Sébastien Lapaque
Sébastien Lapaque
Une enquête intime sur le suicide de Stefan Zweig à Petrópolis, au Brésil, le 23 février 1942, peu de temps après sa visite à Georges Bernanos. Bâti autour de la conversation que Sébastien Lapaque imagine entre ces deux géants de la littérature du XXe siècle, ce récit miraculeusement lumineux se nourrit de plus de 25 ans de recherches, de voyages et de rencontres. Entre le saccage nazi de la vieille Europe et l'avènement d'un fascisme tropical, une histoire politique et littéraire fascinante, une réflexion poignante sur la tentation du désespoir mais aussi un grand livre d'alerte.
Qu'il s'agisse de l'écrire ou de le boire, Sébastien Lapaque est pionnier dans l'art d'aimer et de partager le vin naturel. Assemblage équilibré de savoirs et de poésie, d'écologie et d'amitié, à la croisée de son contre-journal, de ses "théories" et de son "Petit Lapaque des vins de copains", voici "On aura tout bu". Somme de portraits de "gentilles bouteilles" et de vignerons, de promenades gustatives et d'apprentissage sur le motif, ce livre dresse un état des lieux de ces vins "nouvelle vague", libres et indépendants, avec ceux qui le font et ceux qui le célèbrent.
" Si j'entre au ciel, je voudrais que ce fût en qualité de vagabond. "
Qui sinon Sébastien Lapaque pour exalter l'usage de la carte postale comme geste poétique autant que comme art de vivre et d'être au monde ! Sa Théorie offre une brillante et irrésistible promenade sensible dans l'esprit, l'histoire et la pratique de correspondances électives dont le charme agit toujours sur notre ère électro-numérique.
Après la carte postale, Rio et Alger, Sébastien Lapaque poursuit avec Théorie de la bulle carrée la mise en partage de son usage du monde, cette fois en posant son regard gourmand et amical sur le travail exceptionnel du virtuose incontesté du champagne nature : Anselme Selosse. Plus qu'un vigneron, un philosophe. Plus qu'une théorie, une philosophie pratique. Érudites et délicieuses, les "théories" de Lapaque, comme une collection pirate et complice au sein du catalogue Actes Sud.
Sous notre blafard ciel contemporain, dans un monde qui a vendu son âme au ricanement, un professeur de lycée qui a apprivoisé ses désillusions trouve peu à peu la forme de sa propre résistance à cette dégringolade spirituelle. Sébastien Lapaque transcende la mélancolie et la lucidité du constat pour nous offrir une épiphanie douce, et son roman le plus lumineux, le plus intimement universel.
Après nous avoir convertis à la carte postale, après nous avoir délicieusement perdus dans Rio de Janeiro, Sébastien Lapaque nous entraîne dans les rues d'Alger l'indomptable, pour un hymne amical aux rencontres de hasard (qui fait bien les choses), aux antihéros de l'histoire (qui ne passe pas) et aux espoirs têtus.
Je t'aime je t'aime je t'aime... en disparaissant du jour au lendemain, Helena ne laisse pas d'autre indice à Zé que ces mots griffonnés à la hâte, qui le balayent comme une tornade. Alors il quitte Bélem, le coeur de l'Amazonie, et débarque à Rio, ne croyant qu'aux bonnes ondes et aux sentiments magiques pour le mettre sur la piste de son âme soeur, versant lumineux de sa propre mélancolie. A la recherche d'Helena, Zé trouve et embrasse le Brésil. Un pays comme une étreinte. Et comme une initiation à tous les possibles chuchotés par l'Histoire et promis par le Sud du monde.
Aujourd'hui va mourir un trentenaire insouciant, égotiste, intelligent et vide, miroir fidèle de notre époque sans grandeur. Dans l'ombre, une vengeance familiale l'a désigné. Dès la première page d'un compte à rebours inexorable, Sébastien Lapaque tutoie sa victime pour mieux nous dire combien nous ressemble cet enfant du siècle, qui savoure sans conscience ses quelques mesures d'éternité.
A Villié-Morgon, où il vinifie depuis 1973 un cru d'exception en laissant le temps au gamay noir à jus blanc de devenir du vin, Marcel Lapierre est un modèle dans la production de vin tout raisin. A rebours des breuvages technologiques et standardisés, sans sols et sans terroir, qui inondent le marché d'une mondialisation impitoyable, ses morgons font retour à l'esprit d'origine. Dans ce portrait en taille-douce, à la fois promenade dans les vignes et conversation avec un homme de l'art, Sébastien Lapaque nous fait entrer dans l'intimité d'un vigneron en faisant du vin une fenêtre ouverte sur l'infini. On parle d'oenologie dans ce livre, mais aussi de littérature, d'histoire, de gourmandise, de paysages. Parce que le vin est à la fois objet de nature et sujet de culture. Parce que la passion du vin débouche sur l'amitié des hommes qui le font.
