Simonomis
Simonomis
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
La Mansarde Himalaya : ce titre indique la solitude haut perchée, dont le poète est imbibé (« Je ne peux pas sortir du mot : seul »). Elle l'accompagne partout, remplaçant nombre d'amis « désunis », l'amour insuffisant, la mort, l'une après l'autre des illusions. Elle le traque. Elle estampille ce qu'il appelle « la vie dégringolée ». Le regard porté par Simonomis sur le monde est vrai, cruel ; en quelques formules, il résume un implacable constat : « L'argent se mêle du bonheur/Cerné par le bruit des machines... » Ou, ailleurs, laconique comme un coup de feu : « Il n'y a pas égalité ». Pourtant, la vie brasse beaucoup de choses, la chair est promise, l'amitié reste à demi présente, mais l'amertume a grignoté son coeur. Le poète s'en sort par une espèce de santé du malheur. Il veut « faire des poèmes avec sa peau », il écrit pour ne pas sombrer. Si ce désespoir rapproche Simonomis des poètes du Nouveau Réalisme, il n'est pas entièrement négatif. Le combat pour désaliéner autrui n'est pas pour lui inutile (« J'écris pour dire NON avec des preuves »).
L'Homme qui marche : la poésie de Simonomis s'approfondit, devient plus grave, dans son anarchie douloureuse et protestataire. C'est surtout au niveau du social qu'elle accuse, à l'intérieur des huit heures stupidement imposées chaque jour l'aliénation essentielle. Le citoyen moyen fantoche, le « Dupont » au sourire béat, en prend pour son grade ! La prison du boulot dodo, l'immonde d'une Télévision qui n'apprend à vivre à personne, l'horizon barré pour tous ceux qui ne capitalisent rien : une colère populaire prend feu ici. Mais elle ne tombe jamais dans les facilités du populisme ; la pudeur, le tempérament propre au poète lui interdisent toute vulgarité. On sent l'honneur du travailleur qui s'exprime, au moins par son ombre qui aspire un jour à se projeter sur les obstacles. L'Homme qui marche s'ouvre par une vigoureuse préface de Pierre Béarn : « Simonomis est direct, brutal, ricaneur. Son apparent désespoir est à base d'espérance. »