Sandra Lucbert
Sandra Lucbert
On fait – mais on ne sait pas ce qu'on fait. On parle – on ne sait pas ce qu'on dit. Pas davantage à qui. On défère, on ignore à quoi. On accumule des biens, mais sans idée de ce qu'on cherche. Double-fond des actions individuelles. Et double-fond des rapports sociaux. Qui, à leur logique propre, ajoutent celle, le plus souvent inaperçue, de l'investissement pulsionnel. C'est la psychanalyse qui a ouvert cette perspective, et c'est elle qui l'a refermée. Ouverture : les concepts du double-fond – pulsion, inconscient, jouissance, fantasme, refoulement. Fermeture : LePhallus, LaCastration, LaLoi – soit la transfiguration à majuscules d'un ordre social-historique contingent en éternité du Symbolique. La psychanalyse s'est voulue science générale, elle a seulement fait la théorie psychique d'un lieu et d'un temps. Son " général " transpirait l'Occident patriarcal. Alors, reprendre tout l'appareil conceptuel – pour le brancher sur la variabilité des mondes collectifs. Avec l'oubli – le discrédit – de la psychanalyse, la pulsion s'était absentée du discours. En réalité, elle n'a jamais cessé d'irriguer les formations sociales et leurs rapports. Entre capitalisme devenu forcené et fascisme de retour, la voilà même qui sature à nouveau le paysage politique – pas pour le meilleur. Déterminante d'autant plus qu'invisible. Il était temps de s'en occuper à nouveau. Nous nous y sommes mis à deux. C'est-à-dire à trois. Parfois c'est l'une qui écrit, parfois c'est l'autre, parfois les deux ensemble – ça fait partie des armes.
Hackers, esthètes, chefs d'entreprise, Agathe Denner et Guillaume Thévenin fascinent autant qu'ils inquiètent. Ils tissent un réseau de relations complexes et souvent cruelles où leur agence d'art numérique tient une place centrale. Lanceurs d'alerte ambigus, séducteurs troubles, ils jouent des naïvetés et piratent les conversations, exploitent indifféremment les failles de leurs rivaux ou de multinationales. Mais du 11e arrondissement parisien à la place Taksim d'Istanbul, en passant par Times Square plongé dans la tourmente, la météorologie imprévisible des mouvements de foule pourrait bien se retourner contre eux. Sandra Lucbert réarme subtilement le dispositif épistolaire des Liaisons dangereuses : messageries instantanées, mails, réseaux sociaux sont autant d'outils pour questionner le statut de la vie privée, de l'information et des gouvernances. Manipulations, jeux de pouvoir et réputation alimentent les tornades virtuelles et les séismes du quotidien. Ce roman très original, nerveux, montre comment une technologie et ses utilisateurs redessinent les logiques du désir et du politique - nos façons de vivre et d'aimer.
Hackers, esthètes, chefs d'entreprise, Agathe Denner et Guillaume Thévenin fascinent autant qu'ils inquiètent. Ils tissent un réseau de relations complexes et souvent cruelles où leur agence d'art numérique tient une place centrale. Lanceurs d'alerte ambigus, séducteurs troubles, ils jouent des naïvetés et piratent les conversations, exploitent indifféremment les failles de leurs rivaux ou de multinationales. Mais du 11e arrondissement parisien à la place Taksim d'Istanbul, en passant par Times Square plongé dans la tourmente, la météorologie imprévisible des mouvements de foule pourrait bien se retourner contre eux. Sandra Lucbert réarme subtilement le dispositif épistolaire des Liaisons dangereuses : messageries instantanées, mails, réseaux sociaux sont autant d'outils pour questionner le statut de la vie privée, de l'information et des gouvernances. Manipulations, jeux de pouvoir et réputation alimentent les tornades virtuelles et les séismes du quotidien. Ce roman très original, nerveux, montre comment une technologie et ses utilisateurs redessinent les logiques du désir et du politique - nos façons de vivre et d'aimer.
Découvrez Personne ne sort les fusils, où Sandra Lucbert dissèque avec une précision chirurgicale le procès France Télécom, révélant la violence du capitalisme moderne et la novlangue managériale.
« Tu crois que je suis en train de rater ma vie ? » C'est ce que se demandent Méta, Raphaël, Pauline et les autres. Ils ont 25 ou 30 ans. Ils entrent dans la vie active. Mais leur parcours ou leur formation leur ont imposé des exigences dont, ils le découvrent, la société n'a que faire. Ils ne savent ni comment s'adapter ni comment se révolter. Tout leur est ouvert, et pourtant tout leur est fermé. Comment se situer dans ce monde où les chemins paraissent brouillés et où le quotidien ressemble à une course d'obstacles ? C'est la question qui est au coeur de ce roman à sept voix, où les trajectoires se combinent dans des situations parfois absurdes jusqu'au burlesque.
« Tu crois que je suis en train de rater ma vie ? » C'est ce que se demandent Méta, Raphaël, Pauline et les autres. Ils ont 25 ou 30 ans. Ils entrent dans la vie active. Mais leur parcours ou leur formation leur ont imposé des exigences dont, ils le découvrent, la société n'a que faire. Ils ne savent ni comment s'adapter ni comment se révolter. Tout leur est ouvert, et pourtant tout leur est fermé. Comment se situer dans ce monde où les chemins paraissent brouillés et où le quotidien ressemble à une course d'obstacles ? C'est la question qui est au coeur de ce roman à sept voix, où les trajectoires se combinent dans des situations parfois absurdes jusqu'au burlesque.