« Je crois que la théologie est une branche de la littérature fantastique. » Jorge Luis Borges
"S'égarer dans une ville comme on s'égare dans une forêt demande toute une éducation". Sébastien Lapaque reprend à son compte l'injonction de Walter Benjamin et l'applique à Rio de Janeiro, qu'il aime comme une tendre amie, comme une impossible amante. À travers une promenade qui est aussi une rêverie, il nous en donne l'écume, où se concentre tout le sel, qui laisse la trace la plus prégnante, amertume et minéralité. Plus que d'histoire, de géographie ou même de musique, sa Théorie de Rio de Janeiro est une leçon de vie, un guide pour apprendre à se perdre, absolument.
En prolongement de son journal de l'année 2009 (Au hasard et souvent), Sébastien Lapaque poursuit son oeuvre de salubrité intellectuelle publique en tenant ici la chronique littéraire et politique des années 2010 à 2012. Dans un constant aller-retour entre le réel et les livres, Autrement et encore, faux journal d'un vrai écrivain, est un viatique contre les attaques de la médiocrité ambiante et les laideurs collatérales du capitalisme triomphant.
Des vallons de granit bretons de son enfance dans les années 1970 aux collines ensoleillées d'Assise trente ans plus tard, Noé suit un destin singulier. Élevé dans l'amour de sa grand-mère et la complicité de ses cousins, ce fils de cadres de l'agroalimentaire que tout pousse à emboîter le pas à ses parents échappe à une vie ordinaire en se vouant à l'étude des phénomènes lumineux. Mais il demeure hanté par l'éclipse d'Azou, son grand amour. À travers cette blessure, un retournement intime s'opère : conduit par le chant des oiseaux, Noé s'engage dans le sillage de François d'Assise. Le Petit Pauvre d'Ombrie devient alors le compagnon nocturne d'une réconciliation secrète entre la science des arcs-en-ciel et la joie parfaite. Avec "Le Rappel des oiseaux", Sébastien Lapaque brise la logique glacée de l'utile pour offrir une méditation sur l'espérance, l'amitié et la transfiguration d'une vie, signant une oeuvre heureuse où la poésie du vivant nous arme face aux fractures de la modernité.
L'Algérie et nous -> Entretien avec Gilles Kepel. Les différents scénarios du « printemps algérien » Gilles Kepel met en perspective les récentes manifestations algériennes avec les « printemps arabes ». D'après lui, le futur pouvoir algérien prendra les allures d'une cohabitation militaro-salafiste. -> « Accueillons cette lueur présage de bonheur » par Sébastien Lapaque Vu de l'hexagone, il est impossible de comprendre l'Algérie depuis son indépendance en 1962, affirme Sébastien Lapaque. Grâce à ses voyages et ses relations nouées sur place, l'écrivain nous emporte au coeur de ce pays à la fois libre et enchaîné. -> La Casa del Mouradia par Ryad Girod Le romancier Ryad Girod livre une version littéraire des premiers jours du « printemps algérien ». -> Le mystère de Gaulle par Éric Roussel L'historien Éric Roussel décrypte la politique algérienne de De Gaulle en rappelant le parcours et les idées du Gé
Apprenant que les autorités municipales avaient interdit la mendicité aux abords des églises d'Assise en avril 2008, saint François est revenu dans sa ville pour constater par lui-même l'étendu du désastre. Ne trouvant nul homme et nulle femme pour entendre sa parole, le Poverello s'est adressé aux oiseaux, comme par le passé, mais également aux fusées, pour dire à leurs constructeurs l'horreur d'un monde de perfection technologique hyperactif, cupide et désespéré où tout semble organisé pour écraser le pauvre, le faible et l'étranger. Voilà le thème de ce texte contemporain, qui épouse les formes de la rhétorique baroque, à la manière d'un sermon du Grand Siècle, pour dire le peu d'avenir que contient le temps où nous sommes et rendre à la Parole son éclat perdu de colère et de liberté.
« Je n'aime pas les communistes parce qu'ils sont communistes ; je n'aime pas les socialistes parce qu'ils ne sont pas socialistes ; et je n'aime pas les miens parce qu'ils aiment trop l'argent. » Charles de GaulleC'est un nouveau discours de la servitude volontaire. Mais pas un Contre'un comme celui qu'écrivit La Boétie : le tableau d'une époque et un réquisitoire contre une bourgeoisie française aussi bête et borgne qu'en 1830 et en 1851. Que se passe-t-il dans ce cher et vieux pays pour qu'on accuse les pauvres d'être coupables de leur sort, pour que le travail, ce mal nécessaire, soit tenu pour une valeur, pour que le serpent de Mai 68 se morde la queue et que la culture soit rangée au rayon des biens de consommation ? Un homme à la tête de l'État incarne aujourd'hui le nihilisme d'une hyperclasse sans attaches et sans territoire qui voudrait oublier que l'homme est un animal social et que le lien compte plus que le bien. Il ne sera pas nommé dans cet exercice de style dont la violence vise d'abord les idées : le poisson pourrit toujours par la tête. Il faut qu'il parte ne révélera aucun petit secret caché : il fera entendre le hurlement de bouledogue vivisectionné d'un écrivain non-conformiste.