Roger Vadim
Roger Vadim
Extrait : « Amélie était dorée, lumineuse même de nuit, tendre au feu. Elle est la sagesse et la beauté, pensa Sacha. Je suis l'inconscient, le rieur, le prêtre et le désastre. La pyramide et la comète. Deux décennies et des poussières de siècles nous séparent. Une pâte fragile gonflée au levain de l'amour nous tient. Et quoi demain, quand le pain sera cuit ? Amélie aimait et ne se posait pas de questions. Ils ne prêtèrent aucune attention aux sirènes des voitures de pompiers qui négociaient le tournant des Lanchettes. »
« Avoir vingt ans après la guerre à Paris était une chance que les siècles à venir n'offriraient sans doute plus. Cette chance, nous n'allions pas la laisser passer. Le bonheur est une essence trop rare. » 1945. Intrépide, rêveur, Roger Vadim sort à peine de l'enfance lorsque s'achève l'Occupation. Très vite dans Paris libéré, il devient l'une des « figures » de Saint-Germain-des-Prés. Au coeur d'une ville où les frustrations de la guerre ont accouché d'un fantastique besoin d'aventure et de liberté, il dialogue avec les plus grands (Colette, Gide, Genet Cocteau), brûle ses nuits avec les gloires du jour (Ava Gardner, Boris Vian, Marlon Brando), et rencontre les étoiles du lendemain (Anouk Aimée Audrey Hepburn, Brigitte Bardot)... L'époque est unique. Vadim et ceux de sa génération se sont juré de ne pas manquer le rendez-vous de la vie.