Severine Le Loarne-Lemaire
Severine Le Loarne-Lemaire
Hannah Arendt est bien loin des philosophes « orthodoxes ». Inspirée par une volonté tenace de comprendre le monde à partir d'une attention portée au réel, elle répète sans aucune équivoque ne pas appartenir au cercle des philosophes. Il est vrai qu'Arendt se méfiait de tous les qualificatifs par lesquels on tente d'enfermer une personne ou une pensée dans une case bien délimitée en vue de légitimer une lecture binaire des choses. Le besoin de comprendre l'époque dans laquelle elle vivait la poussa à imaginer une méthode qui ne se laisse enfermer dans aucune discipline monochrome, caractérisée par la mise en tension de l'actualité et de la tradition, des faits et de l'histoire des concepts. La pensée d'Hannah Arendt se construisit à partir de ses expériences personnelles et des rencontres intellectuelles nouées avec les plus grands philosophes de sa génération : Husserl, Heidegger, Camus, Jonas...
Michel Foucault n'a cessé de traiter une question fondamentale : comment nous, en tant que sujets, pouvons-nous affirmer telle ou telle vérité sur le monde ? En essayant de répondre à cette question simple et fondamentale en philosophie, Foucault a échafaudé un corpus théorique riche avec des concepts tels que l'archéologie, la généalogie, les dispositifs ou encore les biopouvoirs. Les pratiques managériales sont au centre de la fabrique de cette vérité que les chercheurs et les praticiens observent, analysent et pratiquent tour à tour selon leurs postures. L'objectif de ce chapitre est de proposer une vision stylisée et cohérente de Foucault afin de devenir des sujets critiques des pratiques managériales.