Sami Naïr
Sami Naïr
À l'heure où l'Égypte est à nouveau au premier plan d'une actualité brûlante, et souvent sanglante, il n'est pas indifférent de lire ce journal tenu par Sami Naïr tout au long d'un voyage fait récemment à travers ce pays. Il ne s'agit pas d'un reportage sur les beautés du Nil ou des Pyramides, même si l'Égypte traditionnelle et mythique demeure toujours sous-jacente, mais d'un texte écrit au jour le jour, qui recrée l'atmosphère générale du pays et, plus particulièrement, de cette ville monstrueuse, envoûtante qu'est Le Caire, La Victorieuse. Au fil de ses rencontres journalières, Naïr a recueilli des renseignements, des faits non écrits, il a écouté les acteurs de la récente histoire de l'Égypte, non pour faire oeuvre d'historien, mais plutôt pour percevoir la réalité vécue et quotidienne. C'est un journal à plusieurs voix : l'auteur, la ville et les hommes qui ont fait et font l'Égypte moderne.
Peut-on réfléchir, avec calme et probité, aux questions que pose l'immigration ? Un pays comme la France peut-il garder le contrôle des flux migratoires sans renoncer pour autant aux principes d'hospitalité et d'ouverture qui font partie de son identité ? Sur une question cruciale, trop souvent obscurcie par le mensonge et la démagogie, voici un dialogue de bonne foi. Sami Naïr, qui, depuis plus de vingt-cinq ans a consacré son temps à lutter pour les droits et les devoirs des immigrés en France, et qui a élaboré une stratégie de " codéveloppement lié aux lux migratoires " en tant que Délégué interministériel au codéveloppement et aux migrations internationales (en 1998), propose, dans cette passionnante discussion, un regard nouveau et réaliste sur l'immigration. Sans dérobade ni langue de bois, il répond aux questions, même dérangeantes, de sa propre fille.
Depuis plusieurs années, un débat s'est engagé sur la nature et la signification des mutations qui bouleversent le monde. Des mots comme mondialisation, globalisation, sont devenus des lieux communs ; d'autres, plus vieux, après avoir subi un apparent discrédit sous les coups de la pensée unique, comme Empire, impérialisme, capitalisme, refont leur apparition. Et, chez pratiquement tous les auteurs, s'est installée l'idée que ce sont les États-Unis, ascendants ou décadents, qui déterminent la structure profonde de ce système. Sami Naïr propose ici une analyse de ces mutations à partir d'une vision plus radicale : bien que jamais le pouvoir de l'Amérique n'ait été aussi grand, ce n'est pas cela qui définit l'originalité de notre monde, mais plutôt la formation à l'échelle planétaire d'un vaste empire marchand, avec sa dynamique propre. Celui-ci tend à conformer partout des systèmes politiques, culturels, sociaux, ainsi que des discours de légitimation de sa puissance pour assurer la seule transformation radicale dont il est porteur : l'extension illimitée du pouvoir de la marchandise sur les êtres. Construction européenne, formation des élites mondiales, tragédie d'un monde arabo-musulman, interminable conflit israélo-palestinien, désagrégation des sociétés du Sud... : autant de données à analyser dans le mouvement violent d'expansion de cet empire marchand universel. Celui-ci parviendra-t-il à soumettre la diversité des êtres et des cultures à la seule loi de l'équivalence marchande ? Ou bien assistera-t-on à la montée renouvelée des nations, de formes originales de souverainetés citoyennes, de solidarités des peuples ? Ce livre offre une lecture lucide de ce « nouveau » monde impérial, dessinant sa portée civilisationnelle mais aussi les terribles barbaries qu'il produit et qui le minent de l'intérieur.