Sacha Bourgeois-Gironde
Sacha Bourgeois-Gironde
Fleuves, forêts, glaciers ou lagunes se voient aujourd'hui reconnaître des droits, parfois jusqu'à la personnalité juridique. Ce mouvement, en plein essor, interroge en profondeur les catégories du droit : que signifie attribuer des droits à la nature, et de quelle « nature » parle-t-on ? Ce dictionnaire propose la première cartographie critique et systématique de ce champ en langue française. Réunissant plus de quatre-vingts auteurs issus du droit, de la philosophie, de l'économie et des sciences sociales, il offre un panorama des concepts, expériences et controverses qui structurent ce débat global. De « personnalité juridique » à « écocide », des expériences latino-américaines et néo-zélandaises aux développements européens récents, chaque entrée éclaire les enjeux théoriques et pratiques de ces transformations. L'ouvrage met en évidence la diversité des approches, leurs tensions et leurs ambiguïtés. Ni manifeste ni simple inventaire, ce dictionnaire constitue un outil de clarification conceptuelle et d'analyse critique qui permet de comprendre les mutations contemporaines du droit et du rapport entre sociétés et milieux naturels.
Et si le droit devenait l’allié inattendu de la nature ? Dans ce livre percutant, Sacha Bourgeois-Gironde explore comment le droit peut redéfinir notre lien avec l’environnement.
Ayant pris connaissance de l'attribution de la personnalité juridique au fleuve Whanganui et de sa reconnaissance par la loi néozélandaise comme « entité vivante et indivisible », l'auteur entreprend une enquête, à la fois sur le plan conceptuel et sur le terrain, par la remontée du fleuve avec une photographe, pour analyser le sens de cette nouvelle disposition légale. L'enquête se déroule en trois temps : auprès des promoteurs de la loi à Wellington ; à travers l'analyse du texte lui-même, le Te Awa Tupua ; par une prise de contact, physique et humaine, sur les rives du fleuve Whanganui. Il s'agit de saisir les interactions historiques (revendications maories), légales (peut-on tout personnaliser et est-ce que cela implique une meilleure compréhension et relation à la nature ?) et sensibles (comment devient-on effectivement la rivière ?) qui ont conduit à la personnalisation de la Whanganui, auprès de laquelle l'auteur tente ainsi de rendre compte des capacités transformistes.