Salvador Juan
Salvador Juan
Par-delà les territoires spécialisés du paysage scientifique, cet ouvrage montre que l'unité de ces sciences s'appuie sur l'unité de l'humain à travers l'espace et le temps : que les manières d'expliquer ou de comprendre les personnes, les actions, les représentations ou les oeuvres sont en nombre limité malgré la diversité des cultures et des manières de les aborder. « Copyright Electre »
La vie quotidienne est un attribut des acteurs ; elle n'en est pas moins aliénée. Alors que l'éventail des usages, l'éligibilité, s'élargit et que, pour le plus grand nombre, les possibilités d'intervenir sur sa destinée propre augmentent, chacun participe de moins en moins à ce qui conditionne les routines journalières. Alors que le quotidien reste répétitif, ses facteurs changent de plus en plus vite. Ce livre montre le fondement socio-anthropologique de ces paradoxes apparents. Après avoir retracé la genèse et décrit les enjeux du champ de la vie quotidienne, il présente une perspective originale, combinant explication et compréhension, et l'applique à la description des genres et formes de vie les plus typiques dans la France actuelle. Les principaux thèmes abordés, en montrant le caractère indissociable du symbolique et du matériel, sont notamment : la culture de classe et de masse, la morphologie sociale, la fragmentation des activités, la vie domestique.
Dans une société définie par le mouvement, existe-t-il des systèmes d'usages - ou genres de vie - suffisamment stables pour être observables par le sociologue ? Peut-il construire des morphologies culturelles ? Le livre s'attache à identifier les conditions sociologiques d'une recherche des formes culturelles, ainsi que les principales précautions théoriques et méthodologiques nécessaires à la compréhension de ce que l'on appelait autrefois les moeurs. À partir de l'étude critique de quelques thèmes (consommation, famille, croyances au divinatoire, réseaux de sociabilité), il contribue à une nouvelle analyse du champ commun, au culturel et au social. Selon la thèse défendue par l'auteur, les genres de vie ne peuvent se comprendre que dans la distance relative aux normes de la culture de classe - distance intimement liée aux facteurs de mobilité sociale. Ce qui situe l'approche sociologique des usages dans la double dynamique des processus de stratification et d'institutionnalisation.
Nous commençons tout juste à prendre conscience de l'importance de la contribution des modes de vie à la crise écologique. Ainsi," la taxe carbone" est-elle un instrument de fiscalité écologique aujourd'hui en débat. Ce type d'instruments concerne chacun de nous, car il entend traiter la crise écologique en s'attaquant à la consommation, pilier central de notre mode de développement économique actuel. Cet ouvrage porte sur les différents aspects socio-environnementaux de la consommation et des modes de vie.
Pour l'évolutionnisme, le changement est continuel et l'humanité s'est installée dans un processus linéaire, sans césures, la conduisant vers un bien-être toujours supérieur. Cet ouvrage relève les jugements de valeur et les erreurs scientifiques, objectivement constatés, que cette idéologie a installés dans la pensée sociale. Aux apories de la déraison évolutionniste, l'ouvrage oppose les rudiments d'une socio-anthropologie, échafaudée sur les concepts de symbolique, de rupture et d'historicité pour poser les jalons d'une vision plus réaliste du changement social.
Un nouvel éclairage sur Durkheim et son apport à la socioanthropologie, ses influences, son héritage. Et si Durkheim n'était pas seulement ce chercheur lancé à corps perdu dans l'explication des fonctions sociales et des contraintes générées par le système ? S'inspirant de ses illustres prédécesseurs et à l'aide de ses compagnons de route, il précisa les contours d'une discipline qui transcenderait la sociologie elle-même, la socioanthropologie, et en fonda ainsi l'École française. Salvador Juan nous fait découvrir au fil des pages un Durkheim critique des effets pervers du développement économique, défendant l'unité du genre humain, attentif aux dynamiques historiques et aux conflits, soucieux de l'autonomie des personnes. Sont également présentés les principaux travaux, soulignant tant les influences mutuelles que la pensée commune, philosophique et politique, des nombreux collaborateurs de Durkheim tels que – aux côtés de Mauss – Hertz, Fauconnet, Hubert, Bouglé, Simiand, Halbwachs, etc. Enfin, l'auteur considère, avec de nombreux exemples à l'appui, que ce groupe de penseurs est opposé aux sociologies de l'intérêt et à celles qui insisteront plus tard sur les fonctions et les structures sociales. Cet ouvrage permet de découvrir la tradition sociologique française ainsi que la manière dont des auteurs tels que Gurvitch, Duvignaud, Bastide, Leroi-Gourhan, Lefebvre, Ansart et, surtout Balandier, l'ont portée jusqu'à nos jours. Les spécialistes des sciences humaines y trouveront une troisième voie entre l'individualisme rationaliste et les représentations d'une société uniquement conduite par ses mécanismes, sans acteurs.
L'ouvrage aborde les principales thématiques de la crise écologique sous l'angle des conflits d'intérêts et des stratégies d'acteurs organisés ; il explique le décalage entre la conscience écologique aiguë de l'opinion publique et les résultats concrets en matière de réforme socio-environnementale, pour mieux montrer pourquoi la transition écologique devra surmonter de gros obstacles et en quoi le champ de l'économie solidaire en constitue la voie la plus rapide et la plus sûre. Salvador JUAN est professeur de sociologie, directeur du master Changements institutionnels, risques et vulnérabilités sociales et chercheur au CERReV, à l'université de Caen, Basse-Normandie. Il travaille sur les questions d'environnement depuis trente ans.