Rémy Hebding
Rémy Hebding
Avec Luther, il s'agit de recevoir l'Évangile comme une sorte de folie, loin de toutes les formes de sagesse en usage dans le monde. Pour le Réformateur, il existe une vie affective de la foi. Un « pour moi » de la rencontre personnelle avec Dieu, à l'écart des affirmations abstraites concernant un Dieu « en soi ». Dans ses écrits, Luther va à ce qu'il considère comme l'essentiel : « La croix seule, voilà notre théologie ». Rémy Hebding aide à comprendre une pensée radicale pour qui le « non » à l'ordre ancien est surtout un « oui » d'espérance et de foi. Un ouvrage - qui explique pourquoi historiquement Luther arrive à créer ce mouvement de Réforme - qui insère la pensée de Luther dans le mouvement des idées de son temps - qui, de manière synthétique, nous fait comprendre l'ancrage biblique et l'actualité de la pensée du réformateur.
Pierre Bayle est plus qu'un auteur de transition entre la Réforme et les Lumières, entre Calvin et Voltaire. Les questions philosophiques qu'il pose à ses contemporains sont aussi les nôtres : peut-on être moral sans croire en Dieu ? L'athéisme est-il plus à craindre que l'idolâtrie ? Pourquoi le mal demeure-t-il un scandale irréductible ? Doit-on rechercher une foi `raisonnable' où foi et raison peuvent être conciliées ? La conscience de l'homme peut-elle être contrainte sans porter atteinte aux droits divins ? Le philosophe du Refuge huguenot de Rotterdam prend à bras le corps ces interrogations issues de la culture du 17ème siècle. Elles demeurent pertinentes pour aujourd'hui. Rémy Hebding nous les restitue dans leur caractère incisif et dérangeant pour notre temps.
Socrate et Jésus sont tous deux des agitateurs de consciences. Socrate enseigne le non-savoir comme condition de l'étonnement philosophique. Il représente le sage ayant atteint, par son dépouillement, la paix intérieure tant recherchée par nos contemporains. Il déstabilise son interlocuteur pour mieux lui faire assumer sa condition humaine. Jésus, quant à lui, ne propose pas un chemin de sagesse où la paix intérieure est offerte en échange d'une désaffection des tourments de l'existence. Il indique plutôt un chemin d'espérance malgré les échecs, une voie de salut en dépit des découragements, et un parcours de réconciliation au mépris des ressentiments. Avec lui, ce qui semblait marqué du sceau irrémédiable de l'impossible se transforme en possibilité d'être. On serait tenté de voir une analogie entre l'intériorité socratique et la démarche propre à la foi. Mais Jésus n'était pas un sage. Il y a de l'absurde et du déraisonnable dans le message du Crucifié. Rémy Hebding nous entraîne à la rencontre de ces deux éveilleurs de vie. Si proches et pourtant si différents. Rémy Hebding est journaliste et essayiste, ancien rédacteur en chef de l'hebdomadaire protestant Réforme. Il est l'auteur de nombreux ouvrages consacrés à la rencontre de la pensée contemporaine avec l'héritage du protestantisme dontL'autre n'est pas moi... Tant mieux !
Comment respecter l'autre sans le réduire au même ? Ou, plus précisément, comment ne pas être tenté, dans les relations interpersonnelles comme dans les relations sociales, d'ignorer plus ou moins ouvertement ce qui vient déranger notre conception subjective du bien ? L'altérité dérange, le face à face déstabilise. Et, pourtant, la question du prochain ne cesse de nous être posée. Nous y sommes confrontés dès que nous décidons de sortir de nous-mêmes. Le risque est de préférer la fusion qui représente cet anéantissement de la différence dans une proximité étouffante. Ceci, dans des domaines aussi différents que le religieux ou le psychologique. Car dans le ciel comme dans le lit, il s'agit toujours de la relation à l'autre. Une relation problématique, jamais résolue mais incontournable et potentiellement si riche.