l'irrésistible Colette, seule ou sous les yeux d'un mari complaisant et d'un amant parfois un peu jaloux, mais qui ne dédaigne pas d'y apporter son active participation. Signé " Spaddy ", imprimé clandestinement en 1936, ce roman attribué à l'époque à une femme de lettre alors bien connue, d'une audace et d'une verdeur stupéfiantes, n'avait jamais fait l'objet jusqu'ici d'une édition au format de poche.
Nos lecteurs ont fait un triomphe à Colette, ou les amusements de bon ton, et ils ont eu bien raison. Voici donc - hélas ! - le deuxième et dernier roman du même auteur, disparu trop tôt, et qui ne le cède en rien à Colette... Nous n'en dirons pas plus, sauf qu'il s'agit de souvenirs érotiques (vrais ou faux, peu importe, du moment qu'ils ont toute la force du vécu), détaillés par le menu, et d'une variété extrêmement réjouissante. La crudité du langage et le naturel du discours amoureux, habituels chez Spaddy, ajoutent encore à l'intensité de ce défilé de prouesses sexuelles. Notre édition, absolument intégrale, est la première édition en format de poche de Dévergondages.
Les dentelles, les frous-frous, les robes soulevées des jolies mondaines... Moi, Poupée parut clandestinement et à tirage très limité vers le milieu des années 30. Très caractéristique de la manière de son auteur (Johannès ou Jean Gros), on y retrouve, poussés à leur paroxysme, sa " perversité exaspérée, son style à la fois précieux et cru ", sa " recherche constante du maniérisme et de l'obscénité ". On peut dire qu'ici, il monte au maximum la volupté d'imaginer les dentelles, les frous-frous, les robes soulevées de ses jolies mondaines, jusqu'à penser authentiquement en être une, ce qui semble avoir été son obsession majeure. Nul doute qu'il se trouvera beaucoup de lecteurs pour partager ce fantasme. Jean-Jacques Pauvert